Premier League I Crystal Palace I Oliver Glasner, l'entraîneur qui monte, qui monte.... avant de quitter les Eagles ?
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 03/10/2025 à 11:52 GMT+2
Il est l’incarnation de la réussite de Crystal Palace. Oliver Glasner accomplit des miracles avec les Eagles, même s’il n’avait pas attendu de poser ses valises à Londres pour prouver ses qualités d’entraîneur. Sa réussite pourrait le pousser à quitter un club habitué à se séparer de ses meilleurs éléments. Et peut-être lui offrir le banc d’un cador de la Premier League…
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Il y a des clubs pour lesquels l'approche d'un mercato fait naître l'espoir dans le coeur de leurs fans; et il y a ceux pour qui c'est tout le contraire, Crystal Palace, par exemple.
Chaque fois, ce sont les mêmes inquiétudes. A qui le tour ? Lequel de nos joueurs allons-nous perdre cette fois-ci ? Car si Palace n'est pas au bord de la ruine, Palace est de ces clubs qui doivent vendre pour survivre, et Palace vend, ou laisse partir, et pas n'importe qui. En 2023-24, c'était le "talisman" Wilfried Zaha qui s'envolait pour la Superlig turque; en 2024-25, Michael Olise prenait la direction du Bayern; cet été, Eberechi Eze est revenu dans le club où, enfant, il avait fait ses premiers pas de footballeur : Arsenal. Et il s'en fallut d'un rien que Marc Guéhi ne s'en aille lui aussi, avant qu'un revirement de son board, à la toute dernière minute, n'empêche le défenseur central international anglais de rejoindre Liverpool.
Chaque fois, on avait craint que le vide laissé par ces départs serait fatal à un club qui, saison après saison, figure parmi les favoris pour la descente ; ou, plus exactement, "figurait". Car plus personne n'est surpris aujourd'hui de voir le club du sud de Londres survivre au-dessus de ses moyens. Lorsque Jürgen Klopp parle des "miracles" accomplis par Palace, paradoxalement, ce n'est pas pour s'en étonner ou suggérer que la chance a joué son rôle ; ces "miracles" sont devenus le quotidien des Eagles, et n'en sont plus vraiment. Le vrai "miracle" est là.
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La raison en est l'arrivée d'un entraîneur autrichien dont presque personne en Angleterre ne connaissait le nom avant qu'il remplace Roy Hodgson en février 2024, Oliver Glasner. Crystal Palace était alors quinzième du classement de la Premier League, à cinq points du premier relégable, Luton Town. Le ton fut donné dès le premier match de Glasner dans la zone technique des Eagles, une victoire 3-0 sur Burnley à Selhurst Park. Sur 39 points encore en jeu au 20 février, Palace en prit 24, clôturant son année de football avec une série de six victoires et un nul lors des sept dernières journées. Sans Zaha.
En fin de contrat en juin
Et l'année suivante, sans Olise, Palace finit avec le meilleur total de points (53) de son histoire en Premier League et remporta la FA Cup, le premier grand trophée de son histoire, à la régulière, en battant Manchester City à Wembley grâce à un but splendide d'Eberechi Eze.
Eze n'est plus là. Glasner, si. Mais pour combien de temps ? Son contrat expire le 30 juin prochain, et rien ne laisse supposer qu'il entende le prolonger de sitôt, malgré les "informations" relayées par certains médias proches de la direction du club, qui disent Glasner "satisfait", voire "heureux" dans son rôle actuel. Les Eagles, invaincus en dix-huit matches toutes compétitions confondues (un record pour le club), viennent d'infliger une première défaite de la saison au champion Liverpool, et ne sont qu'à trois points du leader après cinq journées. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.
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Le problème est qu'il n'y a pas de mercato pour les entraîneurs. N'importe quel club peut approcher n'importe quel manager à n'importe quel moment de la saison. Ruben Amorim rejoignit Manchester United le 1er novembre 2024 après que le Sporting (qui n'avait pas trop le choix) accepta un paiement compensatoire de plus de 10 millions d'euros.
Il a réussi partout
Et si Ruben Amorim devait quitter Manchester United dans un proche avenir, Oliver Glasner serait tout en haut de la liste de ses éventuels remplaçants, comme il le serait à Chelsea si, comme cela se murmure, Enzo Maresca n'avait plus la confiance de ses dirigeants. C'est bien ce qui inquiète les fans de Palace: il n'y a pas que Manchester United qui regarde du côté de Selhurst Park avec un regard de convoitises. Toute l'Europe sait ce que vaut l'entraîneur de 51 ans.
Ce qu'a accompli Glasner dans le sud de Londres, il l'a accompli ailleurs. A Linz, il a amené LASK, club de seconde division, dans l'élite. Un an plus tard, le promu disputait l'Europa League. La saison suivante, en 2018-19, LASK, second de la Buli autrichienne derrière l'intouchable RB Salzbourg, découvrait la Ligue des Champions.
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Wolfsburg le chipa alors, et n'eut pas à s'en plaindre, avec deux qualifications pour les tournois de l'UEFA, l'Europa League pour commencer, la Ligue des Champions ensuite, lors de son séjour de deux saisons. Prochaine étape, Eintracht Frankfurt, avec qui Glasner remporta la Ligue Europa, premier trophée européen du club de la Ruhr en plus de quatre décennies.
"Les rumeurs ? Je suis relax"
Ce ne sont pas que les résultats qui séduisent les propriétaires et directeurs sportifs en quête d'un nouveau boss. C'est aussi la manière dont ils ont été acquis. Comme Amorim, Glasner est un adepte du 3-4-3 (encore qu'il fit évoluer Wolfsburg en 4-2-3-1 à l'occasion), mais là s'arrête la comparaison. Palace est plus direct, plus agressif, et surtout bien mieux organisé que l'agrégat incertain que propose Amorim weekend après weekend. La preuve en est la solidité des Eagles, cinquième meilleure défense de Premier League depuis l'arrivée de Glasner.
Le manager lui-même s'est bien gardé de faire tout commentaire sur son avenir. "Je suis toutes les rumeurs - et ce ne sont que des rumeurs - de façon neutre et complètement relax" dit-il, sans s'avancer davantage. Il n'en a nul besoin. D'autres sont prêts à le faire à sa place. Simon Jordan, l'ancien propriétaire de Palace, se vanta même d'avoir recommandé Glasner à Tottenham après le limogeage d'Ange Postecoglou. "Je serais stupéfié si [Glasner] était encore manager [de Palace] à la fin de la saison", ajouta-t-il.
Il ne serait pas le seul.
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