Il a fini par dire stop. Ce n'est pas la surprise de l'année. Il n'en reste pas moins que ça fait quelque chose. Il fut jeune pendant longtemps, mais Wayne Rooney a été finalement rattrapé par la limite d'âge. A 35 ans, celui qui était devenu entraîneur-joueur de Derby County après une pré-retraite dorée du côté de Washington DC a rangé ses crampons pour de bon. Il va désormais prendre les rênes à plein temps d'un club qui est menacé de descente en League One. Un combat pour la survie loin des spotlights. Mais proche de ce que Rooney a toujours préféré durant sa carrière : le football qui sent la sueur et se relève les manches.
Wayne Rooney restera dans l'histoire comme un talent précoce, évidemment. Après Michael Owen, comète lancée à l'assaut du monde à la fin du XXe siècle et récompensé d’un beau Ballon d’Or en 2001, il y eut Wayne Rooney, au talent aussi brut que son physique de boxeur le laissait présager. Joueur d'Everton, le club de son enfance, il fit parler de lui pour la première fois à 16 ans et 360 jours tout pile. Le 19 octobre 2002, il devenait alors le plus jeune buteur de l'histoire de la Premier League. L'Angleterre, encline à s'amouracher de ses pépites comme aucune autre nation au monde, se disait que le gamin au cou de taureau ne serait pas de trop pour aider la sélection nationale à retrouver d'hypothétiques sommets. Dès février 2003, le natif de Liverpool devenait le plus jeune joueur à porter la tunique aux Trois Lions.
Football
Clap de fin pour Rooney, désormais entraîneur à plein temps
15/01/2021 À 14:24
On a d'abord cru que Rooney était un buteur qui allait vite et faisait preuve d'une puissance naturelle rappelant celle d'un autre. Ce fut pour cela qu'il devint "Roonaldo" le temps d'un été et d'un Euro, du côté du Portugal. C'était vrai. Mais il ne fallut pas longtemps pour comprendre que le futur capitaine de Manchester United était bien plus que cela. Bien plus qu’un avant-centre. Parce qu’il savait et aimait faire plein d’autres choses sur un terrain.

Un 9 dans un corps de 6

Il en a mis des buts, durant sa carrière. 53 en équipe nationale, ce qui fait d'ailleurs de lui le recordman du genre. 253 à Manchester United, meilleur buteur de l'histoire du club, aussi. Mais résumer l'Anglais à ses réalisations, même les plus belles, parmi lesquelles ce fantastique retourné lors du derby face à Manchester City en 2011, c'est passer à côté de l'essentiel. De l'essence d'un joueur qui, au fond, était un numéro 9 (même s'il a longtemps porté le 10), dans un corps de 6. Parce que Rooney, c'est la quintessence du talent mis à disposition de l'autre. Le capitaine de route qui remplit sa fonction. Et ne tire pas la couverture à lui.
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Il y a bien eu ce coup de canif dans le contrat de confiance qu'il avait signé avec Sir Alex Ferguson, au tournant des années 2010, alors qu'il doutait de l'ambition de l'Ecossais et des Red Devils. Mais pour le reste, il ne fit jamais semblant. Et su donner le meilleur de lui-même, tout en laissant s'épanouir les autres. Cristiano Ronaldo a grandi à ses côtés et n'a jamais eu à souffrir ni à se plaindre de Rooney, qui ne fut pas rancunier après le sulfureux quart de finale du Mondial 2006. Tout le monde y a gagné. Manchester United en tête. Une troisième Ligue des champions décrochée par une soirée de mai 2008 à Moscou en fut la plus prestigieuse et spectaculaire des conséquences.
Monté très haut et redescendu plus bas sur le terrain vers la fin de sa carrière, Rooney n'a jamais perdu de vue ses racines. C'est pour ça qu'il est repassé par la case Everton quand ses jambes et ses épaules ne pouvaient plus porter une équipe de MU qui avait beaucoup perdu, avec le départ d'un autre quelques années plus tôt. Et puis il y a eu ce petit crochet par l'Amérique. S'il est anecdotique à l'échelle de la carrière du gamin de Liverpool, il reste une action qui résume on ne peut mieux sa vie de footballeur. Elle se termine par un but. Pas le sien. Mais il fait tout avant. Avec générosité. Engagement. A la Rooney.
Cadeau en guise de clap de fin.
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