Vous recroisez la route des Etats-Unis au Havre, comme en janvier 2019 où vous aviez inscrit un doublé pour une victoire 3-1. Vous pensez pouvoir récidiver mardi?
Kadidiatou Diani : Pourquoi pas, moi je signe (sourires). Ça reste une bonne équipe, jamais évidente à jouer. On reste concentrées, déterminées et puis s'il faut mettre un, deux ou trois buts, on les mettra. C'est vrai que j'étais contente de marquer, mais il fallait préparer un Mondial et que j'élève mon niveau de jeu. J'ai essayé de le faire durant toute la préparation à la Coupe du monde.
Q: Relevez-vous le degré d'exigence personnelle face à un adversaire de ce calibre?
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13/04/2021 À 21:01
K.D : Quand on arrive en équipe de France, tous les matches sont hyper difficiles donc on est obligées d'avoir le curseur super haut. Face aux Etats-Unis, ça fait partie des matches où on a envie de se montrer, de tout donner, de gagner.
Q: Les Américaines affichent toujours de l'ambition et une grande confiance. Est-ce sur ce terrain-là qu'elles vous ont battues aussi en quart de finale du Mondial-2019 ?
K.D : C'est dans leur culture, dans leurs habitudes d'être décontractées, sûres d'elles, elles ont toujours été comme ça. Mais dire qu'on n'est pas assez ambitieux, c'est exagéré. Si on n'a pas d'ambition, cela ne sert à rien de jouer en équipe de France. C'est vrai qu'on n'a pas de trophées, mais à chaque fois on a envie de remporter les matches. A un moment donné, on finira par décrocher un trophée pour la sélection. Ça n'a pas encore été le cas mais je suis confiante.
Q: Les Américaines prennent souvent la parole sur des sujets politiques et de société. Qu'est-ce que vous inspire les sorties de Megan Rapinoe contre Donald Trump ou contre les violences policières, par exemple?
K.D : C'est bien. C'est une icône dans son pays, elle a le statut pour agir ainsi. Elle est bien placée pour le faire, c'est une championne reconnue dans son pays. Ce qu'elle a à dire, elle le dit et c'est très bien pour elle et son pays.
Q: En France, certaines sportives semblent hésiter à s'exprimer, non?
K.D : Si une sportive n'a pas envie de s'engager sur ce terrain-là, je ne vois pas pourquoi elle le ferait. Il faut être confiant, déterminé, savoir ce qu'on fait. Si ce n'est pas le cas, ça ne sert à rien de le faire.
Q: Vous êtes impliquée dans la défense les droits des enfants et l'égalité filles/garçons auprès de l'ONG Plan International France. Pourquoi cet engagement?
K.D : Ils m'ont contacté et m'ont présenté leur projet. Quelque part, je me suis retrouvée là-dedans. J'ai une petite soeur qui a 10 ans, je me suis dit "pourquoi ne pas m'engager?"
Q: Vous êtes par ailleurs membre du comité directeur de l'UNFP (syndicat des joueurs professionnels) depuis novembre 2020, la 2e femme à occuper cette fonction. Est-ce important pour vous de féminiser les instances de représentation?
K.D : Ils ont accepté que des femmes compétentes soient présentes; non pas parce que ce sont des femmes -- ce n'est pas le but -- mais parce qu'elles sont compétentes. Ça me tenait à coeur de pouvoir représenter l'UNFP, de pouvoir défendre nos droits. J'aime beaucoup l'idée de pouvoir être là pour mes coéquipières et coéquipiers.
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