Arsenal : La fin des espoirs, le début des problèmes ?

Eurosport sur Google

Battu par West Ham le week-end dernier, Arsenal a définitivement abandonné la lutte pour le titre. Il n'y a rien d'infâmant à laisser filer ce Liverpool seul en tête mais les signaux d'alerte sont finalement nombreux chez les Gunners ces dernières semaines. Dans le futur, il faudra faire mieux, sur mais surtout en dehors du terrain.

Martin Odegaard après la défaite face à West Ham

Crédit: Getty Images

Arsenal pouvait encore y croire avant ce week-end. Invaincus en quinze rencontres, les Gunners recevaient West Ham (un point sur douze lors des quatre précédentes journées) vingt-quatre heures avant que le leader Liverpool se rende à Manchester City - City qui, malgré leurs problèmes, avaient passé quatre buts sans réplique à Newcastle une semaine plus tôt.
Liverpool semblait marquer le pas, d'ailleurs. Une élimination en FA Cup. Deux nuls lors des trois derniers matches de PL. Une victoire à Bournemouth dont le score final (2-0) ne disait pas combien les Reds avaient souffert. Qu'Arsenal fasse ce qu'on attendait d'eux à l'Emirates, et que City fasse ce qu'ils espéraient, et, tout d'un coup, le championnat serait relancé. Si tant est qu'Arsenal gagne son match en retard, Liverpool pourrait ne plus avoir que cinq points d'avance lorsque les Londoniens se rendraient à Anfield le 10 mai. Et si...?

Un no-show et la fin des espoirs

Et puis non. Le conditionnel n'est plus de mise aujourd'hui. Autant Liverpool a impressionné à Manchester, autant Arsenal a déçu devant les siens. Autant Arsenal a été consternant, en fait, en panne d'énergie, en panne d'imagination, en panne de toutes les qualités qui leur avaient permis d'entretenir encore un soupçon d'espoir.
Au vu du no-show de samedi, il n'aurait servi à rien à Arteta de chercher des excuses ou des explications dans l'absence de tant de de ses joueurs, et il s'en garda bien, d'ailleurs. Le vrai problème n'était pas l'indisponibilité de Saka, Jesus, Martinelli et Havertz, mais les performances de ceux qui étaient sur le terrain en cette après-midi, le jour en lequel le rêve d'un premier titre en vingt-et-un ans s'est évanoui pour de bon.
Declan Rice, inexistant face à son ancien club, fut remplacé juste avant l'heure de jeu et aurait pu l'être plus tôt. Martin Ødegaard, si souvent le catalyseur de cette équipe, jouait comme s'il était freiné par un problème physique inconnu, ce qui, allez savoir, était peut-être le cas. Les autres ne firent pas beaucoup mieux.
Nwaneri est encore un brin trop tendre pour être titularisé match après match. Lewis-Skelly méritait son carton rouge, cette fois-ci. Sterling... qu'en dire? Ce n'est pas en neuf minutes qu'il allait changer le cours du match, lui qui, chaque fois qu'il reçoit le ballon, semble regretter qu'il n'ait pas été passé à un autre.

Jouer "hors cadre" est devenu impossible

Le constat est cruel, mais justifié, et l'avenir inquiétant. Tous ces matches qui, sur le papier, n'avaient rien d'effrayant, ont désormais des allures de chausse-trappes. Nottingham Forest ce mercredi, puis Manchester United à Old Trafford, puis Chelsea, puis Fulham, deux déplacements, deux derbys, quatre points d'interrogation. Sans oublier le PSV en Ligue des Champions, qui sera remonté à bloc après avoir sorti la Juventus de la compétition. S'il n'y a plus grand-chose à gagner, il y a encore beaucoup à perdre pour les Gunners.
On en a déjà parlé ici : le football de "système", tel qu'il est mis en pratique par un Pep Guardiola ou un Mikel Arteta, peut devenir son pire ennemi lorsque la mécanique s'enraye. Le même dispositif qui, hier, était un outil de domination, devient une faiblesse que l'adversaire peut exploiter. Les joueurs laissés à eux-mêmes sont devenus incapables de penser et de jouer "hors du cadre". Les gestes qu'ils répètent (parce que l'on les leur a fait répéter sans relâche à l'entraînement) n'ont plus le même impact ; mais ils n'en connaissent pas d'autres, ou les ont oubliés ; et les voilà devenus impuissants, ce qui peut les amener à douter du système lui-même. Tout le monde sait comment joue Arsenal, et ils sont de plus en plus nombreux qui savent comment les contrer. Ce que West Ham a fait samedi, d'autres le feront dans les semaines qui viennent.
picture

Seit 2019 leitet Mikel Arteta die Geschicke beim FC Arsenal.

Crédit: Getty Images

Blessures, blessures et blessures

Or il n'y a pas de plan 'B' apparent pour Arteta. Il n'y a pas de 'solutions', si ce n'est montrer davantage de caractère. Persister, mais autrement (comment ?), est la seule alternative ; et penser au futur, aussi. Les erreurs commises dans le passé ne peuvent être répétées sous peine de voir le travail de ces dernières années être menacé.
Certains éléments plaident en faveur d'Arsenal. Son effectif est jeune, et tous ses joueurs-clé sont sous contrat jusqu'au 30 juin 2027 au plus tôt, la seule exception étant Léandro Trossard, libre en 2026, mais qu'il est peut-être excessif d’appeler un "joueur-clé". Tous les autres, les Saka, Saliba et autres Ødegaard, sont partis pour rester, et donner ainsi à Arteta l'assise dont il a besoin pour travailler dans la continuité. À condition, évidemment, qu'ils ne soient pas victimes d'accidents musculaires aussi fréquemment que ce fut le cas en 2024-25.
picture

Pourquoi Maignan est-il devenu si friable ?

Video credit: Eurosport

Car, de ce côté, on se croirait revenu aux dix dernières années du règne d'Arsène Wenger, quand chaque saison était ponctuée de ces blessures, la faute, avait-on dit alors, à un staff médical qui était fortement contesté dans le microcosme, mais aussi à un manager peu enclin à faire tourner son squad - comme c'est le cas pour Arteta, dont le onze de départ (quand ses joueurs sont valides) est l'un des plus prévisibles de la Premier League.
Le résultat est que tous ses joueurs sont passés par l'infirmerie durant cette campagne. Jesus, Ødegaard, Havertz, Martinelli, Saka, mais aussi White, Tomiyasu et Tierney ont manqué ou manqueront plus de dix matches. De ceux-là, Jesus, Saka et Havertz en auront manqué plus de vingt. Le bilan n'est pas que catastrophique. Il est inacceptable.

Le mercato, autre zone d'ombre

L'entraîneur basque devra donc revoir sa gestion du groupe dont il dispose, et espérer que ses dirigeants se montrent plus actifs - et plus décisifs - qu'ils le furent lors du dernier mercato, quand ils s'avérèrent incapables de recruter qui que ce soit, alors qu'Arsenal était à bout de souffle. L'argent n'est pas un problème pour les Londoniens comme il peut l'être pour Manchester United, qui doit vendre pour acheter s'ils entendent respecter les réglementions financières de la Premier League. Le problème est qu'on ne sait toujours pas qui aura la responsabilité du recrutement, alors que cela fera bientôt quatre mois que Edu a quitté son poste de directeur sportif.
Jason Ayto, qui occupe cette fonction par intérim, semble tenir la corde. Scout des Gunners depuis 2014, chief scout du club depuis 2020, promu assistant d'Edu en 2021, l'Anglais qui vient de fêter ses quarante ans attend toujours qu'on finalise sa nomination, ce qui est peut-être à mettre en rapport avec le désir de la famille Kroenke de voir son club adopter une méthodologie de recrutement "à l'américaine", davantage orientée sur l'analyse de data que sur les contacts tissés par son ou ses responsables dans le milieu. Ce qui est certain est que, plus tôt une décision sera prise sur ce plan, mieux cela vaudra pour Arsenal.
Mais cela, c'est le futur pour Arteta et les siens, quand c'est bien le présent qui doit les préoccuper le plus.
picture

"Plus on avance…" : le PSG peut-il terminer la saison invaincu ?

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité