Le Leicester de Jamie Vardy relégué en Championship : Pourquoi la Premier League vit désormais en vase clos

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Le week-end dernier, Leicester a officiellement été relégué en Championship après une saison cauchemardesque. Mais les Foxes doivent-ils vraiment s'inquiéter pour l'avenir ? Les derniers exemples en date tendent à montrer que le système de descente/remontée immédiate est devenue la norme en Angleterre. Pourquoi ? Les explications de notre chroniqueur Philippe Auclair.

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Video credit: Eurosport

C'est Southampton qui ouvrit le bal des damnés, dès le 8 avril. Leicester vient de rejoindre les Saints sur la piste après leur défaite contre Liverpool. Ipswich est toujours assis dans l'antichambre, mais son entrée est imminente. Il suffira pour cela que les Tractor Boys perdent à Newcastle ce weekend, ce qui n'étonnerait pas grand monde, ou que West Ham ramène un point de Brighton. On connaîtra donc sans doute le nom des trois relégués en Championship à quatre journées de la fin de cette saison 2024-25. C'est tôt, très tôt, trop tôt. L'an dernier, ce n'est que le dernier jour de la saison que Luton Town avait connu son triste sort.
Et puis... Southampton, Leicester, Ipswich, n'étaient-ce pas les trois clubs qui avaient été promus il y a un an de cela ? À quoi sert-il de s'extraire du Championship si c'est pour y retomber aussitôt ?
Il y a eu des exceptions, certes, la promotion 2021-22 en particulier. Cette année-là, c'étaient Fulham, Bournemouth et Nottingham Forest qui avaient rejoint la Premier League, trois clubs qui ont su pérenniser leur place dans l'élite et qui pourraient même représenter le championnat anglais dans les compétitions de l'UEFA la saison à venir. Forest reste encore en course pour une place inespérée en Ligue des champions, tandis que Fulham et Bournemouth gardent une chance de s'accrocher aux wagons de la Ligue Europa et de la Ligue Conférence. Bravo à eux.
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IPSWICH, ENGLAND - MARCH 15: Anthony Elanga of Nottingham Forest celebrates scoring his second during the Premier League match between Ipswich Town FC and Nottingham Forest FC at Portman Road on March 15, 2025 in Ipswich, United Kingdom.

Crédit: Getty Images

Circuit fermé

Ils n'en demeurent pas moins des aberrations dans ce qui est devenu la règle en Premier League. Quiconque monte redescendra, quiconque descend remontera, et ainsi de suite, ad infinitum, ad nauseam, comme si ces clubs pris dans le circuit fermé de la promotion et de la relégation étaient le protagoniste du Troisième Policier de Flann O'Brien, condamné à revivre son cauchemar sans en avoir conscience lui-même.
Et qui remontera, cette fois-ci ? On connait déjà le nom de deux des trois heureux élus, en attendant la loterie des play-offs. Il s'agit de Leeds United et de Burnley. Leeds, promu en 2019-20, relégué en 2022-23. Burnley, relégué en 2021-22, promu en 2022-23, re-relégué en 2023-24 et donc re-promu en 2024-25.
Le nombre maximal de permutations sur les cinq dernières saisons était de trente, à raison de six changements de statut possibles par an. Mais ce ne sont pas trente clubs qui se sont retrouvés impliqués dans ce phénomène des vases communicants, ce sont quatorze ; et sur ces trois dernières années, sept sur dix-huit possibles.
À chaque fois, c'est le même scénario auquel on assiste. Le club qui a pris l'ascenseur pour le sous-sol du Championship bénéficie du système des "paiements-parachute" introduit par la Premier League en 2015-16, qui réserve une partie de ses droits TV à ces clubs qui viennent de quitter l'élite.
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Leeds United's Joël Piroe celebrates his goal during the Sky Bet Championship match between Leeds United FC and Stoke City FC at Elland Road on April 21, 2025 in Leeds, England.

Crédit: Getty Images

Ces paiements, étalés sur trois ans, sont censés permettre aux relégués d'encaisser le choc financier qui accompagne leur descente en D2 et, en théorie, leur permettent donc de disposer d'un avantage plus que conséquent sur leurs rivaux du Championship, une compétition dont le chiffre d'affaires est de six fois inférieur à celui de la PL (*). La résurgence de Bournemouth après leur relégation en 2019-20 s'expliquait en partie par les 50 millions d'euros versés par la PL au titre des "paiements-parachute".

Effet pervers double

Mais cela, c'est la théorie. Il en va tout autrement en pratique, car ces paiements "sur trois ans" ne sont effectués dans leur totalité que si le club concerné demeure plus d'une saison en Championship. Ils cessent dès qu'il a retrouvé l'élite. C'est donc alors tout bénéfice pour les pensionnaires habituels de la PL, qui ont une part encore plus conséquente du gâteau à se partager, et ont tout intérêt à ce que le cycle relégation-promotion affecte les mêmes clubs. Bournemouth, qui retrouva l'élite en 2021-22, ne reçut pas un penny de plus cette saison-là.
L'effet pervers de ce système est donc double. Il ne fait pas que déséquilibrer le contexte financier du Championship en boostant les ressources des relégués. Il a aussi un impact négatif sur ceux-là lorsqu'ils savent profiter de leur avantage pour retrouver aussitôt l'élite ; car survivre en PL implique augmenter sa masse salariale et acheter de nouveaux joueurs, ce qu'ils doivent faire avec leurs propres ressources. C'est ainsi que Southampton investit 80 millions d'euros net à l'orée de la présente saison, et qu'Ipswich consentit un effort encore supérieur : 150 millions, net, une fois de plus. Et cela, pour se donner une chance de survie, rien d'autre.
Comment s'étonner alors que ce soient toujours les mêmes noms qui reviennent dans la conversation ? Et comment s'étonner que les promus peinent tant à se montrer compétitifs lorsqu'ils rejoignent une division dont même les clubs de milieu de tableau ont des chiffres d'affaires qui dépassent ceux de l'OM, de Lyon ou de Monaco en L1 ?
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Leicester comme symbole

Un cas interroge tout particulièrement cette fois-ci, celui de Leicester. Les Foxes avaient accompli l'un des plus grands exploits de l'histoire du football anglais en devenant champions en 2015-16, deux ans seulement après avoir remporté le Championship. Un autre temps. Ils atteignirent ensuite les quarts de finale de la Ligue des champions et remportèrent la première FA Cup de leur histoire en 2021, atteignant également les demi-finales de la Ligue Conférence l'année suivante, après avoir fini cinq saisons de suite dans le Top 10 de la Premier League.
Mais les voilà pris dans cette impitoyable machine à broyer les ambitions qu'est le vase clos de la promotion et de la relégation. Descente en 2023, montée en 2024, descente en 2025. La responsabilité de ce déclin est imputable en premier lieu aux choix plus que discutables de la direction et des propriétaires du club, le dernier en date étant le remplacement en novembre dernier de Steve Cooper, un habitué de la bagarre, par Ruud van Nistelrooy alors que Leicester n'était pas encore relégable. Bilan du Néerlandais depuis : deux victoires, deux nuls, et seize défaites.
Ce que craignent les supporters des Foxes aujourd'hui est que les séquelles de leur chute se fassent sentir au-delà de la saison à venir, au vu de la faiblesse d'un effectif qui ne parait pas taillé pour ce perpétuel combat qu'est le Championship. Leur espoir aujourd'hui est que Leicester demeure dans le vase clos décrit plus haut. Pour le reste, il y aura le souvenir des grandes années Vardy, et la conscience qu'ils ne les revivront jamais.
(*) À titre de comparaison, le ratio est de 1 à 4 entre les deux divisions de la Bundesliga.
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Vardy to legenda Leicester

Crédit: Getty Images


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