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Vu d'Angleterre, Patrice Evra n'a pas la même image
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Publié 01/11/2013 à 23:50 GMT+1
Critiqué en France, Patrice Evra jouit d'une toute autre image en Angleterre. Voyage de l'autre côté de la Manche où Pat est un joueur agaçant mais respecté.
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"Quand je sors, je ne me suis jamais fait siffler dans un stade depuis la Coupe du monde 2010. Mais (les commentateurs) veulent mentir aux Français comme quoi Evra est le mal-aimé. Mais pas du tout !". Cette phrase lâchée par Patrice Evra lors de sa fameuse interview dans Téléfoot illustre à elle seule l'image troublée du joueur. Conspué en France, le latéral gauche de Manchester United continue de jouir d'une solide réputation en Angleterre. Depuis sa sortie médiatique fracassante, les témoignages y affluent pour prendre sa défense. Et pas des moindres. Sir Alex Ferguson himself est monté au créneau pour s'étonner des attaques dont fait l'objet le joueur qu'il a fait venir à Old Trafford en 2006. "Je n'ai jamais eu le moindre problème avec Patrice. C'était un grand capitaine, un grand professionnel, assure le mythique manager de MU. Cet épisode lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud est malheureux. À l'époque, c'était le capitaine et il devait prendre sur lui-même pour représenter les joueurs auprès du sélectionneur. Si j'avais pu attraper Evra à ce moment-là, je lui aurais conseillé de ne pas faire ce qu'ils ont fait."
Pour comprendre Patrice Evra, il faut prendre l’Eurostar. Sortir du cadre franco-français. Celui où l'épisode du bus de Knsyna collera encore pour longtemps à la peau du capitaine de l'époque. A Manchester United, où il évolue la majeure partie de la saison, l'ancien Monégasque est irréprochable. Ou presque. D'ailleurs, David Moyes est lui aussi venu à son secours. "Je ne sais pas ce que l'on pense de Pat en France, mais je sais qu'à Manchester, on le tient en haute considération, défend lui aussi le remplaçant de Ferguson. C'est un excellent joueur, il est fantastique dans le vestiaire et je ne peux que dire du bien de lui." Un rôle dans le vestiaire qu'avait souligné Didier Deschamps pour son discours à la mi-temps de Biélorussie-France (2-4). A Old Trafford, ça n'a étonné personne. La nouvelle pépite des Red Devils, Adnan Januzaj, a lui aussi eu l'occasion de souligner le rôle du Français. Un modèle au sein du groupe : "Je parle énormément avec Patrice Evra et Ryan Giggs. Ils ont tellement d'expérience. Ce sont de grands joueurs et ils ont tous les deux déjà vécu ce que je suis en train de vivre ici. Leur avis est très important pour moi. Ce sont de bons professeurs".
Vu d'Angleterre, le décalage paraît énorme. "Evra n'a jamais posé de problèmes internes à Manchester United, nous confirme notre confrère anglais d'Eurosport, Alex Chick. Les supporters l'adorent, même s'il n'est plus le joueur qu'il était. Il a souvent le brassard de capitaine lorsque Vidic est absent". Outre-Manche, il est respecté pour son parcours et son palmarès. En revanche, son aura a du mal à dépasser les cœurs mancuniens. "Les supporters des équipes rivales, en particulier Chelsea et Liverpool, sont moins enthousiastes à son sujet", rappelle Alex Chick. En 2008, son altercation avec un employé de Chelsea (pour laquelle il avait écopé de quatre matches de suspension) avait fait des vagues. En novembre 2011, son clash avec Luis Suarez avait aussi fait couler beaucoup d'encre. Si certains lui ont accordé le mérite de placer le débat sur le racisme dans le football sur le devant de la scène, "un nombre déprimant de supporters l'ont détesté pour avoir exagéré ses déclarations et ont pensé qu'il aurait dû se taire". A Arsenal, il n'a pas non plus laissé un bon souvenir après avoir résumé la demi-finale retour de Ligue des champions 2009, remportée aisément par MU (1-3), à un duel entre "onze hommes et onze enfants".
Bien qu'il s'en défende ("Moi arrogant ? C'est n'importe quoi !"), le franc-parler de Patrice Evra plait autant qu'il irrite. En France comme en Angleterre. Mais à Manchester, jamais on ne lui a reproché un comportement néfaste aux Red Devils. Pas même "l'affaire de la playmate" à Paris en février dernier, vite oubliée au pays des tabloïds. "La grande différence, souligne Alex Chick, c'est que, alors qu'en France on le voit comme un joueur qui a une mauvaise influence sur sa propre équipe, en Angleterre il agace seulement les gens à l'extérieur de United". Pourquoi une telle différence ? Bien sûr, Knysna reste un traumatisme pour les Français et Evra en restera le symbole, quoi qu'il fasse. Il y a aussi une différence de culture entre les deux pays. Mais, pour notre confrère, c'est surtout une question de management. "Les grands clubs savent gérer la personnalité des joueurs et calmer les choses quand des problèmes surviennent, nous explique-t-il. Evra fait confiance au management de United (du moins sous Ferguson) et se sent estimé". D'ailleurs, le cas Evra n'est pas sans lui rappeler Nicolas Anelka : "Il a posé des problèmes lorsqu'il a perdu la foi dans le management. Mais il a toujours été impeccable sous Allardyce à Bolton ou Ancelotti à Chelsea". Anelka, Nasri, Evra… les "bad boys" français seraient-ils donc un mal qui ne s'exporte pas ?
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