Premier League - Manchester United : Ole Gunnar Solskjaer, sous pression mais toujours en poste, est-il un cas à part ?

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PREMIER LEAGUE – Alors que Manchester United n'en finit plus de décevoir depuis le début de saison, Ole Gunnar Solskjaer semble constamment sur la sellette. Mais malgré les tempêtes à répétition, le technicien norvégien est toujours à la tête de l'un des plus grands clubs du monde, depuis bientôt trois ans et pour encore (presque) autant, contractuellement. Du jamais vu à ce niveau, ou presque.

Manager Ole Gunnar Solskjaer of Manchester United walks out for the second half during the Premier League match between Manchester United and Manchester City

Crédit: Getty Images

24 juillet 2021. Manchester United annonce la prolongation de contrat de son entraîneur Ole Gunnar Solskjaer pour trois saisons, plus une en option. Arrivé sur la pointe des pieds en décembre 2018 pour assurer l'intérim après le licenciement de José Mourinho, le technicien norvégien se voit donc offrir un bail courant au minimum jusqu'en juin 2024, après deux ans et demi de services.
6 novembre 2021. Déjà giflés à Leicester (4-2), humiliés par Liverpool à Old Trafford (0-5) et fortement bousculés sur la pelouse de l'Atalanta (2-2), les Red Devils traversent le derby de Manchester comme des fantômes, totalement impuissants face à des Citizens à des années lumières collectivement. Et encore une fois à domicile (0-2). United est sixième de Premier League, à neuf points du leader Chelsea, et cinq longueurs du quatrième, Liverpool.
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Manchester United

Crédit: Getty Images

En à peine un quart de championnat, et malgré une phase de groupes de Ligue des champions pour le moment réussie comptablement bien que très poussive – merci Cristiano Ronaldo -, le club mancunien a déjà traversé plusieurs grosses tempêtes. De celles qui, normalement, coûtent leur place au capitaine. Car au-delà d'être très problématique en soi, cette période de creux – qui est d'ailleurs loin d'être la première - est venue rappeler à quel point le bilan d'"OGS" depuis sa prise de commande était discutable.

1,84 points par matches sur les 148 dernières rencontres

Il y a l'aspect comptable, d'abord. S'il a vécu d'excellents débuts sur le banc mancunien, avec notamment une élimination du PSG en Ligue des champions et une moyenne de 2,32 points par match entre décembre 2018 et mars 2019, le bilan de Solskjaer est nettement moins emballant depuis qu'il a été confirmé dans ses fonctions. Son équipe n'a en effet pris que 1,84 points par match (sur 148 rencontres) à partir de là. Et n'a gagné aucun titre, obtenant ses meilleurs résultats la saison dernière, avec une deuxième place en Premier League et une finale perdue de Ligue Europa.
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"C’est miraculeux que Solskjaer soit encore en place trois ans plus tard"

Video credit: Eurosport

Il y a aussi la manière. Malgré un effectif très garni depuis son arrivée, et pléthorique depuis cet été, le United de Solskjaer ne procure pas beaucoup de frissons dans son expression. Le pragmatisme du Norvégien a fait ses preuves lors de plusieurs grandes affiches. Mais à l'heure où il faut choisir entre Edinson Cavani, Marcus Rashford, Mason Greenwood, Jadon Sancho ou encore Anthony Martial pour accompagner Cristiano Ronaldo devant, cela ne suffit plus. Surtout pas sans résultat.
Du moins, aux yeux des supporters mancuniens. Car les décideurs du club aux 20 titres de champion d'Angleterre et trois Ligue des champions, eux, ne bronchent pas. Ou pas publiquement. On croyait que la gifle reçue contre Liverpool était celle de trop ? Solskjaer a eu droit à un sursis et en a tiré profit dans le match des malades à Tottenham (0-3). Ne pas exister dans un derby à domicile est inexcusable ? C'est pourtant bien l'ancien attaquant du club qui sera - a priori - sur le banc à Watford, le samedi 20 novembre prochain. Il y a un an, la situation était semblable : le coach de 48 ans semblait au bord du licenciement avant de sauver son poste grâce à un succès à Everton. Un scénario qui se répète, sans fin.

Mourinho et Wenger, des exemples incomparables

Peut-on retrouver trace d'une telle indulgence dans un club d'une telle envergure ? Difficile, a priori. On pourrait, spontanément, penser à José Mourinho. Celui du Real Madrid a fini par s'essouffler, mais avec une moyenne de 2,30 points par match sur 178 rencontres, et plusieurs titres au palmarès (Liga, Coupe du Roi, Supercoupe d'Espagne). Celui de Tottenham, entre novembre 2019 et avril 2021, prenait moins de points par rencontre que Solskjaer, mais dans un club d'un calibre inférieur, et surtout sur une durée plus courte.
Osons alors nous pencher sur les dernières années d'Arsène Wenger à Arsenal. Mais malgré une moyenne de points semblable à celle de Solskjaer sur la fin de son aventure, le technicien alsacien a continué de gagner des titres lorsqu'il était contesté, avec trois Community Shield et trois FA Cup sur ses cinq dernières saisons. En plus, évidemment, de son poids hors norme dans l'histoire des Gunners.

Le précédent Rodgers

C'est, en fait, toujours du côté de la Premier League qu'il faut se pencher pour trouver l'exemple a priori le plus semblable, avec le Brendan Rodgers de Liverpool. L'Ecossais est resté sur le banc des Reds durant plus de trois ans, entre juillet 2012 et octobre 2015 avec une faible moyenne de 1,77 points par match (sur 166 rencontres) et aucun titre remporté. Malgré, il est vrai, une belle deuxième place lors d'une saison 2013-2014 qui, à deux points près (trois, en comptant la différence de buts) aurait fini en apothéose et considérablement changé la lecture de cette aventure.
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Liverpool manager Brendan Rodgers

Crédit: Eurosport

Rodgers avait par ailleurs bien plus de moyens qu'un Wenger, par exemple. Liverpool a dépensé 405 millions d'euros sur le marché des transferts lorsqu'il en était le coach, dont 151 sur le seul été 2014, pour (mal) compenser le départ de Luis Suarez au FC Barcelone. Un point de plus qui le rapproche de Solskjaer. Mais lui a eu un peu moins de temps quand les choses se sont vraiment gâtées. Dans la foulée d'un exercice 2014-2015 décevant, l'actuel entraîneur de Leicester n'a pas vu plus loin que le 4 octobre, soit la huitième journée de Premier League. Jürgen Klopp a pris la suite avec le succès que l'on sait.
Dans les travées d'Old Trafford, on en n'attend pas moins. Mais après un automne difficile, Solskjaer, lui, est toujours là. Dans un club qui ne fonctionne définitivement pas comme les autres et qui, certainement, pense avant tout à l'aspect économique des choses. A ce niveau-là, tout va bien pour un United toujours européen, et toujours à l'aise lorsqu'il s'agit de vendre ses maillots ou d'entretenir son marché en Asie. L'argent rentre, après tout. Et finalement, il y a peut-être urgence aux yeux de tout le monde, sauf de la direction.
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