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Pour être encore plus grand, Manchester City doit digérer la pression
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Publié 14/04/2018 à 07:53 GMT+2
PREMIER LEAGUE - Au terme d’une extraordinaire saison, Manchester City a une nouvelle occasion d’être sacré champion samedi contre Tottenham (20h45). Mais la semaine écoulée, marquée par l’élimination en C1 contre Liverpool et la défaite lors du derby contre Manchester United, ternit tout de même le bilan d’une équipe qui n’a pas encore prouvé qu’elle pouvait répondre à l’adversité.
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Il y a à peine une poignée de semaines, Manchester City était la meilleure équipe d’Europe. Rien ne pouvait arrêter l’équipe de Pep Guardiola, favorite en Ligue des champions avant son quart contre Liverpool et quasiment titrée en championnat. Puis le mois d’avril est arrivé. City a subi trois défaites de rang, contre les Reds en C1 et contre le rival honni de MU lors du match du titre. Certes, la saison des Citizens aura tout de même été extraordinaire. À force de craquer sous la pression, elle a pourtant perdu un peu de son lustre.
Avant avril, la saison de City avait tout pour rentrer dans l’histoire. Certes, les Citizens avaient chuté une première fois face à Liverpool à Anfield en janvier (4-3), laissant échapper leur rêve d’invincibilité. Avant ce premier écueil, la saison des Skyblues ressemblait à un long fleuve tranquille, tant la domination des hommes de Guardiola sur la Premier League était immense. Ni Manchester United à l’aller (1-2), ni Chelsea, battu deux fois 1-0, ni Arsenal, ni Tottenham n’ont été capables de proposer une opposition digne de ce nom en Angleterre. À cause de la maîtrise de City, ou par manque d’ambition ou de moyens, c’est selon.
Des vagues rouges jamais endiguées
Manchester City s’est finalement effondré devant ses véritables premiers défis de la saison. À Old Trafford en décembre dernier, MU n’avait rien montré qui pouvait effrayer le leader. Tout à changé ce mois-ci à l’Etihad : ultra dominé en première période, United s’est transfiguré en deuxième mi-temps pour, comme Paul Pogba, enfin jouer à son niveau. City s’est écroulé, encaissant une remontée sans trouver de solution à la fureur rouge (2-3).
Liverpool a peut-être, encore plus que MU, étalé les manques des Citizens face à la pression. Déjà, au match aller, le 5-0 encaissé par les Reds ne reflétait sans doute pas la rencontre. Les deux matches de C1, qui faisaient suite au 4-3 d’Anfield, ont montré à quel point City n’a pas su répondre à l’adversité. La possession des Skyblues est devenue un poids face aux contres des hommes de Klopp, et les vagues rouges n’ont jamais su être endiguées par City, notamment à l’aller en première mi-temps. Ecrasé par la vitesse et l’envie de Liverpool, Manchester City n’a pas su répondre. Y compris au retour, en dépit de sa domination.
Les confrontations d’avril ont eu le mérite de rappeler que cette équipe de City n’était pas exempte de défauts. Celui de ne pas savoir subir est sans doute le principal. L’équipe de Pep Guardiola a affiché une faiblesse mentale parfois inquiétante pour son niveau. Le fait d’encaisser plusieurs buts rapidement lors des chocs de 2018 n’est sans doute pas anodin : trois buts en neuf minutes lors de la défaite à Anfield en janvier, trois autres en 20 minutes à Liverpool en C1, trois buts en seize minutes face à MU à l’Etihad…
L'Etihad et Guardiola ont leur part
Sans minimiser sa saison hors norme, il a manqué à City ce supplément d’âme qui fait les très grandes équipes, qui les transcende face à la pression. Celui qu’a eu Liverpool en C1, notamment. Dans ces circonstances, l’ambiance pesante de l’Etihad a joué, en ne transférant pas la pression sur l’équipe visiteuse, comme le fait si bien Anfield. Son manager a pris lui aussi sa part : le message envoyé par l’expulsion de Pep Guardiola à la mi-temps du quart de finale retour de C1 a fait parler outre-Manche. L’Espagnol n’a, lui non plus, pas su gérer l’adversité en ne sachant pas calmer son équipe.
C’est sans doute caricatural, mais il manque à Manchester City un match référence, une remontée fantastique faite au prix d’une ambiance inoubliable. On ne peut pas reprocher à City d’avoir été trop dominateur, au point de faire passer tout le Big Six anglais pour des faire-valoir. Ce qu’on peut lui reprocher, en revanche, c’est de n’avoir pas su répondre lorsqu’il a été à son tour dominé. Ce second match pour le titre à Tottenham, samedi, ressemble à un dernier test, avant une fin d’année tranquille. La saison des Citizens est de toute manière déjà réussie, avec deux titres et un jeu frisant parfois l’exceptionnel. Pour le panache, en revanche, il faudra repasser l'année prochaine.
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