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La fin du Liverpool de Jürgen Klopp, triste comme celle des Beatles
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Publié 14/05/2024 à 00:38 GMT+2
Ce weekend, les victoires de Manchester City et d’Arsenal ont définitivement mis fin aux derniers espoirs de titre des Reds. C’est le triste épilogue de l’ère Klopp au Liverpool FC, longue de neuf ans (2015-2024) aussi dramatique que celui des héros de la ville, les Beatles, en 1970.
Jürgen Klopp, le futur-ex entraîneur de Liverpool, une légende des Reds
Crédit: Getty Images
Le 26 janvier 2024, l’annonce par Jürgen Klopp de son départ du Liverpool FC à la fin de la saison avait plongé la cité de la Mersey, soudain frappée de stupeur, dans une tristesse qui n’était pas sans rappeler celle qu’elle avait éprouvée lors de la séparation des Beatles en 1970. Le split des Quatre de Liverpool avait mis fin à une carrière officielle de neuf années de bonheur (de fin 1961 avec l’arrivée de Ringo Starr à 1970). Un bail comparable aux neuf saisons du coach à casquette passées sur le banc des Reds (d’octobre 2015 à mai 2024) et dont le nom rimait si bien avec Kop.
Mieux ! "Kloppo" et le Liverpool FC, c’était la poursuite d’un tropisme anglo-allemand déjà vécu par les Beatles qui, avant d’être célèbres en Angleterre, s’étaient fait les dents lors de quatre séjours dans les clubs miteux de Hambourg entre 1960 et 1962. Les "Fab Four" avaient même adapté en 1964 deux de leurs hits en allemand, "I Want To Hold Your Hand" ("Komm, gib mir deine Hand") et "She Loves You" ("Sie liebt dich").
La cause du départ de Coach Jürgen, dont le contrat courait jusqu’en juin 2026 ? L’usure physique et mentale, malgré la moisson de titres, révélée le 26 janvier dernier : "Je suis à court d’énergie. Je vais bien, mais je sais que je ne peux plus faire ce travail encore et encore et encore." On pense à la chanson de John Lennon, "I’m so tired", tirée du White Album (1968) : "I'm so tired, I haven't slept a wink. I'm so tired, my mind is on the blink…"
Avril 1970 - Avril 2024
Quoi qu’il en soit, sitôt la fin de son bail annoncée, Jürgen Klopp malgré tout combatif souhaitait finir en beauté en espérant offrir au peuple Red une extraordinaire levée de quatre titres dans les compétitions en cours : Premier League, Ligue Europa, FA Cup et Coupe de la Ligue. Et bingo ! Le 25 février, c’est ce dernier trophée cité que ses gars, dont pas mal de rookies, avaient conquis à Wembley face à Chelsea (1-0).
Le refrain beatlesien "Come together ! Right now, over me !" collait à merveille à "Kloppo", debout, bras écartés, recueillant fièrement les vivats d’un virage rouge de bonheur. Hélas ! Le 17 mars, Liverpool s’inclinait en quart de FA Cup contre Manchester United à la dernière minute de la prolongation (4-3).
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Jürgen Klopp
Crédit: Getty Images
Et après deux victoires en Premier League, une séquence encore plus noire allait dramatiquement entamer les chances des Scousers : un nul à MU (2-2) PL, le 7 avril, puis une défaite quasi éliminatoire le 11 avril à Anfield face à l’Atalanta (0-3) dans une C3 où ils figuraient parmi les favoris (1-0 seulement au retour) et enfin un revers à domicile encore, le 14 avril, face au petit Crystal Palace (1-0). Ici a commencé le chemin de croix du club et surtout de son entraîneur, sur l’air de Carry That Weight sur l’album Abbey Road (1969) : "Boy, you're gonna carry that weight. Carry that weight a long time"…
De façon étonnante, le trou d’air des Reds du mois d’avril 2024 a suivi pratiquement le même timing que celui de la séparation des Beatles en 1970. C’est le 10 avril de cette année-là que Paul Mc Cartney avait publiquement annoncé son départ des Beatles, provoquant de fait la fin officielle des Fab Four. The End, comme l’avait chanté Paulo dans Abbey Road ? Pas tout à fait. Ni pour le Liverpool FC, toujours en course pour le titre en championnat, et ni pour les Beatles, avec des productions post-séparation à venir…
La colère de Van Dijk et le clash Salah-Klopp
Mais le 24 avril, les Reds sombraient à Everton (2-0), chez le voisin honni, provoquant la colère publique de Virgil van Dijk. Le capitaine reprochant vertement à ses coéquipiers d’avoir laissé filer le titre en ne s’impliquant pas à fond. Pire ! Trois jours plus tard, vers la fin du match de la désillusion à West Ham (2-2), le ton était monté entre Mohamed Salah et Jürgen Klopp, le premier reprochant au second sur le bord de touche son entrée trop tardive. Un esclandre télévisé entre Mo et "Kloppo", les deux héros des années de gloire !
Ensemble, avec les autres Reds aussi, Liverpool était devenu N°1 mondial en 2019 (Ligue des Champions, Supercoupe UEFA et Coupe du monde des clubs), comme la Beatlemania avait tout emporté dans les sixties. Le jeu conquérant, offensif et pétillant de l’équipe de la Mersey était devenu un must et le charisme irradiant de Jürgen Klopp égalait le génie du management de Brian Epstein, le mentor des Beatles qui avait mené les Fab Four au top du Top. Et puis l’inspiration avait fini par s’étioler lors de la saison 2022-2023 et la télépathie collective des Reds (identifiable aussi chez les Beatles) s’était émoussée après toutes ces années à lutter au sommet.
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Le conflit Klopp-Salah comme symbole : "Liverpool s'effiloche devant nos yeux"
Video credit: Eurosport
La colère de Van Dijk et le clash Salah-Klopp aux moments cruciaux où le titre de champion était encore envisageable renvoient aux querelles internes qui minaient les Beatles, à l’insu des gens de Liverpool. On apprit ainsi en ce printemps 1970 que John Lennon avait en fait annoncé son départ du groupe à ses trois "coéquipiers" dès septembre 1969. Une décision qu’ils avaient ensemble souhaitée rendre publique plus tard, afin de ne pas compromettre la commercialisation de leur nouvel album à venir, Abbey Road…
Let it be...
Début mai 2024, malgré les chances encore mathématiques infimes d’être champion d’Angleterre, la galère s’est poursuivie au Liverpool FC. Sur la mélodie crépusculaire de The Long And Winding Road de Mc Cartney sorti aussi en mai 1970, le 11 : "The long and winding road. The long and winding road that leads to your door" ("La route longue et sinueuse. La route longue et sinueuse qui mène à ta porte"). Quelle porte ? Celle de la Ligue des champions 2024-2025, peut-être, puisque les Reds finiront tout de même troisièmes de PL, derrière City et Arsenal, dans le désordre. Mai 2024 aura été le triste épilogue de la fantastique aventure du Liverpool FC de Jürgen Klopp tout comme le fut mai 1970 pour les Fab Four, avec la sortie de leur dernier album officiel, Let it be, le 8, ainsi que le documentaire musical éponyme de Michael Lindsay-Hogg sorti le 20.
Liverpool recevra samedi, le 19 mai, Wolverhampton. Malgré la tristesse de leur séparation d’avec Jürgen Klopp, les Reds tenteront de finir en beauté, comme le firent aussi les Fab Four 54 ans plus tôt, quasiment jour pour jour, en délivrant leur magnifique chant du cygne, le hit céleste Let it be. Ainsi soit-il.
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