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"Kostas Mitroglou à Galatasaray, c’est le même panic-buy que l’OM à l’époque"

"Mitroglou à Galatasaray, c’est le même panic-buy que l’OM à l’époque"

Le 13/02/2019 à 23:48Mis à jour Il y a 21 heures

LIGUE EUROPA - Arrivé cet hiver à Galatasaray dans le cadre d’un prêt de dix-huit mois, Kostas Mitroglou est déjà dans une situation délicate. Remplaçant et absent de la liste du club pour la Ligue Europa, le Grec s’est-il aventuré dans un traquenard ? Vu de Turquie, son cas s’explique finalement assez facilement.

L’OM s’en frotte les mains. Cet hiver, il a enfin réussi à mettre la main sur un attaquant à même de lui franchir un cap, un certain Mario Balotelli. La deuxième bonne nouvelle du mercato hivernal à Marseille, c’est d’avoir réussi à se débarrasser de Kostas Mitroglou, clairement plus dans les plans de Rudi Garcia, en l’envoyant en prêt de dix-huit mois du côté de Galatasaray. Alors, tout le monde est content ?

Pas tant que ça. Car l’ancien buteur du Benfica n’a pas connu des débuts rêvés en Turquie. C’est le moins que l’on puisse dire. Le 2 février, pourtant, pour son premier match, il était titulaire pour affronter Alanyaspor (1-1). Mais sa prestation discrète (remplacé à la 55e minute) n’a pas réellement enthousiasmé les supporters. Depuis, le Grec est remplaçant. Surtout, il a vu son club ne pas inscrire son nom sur sa liste pour la Ligue Europa. Alors, qu’est-ce-qui cloche pour Mitro ?

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Bafé Gomis, copier-coller

"Pour comprendre la situation de Mitroglou, il faut prendre la situation depuis le début, nous explique Yussuf Kenan Calik, journaliste turc. L’année passée, Bafétimbi Gomis a fait une énorme saison (32 buts en 40 matches) et a donc demandé une augmentation conséquente en fin de saison. Refusée par la direction". Comme à l’OM à son époque. Dès lors, le Français a pris la ses cliques et ses claques pour s’exiler en Arabie Saoudite en fin de mercato, laissant le club turc sans réelles solutions devant.

Dès lors, Fatih Terim se retrouve bien démuni au moment de dresser son onze titulaire, mettant ainsi Eren Derdiyok (10 buts en 18 matches cette saison) dans la peau d’un titulaire. Mais le courroux de l’entraîneur et des supporters ne fait que s’accentuer à mesure que les résultats déçoivent. Eliminé en phase de groupes en Ligue des champions et relégué à six points d'İstanbul Başakşehir en championnat, le GSK fait grise mine cette saison. A son échelle.

Bafétimbi Gomis sous les couleurs de Galatasaray

Bafétimbi Gomis sous les couleurs de GalatasarayGetty Images

"Pendant quatre ou cinq mois, les supporters ont fait vraiment monter la pression sur la direction, mécontents de voir que Galatasaray était en déficit d’attaquant, détaille Yussuf Kenan Calik. Comme à l’OM en 2017, la pression a continué de monter lorsque le club a échoué sur certains dossiers comme Benjamin Tetteh (Sparta Prague). Alors, cet hiver les dirigeants ont été obligés de frapper fort".

Plutôt que de ne prendre qu’un attaquant, Galatasaray a donc misé sur deux pointes : Mbaye Diagne, meilleur buteur de la Ligue Turque, premier choix indiscutable de Terim et donc Kostas Mitroglou, arrivé sur le tard et sans réelle promesse sportive. "C’est un peu un panic-buy comme l’OM l’avait fait à l’époque en allant le chercher le 31 août au Benfica, détaille encore le journaliste turc. Pour contenter les supporters, les dirigeants ont pris deux attaquants plutôt qu’un mais n’ont pas été très bons commerçants sur le coup en le prenant sur un prêt de dix-huit mois. Ils ont vraiment été pris par le temps".

" Ce n’est pas le type d’attaquant qu’utilise réellement Terim"

Voilà pour le recrutement. Pour l’utilisation, c’est encore autre chose. Comment expliquer que le Grec soit absent de la liste pour la Ligue Europa ? Certains bruits avançaient l’existence d’une clause l’empêchant de jouer contre Benfica ou le fruit d’un conflit entre les dirigeants turcs et leur entraîneur.

Voilà donc la situation de l’international grec aujourd’hui : deuxième choix derrière l’indiscutable Mbaye Diagne qui s’est déjà acclimaté à sa nouvelle équipe. Surtout, tactiquement, son profil ne semble pas spécialement correspondre aux demandes de son entraîneur : "Ce n’est pas le type d’attaquant qu’utilise réellement Terim, nous explique encore Yussuf Kenan Calif. Il adore les attaquants puissants, rapides, capables de se créer des occasions seuls. Mitroglou est davantage un joueur de surface et ça ne correspond pas spécialement à l’ADN de Galatasaray".

Les dix-huit mois qui viennent risquent donc d’être longs pour Mitroglou, à moins de circonstances exceptionnelles le poussant dans le onze titulaire. Mais encore faut-il retrouver la confiance dans cette équipe habituée à accueillir des serial-buteurs. Au Grec de prouver qu’il appartient encore à cette catégorie.

Kostas Mitroglou

Kostas MitroglouGetty Images

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