Premier League - Titré avec Liverpool, Arne Slot et le mythe de la fin de cycle : "Il a apporté tellement de choses"
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 28/04/2025 à 15:36 GMT+2
Arrivé il y a un an dans un vestiaire qui semblait en bout de course, l'entraîneur de Liverpool Arne Slot en a tiré la quintessence et y a surtout insufflé un nouveau souffle sans (quasiment) aucune recrue dans la continuité du travail de Jürgen Klopp. Les Reds sont champions, leurs stars incertaines sur leur avenir en début de saison ont prolongé. La théorie des cycles en prend un coup.
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Video credit: Eurosport
On oubliera que cette équipe a baissé de régime à l'arrivée du printemps, que même si elle a décroché la Lune elle aurait pu prétendre a encore plus, et que malgré tout ce Liverpool devrait avoir un été agité. On retiendra plutôt les sourires de Mohamed Salah et Virgil Van Dijk il y a quelques semaines, le stylo en main et l'offre de prolongation de contrat signée, ce stade heureux à en rendre jaloux et l'accomplissement d'Arne Slot à la limite de défier les mathématiques. A l'été 2024, tout indiquait que Liverpool ne compterait pas parmi les favoris en Premier League. Ce dimanche soir, les Reds se sont assuré le titre à quatre journées de la fin.
Ce succès porte surtout la patte d'Arne Slot, l'entraîneur néerlandais des Reds arrivé l'été dernier, mais aussi un peu celle de son prédécesseur Jürgen Klopp. Ensemble, parce que la transition a été gérée avec beaucoup d'altruisme par l'Allemand, les deux hommes ont prouvé quelque chose que l'Angleterre avait encore un peu du mal à saisir : 'l'homme-d'après', le successeur à un grand entraîneur de Premier League, n'est pas condamné à l'échec. Il peut briller, et gagner, dès sa première saison, sans avoir à passer par une longue transition.
Un collectif ressuscité
Cet effectif, pourtant, portait tous les traits de la fin de cycle. Ses deux stars, Salah et Van Dijk étaient en fin de contrat à la fin de la saison, une seule recrue, l'Italien Federico Chiesa, était venue renforcer un effectif qui n'avait pas bougé d'un poil, et il fallait surpasser huit ans de "Kloppisme" et la morosité qui accompagnait forcément la fermeture du plus beau chapitre des Reds au XXIè siècle. "Lorsque le coach est arrivé, il a apporté tellement de choses, a expliqué Ibrahima Konaté à Canal+. Il nous a montré tellement de choses qu'on a peut-être mal faites ces dernières années. Il nous a dit que c'étaient ces choses-là qu'il fallait changer pour gagner le titre."
L'histoire lui a donné raison et il avait visiblement visé juste. Sans avoir besoin de tout casser. On aurait pourtant pu se dire que cette équipe avait besoin de sa révolution. Que pour réussir après un coach aussi radical que Klopp, il fallait imposer un nouveau style quitte à ce que ça ne plaise pas aux historiques du vestiaire. Arne Slot a choisi de garder le squelette, d'y apporter ses quelques retouches trouvées en interne. Il a installé ses compatriotes Cody Gakpo et Rayan Gravenberch dans le onze de départ, relégué Joe Gomez et Darwin Nunez sur le banc et fait de Liverpool une équipe beaucoup plus efficace partout. Résultat : d'une équipe qui semblait prête à se déliter a resurgi un collectif ressuscité.
A David Moyes et Unai Emery, successeurs malheureux de Sir Alex Ferguson à Manchester United et d'Arsène Wenger à Arsenal, Arne Slot a opposé sa solution à la théorie des cycles : la continuité. Il a prouvé qu'un changement de coach ne signifiait pas forcément un changement de paradigme. Et que l'ombre d'un illustre prédécesseur pouvait être chassée très rapidement par la lumière d'un titre. De la révolution qu'on attendait de lui, et pour laquelle on lui laissait initialement une saison histoire de tout mettre en place, il a retiré les trois premières lettres et un an d'attente. Ce Liverpool-là est une évolution du précédent. Et c'est ce qu'il y avait de mieux à faire.
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