Bleus - Antoine Griezmann, la série noire : "Sa situation au Barça se reflète dans ses penalties"

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MATCHES AMICAUX – Mis en échec samedi avec le Barça sur pénalty, Antoine Griezmann vient d’enchaîner quatre échecs dans l’exercice. Implacable dans ce secteur au Mondial 2018, il présente depuis une carence inquiétante. Traumatisé par son échec en finale de Ligue des champions 2016, le Français avait pourtant travaillé d’arrache-pied dans ce domaine. Mais le mal est en fait plus profond.

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Crédit: Eurosport

On ne sait pas si Végédream projette déjà d’écrire un nouveau tube à l’été 2021. Mais rarement un tube vieux de deux ans aura semblé aussi rapidement périmé. Son "Antoine Griezmann, penalty" ressemble déjà à un lointain souvenir tant le champion du monde 2018 connaît une sale passe dans le domaine.
Samedi, il a enchaîné son 4e échec sur penalty. Claudio Bravo a su parfaitement lire sa frappe, là où Thomas Strakosha (Albanie, septembre 2019) a été sauvé par sa barre, là où Josep Gomes s’est parfaitement envolé (Andorre, septembre 2019) et là où Robin Olsen a vu le ballon s’envoler au-dessus (Suède, septembre 2020).
Alors, Griezmann jouit-il d’une réputation usurpée dans ce domaine ? "Le taux de réussite a moins à voir avec la technique ou la façon de tirer les penalties qu’avec l’état d’esprit du joueur sur le moment, nous explique Ben Lyttleton, auteur de "Onze mètres, la solitude du tireur de penalty". On voit clairement un Griezmann différent de celui qu’on a vu au Mondial, qui était convaincu qu’il allait marquer à chaque penalty. Il était confiant, serein, vu comme le leader par ses coéquipiers. Sa situation au Barça se reflète sur ses penalties"

Un taux de réussite en chute libre

En observant le détail des tentatives du Français, force est de constater que son taux de réussite dans l'exercice est insuffisant. Avec 17 penalties transformés sur 27 tirés (incluant un tir au but), Griezmann a donc converti 59% de ses tentatives. "Le taux moyen est à peu de 78% de réussite, nous explique l'auteur anglais. Donc il est clairement en-dessous de la moyenne".
Mais avant le Barça, le taux de Grizou tutoyait plutôt les sommets, surtout entre son Euro 2016 de feu et sa Coupe du monde 2018 parfaite dans le domaine (82%). Preuve que son premier vrai échec, en finale de Ligue des champions 2016 avait agi comme un déclic pour lui. "Il y a un an ou deux, je les ratais tous", expliquait-il ainsi lors du Mondial russe, après sa réussite face à l’Argentine, pour mieux souligner le chemin parcouru, évoquant même "le petit truc pour les mettre" qu’il voulait garder pour lui.
Pour Ben Lyttleton, ce petit truc, c’est tout simplement la confiance. "Pour moi, il n’a pas changé sa manière de frapper, explique-t-il. Simplement, quand il était en confiance, le gardien adverse ne semblait pas capable de lire son mouvement et d’anticiper. Là, il doit y avoir un indice où son corps donne une indication quelque part. Sa technique est finalement indépendante du gardien puisqu’il décide d’un côté sans se laisser influencer par les mouvements du gardien adverse. Par le passé, en confiance, ses zones de frappe devaient être parfaites, presque petit filet. Même si le gardien choisissait le bon côté, il n’était pas en mesure de l’arrêter. Maintenant, avec son manque de confiance, il prend plus de marge par rapport au petit filet, question de sécurité. Et ça rend déjà la tâche plus simple au gardien adverse".

Peut-il devenir le paradoxe ambulant des penalties ?

Et maintenant ? Englué dans une spirale négative, doit-il à tout prix retenter sa chance le plus vite possible ? "Il doit en réussir un vite car c’est un joueur cyclique dans l’exercice, avance Lyttleton. Cela peut redémarrer très rapidement à condition de prendre les bons. Si son équipe mène largement et qu’il y a penalty, il doit le prendre. S’il y a 0-0 et une minute restante, il faut le laisser à quelqu’un d’autre".
Dans sa quête d’Euro, Didier Deschamps sait qu’avoir un Griezmann en confiance sur penalty, et sur coup de pied arrêté en général au vu de l’efficacité de ce secteur en Russie, est une donnée primordiale à la bonne tenue de ces Bleus. C’est sous ce prisme qu’il fallait lire les déclarations de son capitaine Hugo Lloris en septembre dernier : "Peut-être qu’il a un manque de confiance dans cet exercice, avait-il jugé. Mais les penalties les plus importants de ces dernières années, il les a marqués. Et les prochains importants, il les mettra aussi".
De quoi faire de lui un paradoxe ambulant concernant les penalties, à savoir un joueur habitué à briller dans le domaine dans les matches couperets mais en échec le reste du temps ? Une question qui laisse sceptique Ben Lyttleton : "Maradona a raté cinq penalties de suite mais a aussi raté en Coupe du monde, rembobine-t-il. Mais quelqu’un qui réussit uniquement dans les grandes compétitions et rate ailleurs… Personne d’évident ne me vient à l’esprit". Avant Griezmann ?
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