C'est un drôle de bizutage. Difficile à avaler pour les Bleus. Ce mardi, la France a été la première sélection de l'histoire "victime" de l'arbitrage vidéo. Grâce à l'assistance technologique, l'arbitre a justement refusé l'ouverture du score d'Antoine Griezmann et est revenu sur sa décision d'annuler la seconde réalisation espagnole signée Delofeu. La rencontre aurait pu se terminer à 1-1, la vidéo a scellé le revers des Bleus (0-2). A priori indiscutable, cette introduction de la vidéo n'a pas fait que des heureux chez les Bleus.
"Ça casse le jeu", a pesté Kevin Gameiro. Chaque recours à la vidéo a été accompagné d'un long moment de flottement. Une à deux minutes qui ont plongé le stade dans des murmures remplis d'inquiétude. Griezmann a fêté un but fantôme et Delofeu a explosé de joie de longues secondes après avoir fait trembler les filets. "Ce n'est pas déstabilisant, mais chiant parce qu'il faut attendre pour célébrer le but", a confié un Grizou frustré. "C’est un peu troublant", a continué Jallet. "On marque, on est dans un état d’euphorie et le but est refusé. On a vécu un ascenseur émotionnel." Un avis partagé par Gameiro : "Quand on fête un but et dix secondes après on l’annule, ça met un coup derrière la tête."
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Antoine Griezmann

Crédit: AFP

Rabiot : "La vidéo aurait pu nous aider contre Barcelone"

Le plus sévère à l'égard de cette technologie reste Layvin Kurzawa, passeur décisif sur le but refusé de Griezmann et coupable du hors-jeu à l'origine du rétropédalage de l'arbitre. "Ca a un peu tué notre match", a-t-il réagi. Avant d'ajouter avec un brin de mauvaise foi : "Au foot, tout le monde fait des erreurs : les joueurs comme les arbitres. Et ça devrait rester comme ça."
Ce n'est pas l'avis de son coéquipier Adrien Rabiot qui se souvient que Paris n'aurait pas craché sur un arbitrage vidéo en 8e de finale retour de la Ligue des champions : "La vidéo aurait pu nous aider il y a quelques semaines contre Barcelone." En bon capitaine, Hugo Lloris est beaucoup plus mesuré que ses jeunes coéquipiers. Au-delà de cette expérience malheureuse pour les siens, il a bien conscience que la vidéo sera une béquille utile et un rempart efficace contre les erreurs d'appréciation : "L’arbitrage vidéo rend les décisions justes. Forcément, le feeling est meilleur côté espagnol que côté français. Si ça peut contribuer à l’évolution du football, pourquoi pas..."

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Si ça avait été en notre faveur, on aurait été les premiers contents.
Du haut de ses 18 ans, Kylian Mbappé est sans doute celui qui synthétise le mieux la situation. Pas franchement traumatisé par ce qu'il s'est passé ce mardi au Stade de France, il en tire deux leçons : "Je trouve que c’est une bonne chose parce que ça évite les inégalités", juge-t-il. Avant de préciser : "Le seul problème, c’est le timing. On a attendu deux minutes, deux minutes trente… C’est impossible. On se refroidit. La base est bonne, mais ça peut être amélioré." Le jeune Monégasque a conclu dans un constat frappé du bon sens : "Aujourd’hui, c’est contre nous mais si ça avait été en notre faveur on aurait été les premiers contents." Il n'a visiblement pas réussi à convaincre tous ses équipiers.

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