Premier League - Avec ce Liverpool-là, Klopp a ce qu’il faut pour appliquer la recette Dortmund

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PREMIER LEAGUE - Jürgen Klopp vivra samedi sa première comme manager de Liverpool lors du déplacement à Tottenham en ouverture de la 9e journée (13h45). Si le technicien allemand n’a eu qu’une semaine pour distiller ses principes à son groupe, il devrait disposer chez les Reds des moyens de transposer le système et les idées mis en place avec succès ces dernières années à Dortmund.

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Ce sera forcément l’une des attractions entourant le retour de la Premier League. En ouverture de la 9e journée, le Liverpool de Jürgen Klopp se rendra sur la pelouse de Tottenham samedi (13h45). Nommé la semaine passée pour remplacer Brendan Rodgers, limogé après un début de saison chaotique (10e avec 12 points), le technicien allemand n’a pas eu le temps nécessaire pour imprimer définitivement sa patte sur sa nouvelle équipe. Mais sa première sortie comme manager des Reds devrait néanmoins livrer des indications sur comment devrait prendre forme son onze dans les prochains mois.

Le retour d’une défense à 4

Première retouche à attendre : le système. Depuis le début de l’année 2015, Rodgers avait opté pour une défense à 3. Adepte invétéré du 4-2-3-1, auquel il n’a dérogé qu’à de rares exceptions depuis 2009, Klopp devrait revenir à du classique pour renouer avec son système de prédilection. Il le fera d’autant plus facilement qu’il détient les joueurs pour repasser à une défense à 4. Selon les premiers échos parus dans la presse anglaise, Mamadou Sakho part avec les faveurs des pronostics pour accompagner Martin Skrtel en charnière centrale. Le défenseur des Bleus devra tout de même écarter la concurrence de Dejan Lovren.
Chez les latéraux, auxquels il accorde une importance prépondérante dans sa philosophie de jeu, Klopp dispose là aussi du matériau nécessaire pour répondre à ses exigences. Alberto Moreno (23 ans) à gauche et Nathaniel Clyne (24 ans) à droite ont le profil des joueurs modernes à leur poste. Dotés d’un gros volume, ils sont capables d’apporter le surnombre dans le camp adverse à la moindre opportunité. En ce sens, ils se rapprochent du duo Marcel Schmelzer - Lukasz Piszczek, qui avait la charge d’animer les côtés du Borussia du temps où Klopp en dirigeait l’équipe première.
Ils jouissaient d’un rôle d’autant plus crucial que le "gegenpressing" cher au coach natif de Stuttgart les exposait particulièrement. Le "gegenpressing", Klopp l’a théorisé ainsi : "Le meilleur moment pour récupérer le ballon se situe immédiatement après que votre équipe l’ait perdu. L’adversaire est encore en train de chercher où passer le ballon. Il aura quitté des yeux le jeu pour réaliser son tacle ou son interception, et il aura dépensé de l’énergie. Tout cela le rend vulnérable". Résultat, Dortmund appliquait un pressing quasiment tout-terrain à la perte du ballon pour enfermer le porteur et en reprendre possession le plus rapidement possible.

Le symbole Milner

Liverpool a les moyens d’appliquer cette recette. En faisant grossièrement un copier-coller avec le Borussia de la saison passée, Emre Can a les qualités pour jouer le rôle d’Ilkay Gündogan dans l’entrejeu et pour s’imposer comme le premier relanceur de l’équipe, tout en protégeant sa ligne défensive quand le bloc se projette en attaque. De son côté, Jordan Henderson pourrait se fondre à la perfection dans le rôle de Sven Bender, par sa capacité à ratisser les ballons et à cavaler aux quatre coins du terrain. Le capitaine des Reds est aussi un créatif, doté d'une qualité de passe au-dessus de la moyenne et son association avec Can devrait donner de la fluidité au jeu. Henderson sera néanmoins absent sur blessure samedi, ce qui devrait donner du temps de jeu à Lucas Leiva. Ce dernier a en magasin le mélange d’expérience et de vice qui faisait de Sebastian Kehl un joker utile.
Le symbole ultime de l’adaptabilité de l’effectif de Liverpool au "gegenpressing" se nomme certainement James Milner. Arrivé libre chez les Reds l’été dernier avec comme ambition d’évoluer dans l’axe, l’ancien de Manchester City pourrait être à nouveau délocalisé sur un côté. Mais c’est là qu’il devrait avoir la possibilité de maximiser son potentiel dans le cadre fixé par Klopp. Infatigable travailleur, qu’il joue au milieu ou qu’il soit exilé dans un couloir, Milner est outillé pour être celui qui impulse le pressing et qui emmène toute l’équipe dans son sillage. Daniel Sturridge et Philippe Coutinho, qui devraient être les principaux animateurs de l’attaque, ont eux le potentiel physique pour l’accompagner. Tout comme Christian Benteke lorsqu'il quittera l'infirmerie.
Seul hic sur le papier, un tel pressing implique des lignes très resserrées et un bloc haut. Hors les défenseurs centraux de Liverpool manquent de réactivité sur les ballons dans leur dos et la vitesse n’est clairement pas leur point fort. En ce sens-là, des hommes du profil de Mats Hummels ou Neven Subotic paraissaient mieux armés pour répondre aux exigences du jeu à la Klopp. Ceci étant dit, l’ancien entraîneur de Mayence est aussi un pragmatique, comme il l’a démontré lors de ses expériences passées, et il y a fort à parier qu’il saura s’adapter aux joueurs de Liverpool pour lui permettre de donner sa quintessence. D’autant qu’il n’aura pas non plus trop à forcer pour le façonner à son goût.

Liverpool et la PL devraient si bien aller à Klopp

En effet, Klopp débarque aux commandes d’un effectif qui ne sera pas dépaysé par la plupart de ses principes et auquel il n'ajoutera pas de produits estampillés "BVB" lors de la prochaine fenêtre de transferts. C'est en tout cas ce qu'il assure. Rodgers était un adepte d’un style à la fois basé sur la possession (52% de moyenne la saison passée en Premier League) et du jeu direct au sol (passes d’une longueur moyenne de 19 mètres). Des chiffres globalement similaires à ceux affichés par le Borussia ces trois dernières années. Soit depuis que Klopp a adapté un léger remaniement pour passer d’un style basé exclusivement sur le contre à un autre plus équilibré entre conservation du ballon et projection vers l’avant.
Une philosophie qui correspond aussi parfaitement à ce qu’est devenu la Premier League. Avec l’afflux constant de joueurs et de managers étrangers depuis une vingtaine d’années, le football joué sur l’île britannique s’est "européanisé" et a suivi les grandes évolutions tactiques issues de la Ligue des champions. De plus, la Bundesliga est aujourd’hui ce qui se rapproche le plus de l’Angleterre, et pas seulement à cause de l’atmosphère entourant les matches. Engagement de tous les instants et pratique d’un football porté vers l’avant sont des points communs évidents entre les deux championnats, tout en collant à la vision de Klopp. Liverpool, la Premier League, Klopp : le ménage à trois a tout pour être excitant. Reste à ce que le résultat soit à la hauteur de l’attente.
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