Zlatan Ibrahimovic n'est pas du genre à laisse beaucoup de place. Du moins médiatiquement parlant. En même temps, comment pourrait-il en être autrement ? Dix buts en six matches de Serie A, meilleur buteur du championnat : le numéro 11 milanais est "infini", comme aime le qualifier les médias transalpins. Mais dans un club totalement régénéré par le retour de son totem, d'autres joueurs mériteraient plus de lumière. Pas vraiment simple derrière le mètre 95 du Suédois. C'est notamment le cas d'Ismaël Bennacer, 20 centimètres de moins que son coéquipier mais (presque) tout aussi important pour son équipe. Pour mesurer l'importance de l'international algérien de 22 ans, il suffit de regarder un match de son équipe avec et sans lui. La différence y est abyssale, tant dans la vitesse des transitions, la rapidité d'exécution et la verticalité du jeu milanais.

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Dans la trame de jeu écrite par Stefanio Pioli, l'entraîneur du club lombard, Bennacer y est un interprète indispensable. Il est comme le chef d'un orchestre incapable de réciter la même partition sans lui. Baguette à la main, le milieu algérien est celui qui dicte le tempo et le rythme de la mélodie milanaise. Doté d'une très bonne lecture du jeu, il sait quand cette dernière doit s'accélérer ou ralentir. "C'est un milieu de terrain complet qui sait combiner qualité et quantité", affirmait son entraîneur en juillet dernier. La saison passée, l'ancien milieu de terrain d'Empoli, formé par Arles-Avignon, affichait une note moyenne de 6,20 dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. Un joli bulletin pour celui qui est arrivé dans une toute nouvelle réalité à l'été 2019, recruté contre un chèque de 16 millions d'euros en provenance d'Empoli et au nez et à la barbe de plusieurs clubs, dont notamment l'Olympique Lyonnais.

Des débuts difficiles, puis...

S'il s'apprête à disputer son cinquantième match avec l'AC Milan en cette fin de semaine, soit contre le LOSC, jeudi (18h55) en Ligue Europa, ou plus probablement face à la Fiorentina dimanche (15h) en championnat, tout n'a pas toujours été rose pour le meilleur joueur de la Coupe d'Afrique des nations 2019. Dans une équipe où presque rien ne tournait en début de saison derniière, le milieu algérien a alors payé les tâtonnements de son premier entraîneur milanais Marco Giampaolo. Lors des sept premières rencontres de championnat sous la gouverne de ce dernier, il s'asseoit à cinq reprises sur le banc. La suite est toute autre : Giampaolo s'en va (licenciement), Pioli arrive et en fait rapidement un titulaire indiscutable. Bennacer ne quittera plus jamais le onze, sauf en raison des suspensions pour ses nombreux cartons jaune (14 au total). Un aspect que le milieu milanais cherche à améliorer. Il est sur la bonne voie, avec un seul carton en 14 matches cette saison.

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Au total, Bennacer sera titularisé à 25 reprises par son nouvel entraîneur, rapidement passé à un 4-2-3-1 qui colle parfaitement aux qualités de son joueur. Premier relanceur, souvent ratisseur, Bennacer a le mérite d'être très mobile et ne jamais se cacher. La prise de risque, il aime ça. Même pressé ou quadrillé par ses adversaires, l'ex-milieu de Tours et Arsenal (un seul match, ndlr) cherche toujours à s'en sortir proprement, notamment grâce à sa technique et un ballon qui lui colle toujours au pied. Deux axes de progression toutefois : la capacité à délivrer plus rapidement le ballon une fois récupéré, en plus de se montrer décisif dans les 30 derniers mètres. La saison passée, l'international algérien n'a délivré qu'une seule passe décisive et marqué qu'un seul but, face à Bologne, le 18 juillet dernier. Cette saison, il comptabilise (déjà) quatre "assist" en 14 rencontres.

Un duo qui fonctionne

A ce jour, Bennacer fait partie de la colonne vertébrale de l'AC Milan. On peut le ranger aux côtés de Gianluigi Donnarumma, Simon Kjaer, Théo Hernandez, Franck Kessié, Hakan Calhanoglu et bien évidemment Zlatan Ibrahimovic, voire également Ante Rebic. Pour garantir l'équilibre de son équipe, l'Algérien forme donc un double pivot aux côtés de Kessié. Un duo dont les qualités se complètent parfaitement.

Arrivé en 2017, l'international ivoirien, révélé du côté de l'Atalanta, affiche aujourd'hui un rendement très élevé, chose dont il a été incapable durant ces premières saisons. Surnommé "Le Président" dans le vestiaire lombard, ce dernier excelle dans ce milieu à deux : intelligence tactique, abattage au milieu, redoublement d'efforts et capacité à gagner ses duels. Pour résumer : le complément parfait de son collègue algérien. Débarqué lors du dernier mercato contre 35 millions d'euros (prêt payant de 10M, option d'achat de 15M et bonus de 10M), la grande promesse du football italien Sandro Tonali va devoir prendre son mal en patience.

Franck Kessié et Ismael Bennacer face à Franck Ribéry

Crédit: Getty Images

"Ce sont deux joueurs qui ont fait des progrès incroyables, ils s'améliorent à travers le jeu", notait le légendaire Arrigo Sacchi début novembre dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. "Aujourd'hui, l'équipe tourne autour du milieu algérien", résumait le quotidien italien le 30 octobre dernier, au lendemain de son récital face au Sparta Prague (3-0). "Je suis content car je joue beaucoup et j'apprends beaucoup sur le terrain, confiait de son côté l'intéressé en conférence de presse mercredi. Si on regarde le joueur que j'étais la saison dernière, je n'étais pas le même. Ibrahimovic me fait devenir un joueur bien meilleur, il demande toujours à tout le monde d'être exigeant. Il me parle et m'aide beaucoup."

Une clause à 50 millions d'euros

Capable d'être à la fois le coeur et les poumons de son équipe, Bennacer est donc devenu, en l'espace de quinze mois, un pillier des Rossoneri. Au point que ces derniers, Paolo Maldini en tête, ont tout fait pour le conserver lors du dernier mercato estival. Le PSG et Manchester City semblaient les clubs les plus intéressés par le profil de celui qui avait plié bagage pour les Gunners à seulement 17 ans. "Je ne suis au courant de rien, ma mission se limite à tout donner sur le terrain, je travaille, je suis au service de l'AC Milan. Ma concentration est sur mon club où je me sens super bien. Après, l’intérêt des grands clubs m’honore", confiait-il dans les colonnes du journal algérien Le Buteur en juin.

Heureux et épanoui en Lombardie, Bennacer n'envisage pas de la quitter à court et moyen terme. Sous contrat jusqu'en 2024 avec Milan, il disposerait toutefois d'une clause libératoire de 50 millions d'euros, valable uniquement pour les clubs étrangers et payable en une seule fois. Si cette somme pouvait paraître quelque peu démesurée à l'époque, elle serait presque perçue comme une occasion à saisir aujourd'hui. C'est dire. Et lors des prochains mercatos, la direction milanaise risque d'avoir de nouvelles sollicitations pour son chef d'orchestre. "La clause ? Je n'y pense pas, assurait-il à ce sujet mercredi. Je suis très heureux ici." Ismaël Bennacer va pouvoir continuer ses représentations à San Siro. Même vide, la Scala du football lui va si bien.

Bennacer - Milan-Bologna - Serie A 2019/2020 - Getty Images

Crédit: Getty Images

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