Eurosport
De la doublure de Lloris au maintien à Fulham : Areola, le spectaculaire déclassement
Par
Publié 12/12/2020 à 17:00 GMT+1
PREMIER LEAGUE - Champion du monde, solidement installé dans le groupe de Didier Deschamps, Alphonse Areola a dégringolé dans la hiérarchie après une saison et demie très délicate. Entre mauvaises orientations de carrière et prestations décevantes, l’ancien grand espoir du PSG se débat aujourd’hui en queue de classement de Premier League. Retour sur un déclassement spectaculaire avant d’affronter
Alphonse Areola sous le maillot de Fulham
Crédit: Getty Images
"Je suis très fier de ce qu’il a fait. Ce n’est jamais évident pour une première sélection. Mais il a dégagé beaucoup de sérénité et de confiance comme il le fait avec son club." Deux mois après avoir été sacré champion du monde, Alphonse Areola dispute sa première sélection face à l'Allemagne (0-0) et convainc Didier Deschamps. Le Parisien aligne quelques miracles ce soir-là face à une solide Mannschaft. Celui qui incarne la relève va finir par se faire sa place, c'est certain. Sauf que deux ans plus tard, il n'a plus son rond de serviette à Clairefontaine.
Alors qu'il était tout proche de devenir la première doublure d'Hugo Lloris, Areola est aujourd'hui, au mieux, le sixième gardien dans l'esprit de Deschamps derrière Lloris, Mandanda, Maignan, Costil et Lecomte. Comment a-t-il pu en arriver là dans la force de l'âge (27 ans) ? Sa rétrogradation s'explique d'abord par des prestations irrégulières et des choix de carrière maladroits qui l'ont fait passer des cages d'un prétendant à la victoire finale en C1 (PSG) à une équipe qui lutte pour son maintien en Premier League (Fulham).
Jamais irréprochable au PSG
Le déclassement est spectaculaire car très rare pour un joueur de son âge et ayant atteint un tel niveau. On retrouve les germes de cette régression à Paris, déjà. Un club qui ne lui a jamais vraiment donné les pleins pouvoirs hormis en 2017/2018 avant de laisser la lumière des grands matches à Gianluigi Buffon et les miettes à Alphonse Areola. Leonardo, qui n'a cessé de s'activer pour trouver un autre gardien à Paris, n'est pas fan du Titi et a multiplié les pistes pour le remplacer. De Gianluigi Donnarumma à Keylor Navas.
Il faut dire que le champion du monde n'a jamais pleinement convaincu à Paris. Ses prêts à Bastia et Villarreal et les commentaires des spécialistes du poste ("il va s'installer parmi les meilleurs", nous expliquait en 2017 Christophe Lollichon, responsable des gardiens de Chelsea) en avaient fait le portier du futur pour Paris. Mais la concurrence, le manque de soutien de ses coaches, sa gestion de la pression et ses prestations très irrégulières ont épuisé son crédit. "Je suis formé au club, j’ai toujours essayé de donner le maximum. Je n’ai peut-être pas été performant au moment où ils voulaient que je le sois. Je suis parti, je reviens, je repars", notait-il sur Canal Plus en novembre regrettant l'instabilité à laquelle il a été exposée.
Real, mauvaise direction
Poussé dehors, il a choisi le Real pour rebondir. Mais cantonné à un rôle de doublure de Thibault Courtois qu'il n'a jamais vraiment concurrencé, il n'a pas saisi les opportunités qui se présentaient à lui lors des blessures du gardien belge et s'est contenté d'une saison à 9 matches. Son aventure discrète à Madrid, à l'âge où les grands gardiens s'affirment, l'ont fait disparaître des radars et si un transfert était envisagé cet été, les offres ont été rares. Barré à Paris par un Navas irréprochable et un Leonardo intraitable, il a fini par choisir le promu Fulham plutôt que Rennes, Londres et la lutte pour le maintien en Premier League plutôt que la Ligue des champions avec le club breton.
Le voilà empêtré dans la lutte dans les bas-fonds du classement et à la tête de la deuxième pire défense d'Angleterre (21 buts encaissés en 21 matches). Très bon sur la pelouse de Manchester City malgré la défaite la semaine dernière (2-0), il vit un début de saison plutôt compliqué marqué par un seul clean sheet. Reconnu par les spécialistes du poste, pétri de qualités, Areola n'a pas la carrière que mérite son talent. S'il est toujours son contrat avec le PSG, son avenir se dessine loin d'un club qui ne compte plus sur lui. France – Allemagne n'a jamais semblé aussi loin.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité