Mercato - Ruben Neves (Wolverhampton) rejoint Al-Hilal à 26 ans : itinéraire d'une carrière déjà gâchée par Jorge Mendes

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C'est officiel : à 26 ans, alors que les géants européens suivaient son cas de près, Ruben Neves a décidé de s'engager pour Al-Hilal. Contre 55 millions d'euros et un salaire de près de 14 millions d'euros par an, le Portugais a donc suivi l'avis de son agent Jorge Mendes. Son exil ne sera pas forcément de longue durée. Mais sa carrière, déjà étonnante, en prend encore un sacré coup.

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Video credit: Eurosport

Un souvenir ineffaçable pour lui. A l'aube de la saison 2014-2015, Julen Lopetegui a le coup de foudre pour un profil romantique : un gamin fluet de 17 ans qui respire le football. Au FC Porto, son nom est déjà bien connu : Ruben Neves. Arrivé à 8 ans dans le club portugais, il a gravi tous les échelons à une vitesse sidérante au point de toquer à la porte de l'équipe première. L'entraîneur espagnol lui ouvre en grand. Plus jeune buteur de l'histoire de Porto, plus jeune joueur portugais à participer à un match de C1, comparé à Sergio Busquets ou Andrea Pirlo pour sa finesse technique, le gamin entre directement dans le prestigieux Top 40 du Guardian qui liste les pépites de demain.
Or, il est désormais de notoriété publique que tout ce qui agite le Portugal finit par arriver aux oreilles de Jorge Mendes. Le surpuissant agent portugais met évidemment la main sur le prodige, réussit à fixer une clause libératoire à 40 millions d'euros et promet à Ruben Neves monts et merveilles.

Les géants du vieux continent puis… Wolverhampton

A l'époque, celui qui deviendra le plus jeune capitaine du FC Porto, et peut-être le plus gros talent formé au club au XXIe siècle, est dans le viseur de tout le monde. Juventus, Liverpool, AC Milan, Barcelone, PSG, Real Madrid, Chelsea : sa liste de prétendants est un loto foot des plus grands clubs au monde et nul doute que l'esthète deviendra un visage connu des soirées de Ligue des champions dans les années qui viennent. Raté. Depuis 2017, il n'a plus jamais eu les frissons de la C1. Car Jorge Mendes en a décidé autrement.
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Rubén Neves, alors sous les couleurs de Porto

Crédit: Imago

Tout à sa volonté de s'implanter durablement en Premier League, l'agent réussit un tour de force : envoyer l'un des prospects européens les plus surveillés d'Europe en… Championship. A Wolverhamption, les décideurs chinois du consortium Fosun ont décidé de faire confiance à Mendes pour remonter en PL et monter une équipe compétitive.
Résultat : Ruben Neves rejoint un Molineux Stadium plus habitué au kick and rush qu'aux douceurs du Portugais. Là-bas, il retrouve Romain Saïss, Diogo Jota, Ivan Cavaleiro ou Helder Costa, tous membres de l'écurie Gestifute. La réussite est totale : les Wolves remontent dès la première saison, Ruben Neves s'éclate et Mendes continue de s'amuser, multipliant les transactions avec "ses" joueurs, de Rui Patricio à Raúl Jimenez en passant par Joao Moutinho, Adama Traoré ou Leander Dendoncker.

L'exemple Diogo Jota

La promesse est simple : être exposé dans un club de Premier League pour se faire une place dans un club du Top 6. Sur le papier, ça marche. Ainsi, l'exemple Diogo Jota, acheté 45 millions par Liverpool à l'été 2020 finit de convaincre que le schéma Mendes est une réussite sportive et financière. Pour Four Four Two, l'ailier portugais expliquait la genèse de l'affaire. "Je dois admettre que je n'étais pas forcément séduit à l'idée de jouer pour Wolverhampton quand mon agent m'en a parlé au début, avouait-il. Il a fini par me convaincre et n'arrête pas de me répéter depuis 'tu vois comme j'avais raison ?'".
Un bel exemple ne fait cependant pas une règle. Pendant que Jota a rejoint le gotha européen, Neves reste dans la chambre d'attente. Chaque été, il est annoncé un peu partout, Arsenal, Barcelone, Chelsea, Manchester United. Chaque été, il reste à Wolverhampton où il évoluera pendant six ans et où l'amour entre les fans du club et le joueur est franchement réciproque. Difficile de taxer Ruben Neves de mercenaire. Il est en fait prisonnier du système Mendes.
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Ruben Neves sous les couleurs de Wolverhampton

Crédit: Getty Images

En 2023, l'affaire est entendue. A 26 ans, après tant de fidélité pour les Wolves, Ruben Neves va partir. Le FC Barcelone est candidat déclaré à son arrivée. Jorge Mendes, bien implanté en Catalogne, tente divers montages pour faire aboutir l'opération avant de constater, comme beaucoup, que les caisses barcelonaises sont bien trop vides pour espérer un mouvement.
Il faudra 55 millions pour arracher Neves au Moulineux Stadium ? L'Arabie Saoudite se propose, avec une offre optimale et un salaire estimé à 14 millions d'euros par an, soit plus que Luka Modric et Toni Kroos à Madrid et presque autant que Bruno Fernandes à Manchester United. Al-Hilal est l'heureux élu et Ruben Neves rejoint la liste des conquêtes saoudiennes qui n'en finit plus de grandir.
Combien de temps restera-t-il là-bas ? Peut-être deux ans, à moins que l'hypothèse d'un prêt à Newcastle - propriété du PIF, fonds public d'investissement saoudien - ne se concrétise. Auquel cas plus rien n'aurait de sens dans un marché qui n'en a déjà plus beaucoup. Peu importe, à dire vrai : six ans plus tard, Ruben Neves n'a toujours pas regoûté aux joies de la C1. A 26 ans, sa carrière ressemble déjà à un gâchis. Car, au fond, il n'a pas respecté la seule demande qu'il mettait en avant en mai dernier, au moment de ses adieux à Wolverhampton. "Je ne l'ai jamais caché, je veux jouer la Ligue des champions", avançait-il. Jorge Mendes en a décidé autrement…
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