Dans cette histoire, pas de place pour les seconds rôles. Dans ce scénario, l’Oscar ne pouvait revenir qu’à Cristiano Ronaldo et sa célébration déjà mythique au bout d'un temps additionnel suffocant où le Portugais aura encore endossé son costume préféré : celui de sauveur ultime dans la plus belle des compétitions européennes. Face à Villarreal, Manchester United s’est offert un thriller dingue avec son acteur phare. Pourtant, sans David de Gea, ce joli film n’aurait jamais existé.
Si MU a pu s’offrir un finish en apothéose, c’est grâce à son dernier rempart, impérial et franchement spectaculaire en première période. "De Gea, on ne retient que ses arrêts", avait regretté Christophe Lollichon dans notre podcast consacré aux meilleurs gardiens du XXIe siècle. Il n’a pas tort : de sa manchette magnifique sur une frappe de Groeneveld à sa parade féline face à Alcacer, on n’a que lui et ses grandes envolées. Visuellement, ce fut un régal. Et sur le tableau d’affichage, un moindre mal.
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"Heureusement, nous avons eu le meilleur gardien du monde ce soir, s’est d’ailleurs empressé de souligner Ole Gunnar Solskjaer en conférence de presse. David était fantastique. Je suis très content de sa prestation. Il nous a sauvés ce soir, il faut être réaliste et le répéter". Le répéter et insister : l’expression clé de son hommage est bel et bien "ce soir". Comme un aveu, en creux, qu’il ne dispose pas toujours de ce De Gea-là en temps normal.

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Critiques assassines, concurrence de la jeunesse et Euro raté

Entre les deux, ce fut plus un mariage de raison que de passion. Parce que David de Gea avait été installé dans la peau du numéro de United bien avant l’arrivée du Norvégien et parce que son salaire XXL (le troisième de… Premier League derrière CR7 et de De Bruyne) empêchait toute mise à l’écart non-justifiée. Alors, depuis son arrivée, Solskjaer s’est assuré de toujours défendre son gardien, contre vents et marées. Elles furent nombreuses et franchement violentes.
Jamais avares en commentaires assassins, les anciennes gloires mancuniennes ont tour à tour descendu les performances de De Gea, quand celles-ci étaient franchement inquiétantes. "Je n’en peux plus de ce gardien de but" (Roy Keane), "c’est un vrai problème" (Paul Scholes), "je ne le vois pas rester" (Rio Ferdinand) furent parmi les mots les plus durs adressés à De Gea. Pour ne rien arranger, c’est la concurrence du jeune Dean Henderson, couvé depuis son plus jeune âge par United, qui devait mettre fin à l’ère De Gea.
La saison passée, le couperet est passé près. Relégué sur le banc par le jeune anglais après avoir accueilli son premier enfant en Espagne, il avait subi le même sort en sélection, où Luis Enrique lui avait préféré Unai Simon. Bref, une saison en enfer pour lui. Et le début de ce qui ressemble à la fin, surtout après sa terrible séance de tirs aux buts en finale de C3 (0/11 sur les TAB, et le raté final).

David de Gea passe devant le trophée de l'Europa League

Crédit: Getty Images

Le cauchemar de Villarreal, point de départ d’une remise en question

Ce fut le début d’une résurrection dont Villarreal fut le symbole le plus éclatant. Depuis le début de saison, c’est le jeune Dean Henderson qui songe à partir pour gagner du temps de jeu, tant De Gea semble prioritaire. En championnat, il est numéro 1. En Ligue des champions aussi. Et c’est parti pour rester ainsi. Et, à écouter Solskjaer, tout le mérite lui en revient.
"Il m’a appelé pendant l’été pour revenir plus vite de vacances et démarrer la pré-saison plus tôt, expliquait le Norvégien il y a quelques jours. Parce qu’il voulait être prêt et parce qu’il voulait donner la meilleure version de lui-même. […] Il a vraiment beaucoup bossé, a été super concentré, il est meilleur physiquement et mentalement et, quand vous avez le sentiment d’avoir fait le boulot, cela vous donne confiance et motivation".
"De Gea a été un des joueurs les plus importants de MU cette saison, confirmait d’ailleurs Owen Hargreaves sur BT Sport mercredi. II est absolument fabuleux, et il a clairement pris le dessus sur Dean Henderson". Comme un clin d’œil du destin, l’Espagnol a même mis fin à sa terrible série d'échecs sur penalty en stoppant celui de Mark Noble face à West Ham (1-2) après… 40 échecs dans le domaine.
Alors, De Gea est-il enfin de retour au plus haut niveau ? Peut-être. Est-ce durable ? C'est encore un autre débat. Au fond, l’Espagnol est clivant parce qu’irrégulier. Ses pics de performance sont ahurissants. Ses coups de moins de bien sont franchement gênants. Si bien que son vrai niveau moyen au baromètre européen se situe à la frontière des deux. Mercredi, il fut le "meilleur au monde". Mais rien ne dit qu’il le restera…

David de Gea (Manchester United) face à Villarreal.

Crédit: Getty Images

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