Premier League | Michael Carrick - Roberto De Zerbi : mais qui va sauter le premier ?
Par Dulac Alix
Mis à jour 21/09/2026 à 13:54 GMT+2
Michael Carrick, l’entraîneur de Manchester United et son homologue à Tottenham, Roberto De Zerbi, sont plus que jamais sur un siège éjectable au sein de leurs clubs respectifs. Peuvent-ils résister à la trêve internationale et les reverra-t-on le 10 octobre prochain sur leur banc ?
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Pourquoi c’est chaud pour eux
C’est chaud voire même très chaud pour eux parce que le début de saison est aux antipodes de ce que Manchester United et Tottenham visait à l’origine. Que les deux coaches, Michael Carrick et Roberto De Zerbi, sont les deux principaux favoris à la sack race, la course des entraîneurs susceptibles d’être viré en cours de saison et qu’ils sont respectivement premier et deuxième selon les sites de paris. Enfin, parce que l’on parle de deux équipes qui ont été particulièrement actives sur le marché des transferts.
Fort de sa troisième place acquise l’année dernière, Manchester United a totalement remodelé son milieu de terrain, avec les arrivées de Youri Tielemans, Carlos Baleba et Andrey Santos et a dépensé pour cela 173 millions d’euros environ. Après cinq journées de Premier League, l’impact et l’apport des recrues sont moindres, MU est 12e, n’a remporté qu’un seul match en championnat (deux en comptant la Ligue des champions, face au Sabah Football Club) et semble avoir de sérieux soucis défensifs. United n’a récolté que cinq points en autant de sorties, soit l’un des pires démarrages de son histoire et le plus mauvais depuis la saison 2014-2015.
Pour De Zerbi, la pression est tout aussi grande. Après une fin d’aventure chaotique avec l’OM, le technicien italien s’est replongé dans une autre galère en retrouvant la Premier League : celle de sauver Tottenham de la relégation. Objectif atteint, qui a permis ensuite à l’ancien guide de Brighton de pouvoir réclamer des recrues et en nombre. Tonali, Mateus Fernandes, Van Hecke, Savinho, Marmoush… il a été entendu et les Spurs ont dépensé près de 412 millions d’euros pour le satisfaire. À l’arrivée, Tottenham a dû attendre la réception d’Aston Villa pour inscrire ses deux premiers buts cette saison, pour une défaite, encore, la sixième de la saison, en comptant l’élimination en Carabao Cup. Les Spurs n’ont pas remporté le moindre match cette saison et signent leur pire début de saison dans l’élite depuis 2008-2009 (deux points également après cinq matches).
Leur contrat
Arrivé le 13 janvier dernier au chevet des Red Devils, suite au départ de Ruben Amorim, Michael Carrick avait signé une deuxième partie de saison plus que prometteuse sur le banc de Manchester United. Sous son impulsion, MU a fini troisième et s’est qualifié pour la Ligue des champions. Mieux, les Diables, qui n’arrivaient plus à mettre un pied devant l’autre avec Amorim, ont retrouvé un football conquérant, en signant des victoires importantes contre les gros (Manchester City, Arsenal, Chelsea, Liverpool…). De quoi vouloir confier les clés de l’équipe à Carrick et de se projeter un peu avec lui dans l’avenir. Le technicien, venu comme intérimaire, a signé un contrat de deux ans, soit jusqu’en juin 2028.
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Soit trois ans de moins que Roberto De Zerbi. Arrivé plus tard que Carrick en Angleterre, l’entraîneur italien, qui a succédé à Igor Tudor en mars, a été dragué par les dirigeants des Spurs, qui n’ont pas hésité à lui faire un pont d’or pour venir les sortir de la galère. Contrat de cinq ans donc, avec un salaire, selon la presse anglaise, estimé à 10 millions d’euros par an et des primes pouvant monter jusqu’à 5 millions d’euros. Un licenciement de l’ancien entraîneur de l’OM coûterait 60 millions d’euros environ à la direction de Tottenham. Forcément, cela mérite réflexion au moment d’appuyer sur le bouton rouge.
Leur avis sur la situation
S’ils sont dans le même bateau, Michael Carrick et Roberto De Zerbi n’ont pas du tout la même approche ni la même lecture de leur situation auprès des médias. Le premier, probablement sauvé par un but en fin de match de Mateus Cunha à Fulham dimanche (1-1) veut rester positif et refuse de céder à la sinistrose.
”La saison est encore longue, a notamment rappelé Carrick dans les travées de Craven Cottage. C'est une longue saison et il y aura des hauts et des bas. Cela fait partie du parcours. Ce n'est pas un sprint, c'est un effort de longue haleine. Je ne minimise pas la situation, vous savez. Nous voulions plus de points, donc je ne dis pas que tout va bien. Je comprends la frustration. Nous voulions faire mieux et accomplir d'autres choses. Mais le découragement n'est certainement pas ce qui règne au sein du club et du groupe. Les joueurs n'ont pas affiché ce sentiment sur le terrain aujourd'hui et c'est ce qui nous permettra sans aucun doute de traverser la saison.” À condition d’être encore là pour la vivre.
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La stratégie de défense n’est pas la même du côté de l’Italien. Non, De Zerbi n’a pas l’intention de porter seul le chapeau du fiasco Tottenham en ce début de saison. Et il l’a encore bien fait savoir samedi, après ce qui aurait pu être une terrible débâcle à domicile devant Aston Villa (défaite 3-2, après avoir été mené 3-0 à la 79e minute).
"Nous devons défendre de manière compacte. Les leaders doivent être des leaders et doivent guider l'équipe, lâchait notamment De Zerbi après la défaite contre les Villans. Je n'ai pas aimé la performance de Mateus (Fernandes) aujourd'hui. Nous avons besoin qu'il donne plus. Les joueurs qui vont en sélection doivent jouer et travailler. Les autres joueurs comme Maddison, Gallagher, Solanke, Tosin (Adarabioyo), Senesi, Savio, ils doivent travailler davantage. Parce que la condition physique, je ne l'ai pas appréciée, même dans ce match". Une donne qui est largement imputable à son staff et à lui, également. Ce qui est certain, c’est que ni lui ni Carrick ne sont démissionnaires avant la trêve internationale.
L’opinion de la presse anglaise
Depuis le début de la saison, les anciens de Manchester United ne se gênent pas pour critiquer Michael Carrick, Gary Neville en tête. L’ancien capitaine des Red Devils n’a pas hésité à évoquer les "15 pires minutes" qu’il ait jamais vu jouer par MU au moment du but contre son camp de Lisandro Martinez.
Il a même employé le mot "pathétique" pour décrire le nul contre Fulham (1-1) et la situation actuelle de l’équipe au classement (12e de Premier League) et demande à Carrick d'"arrêter de défendre ses joueurs". Et on l’a dit plus haut, c’est le nom du coach de MU qui figure en tête de liste de la sack race, devant Roberto De Zerbi et… Pierre Sage, pas au mieux non plus sur le banc de Crystal Palace.
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Ce dernier a déclenché une véritable "tempête" en fustigeant publiquement ses joueurs samedi, selon la presse anglaise, qui suppose un retour de bâton au sein du vestiaire. The Athletic estime même que la direction des Spurs commence déjà à se poser des questions sur son avenir, alors que l’idée était de construire pourtant avec lui. Rien ne garantit qu'il survive à la trêve, tout comme Carrick, même si la réaction d'orgueil de ses joueurs contre Villa l'a probablement sauvé. Une chose est sûre, la date du 10 octobre sera déterminante pour les deux coaches. Manchester United reçoit Tottenham à 18h30 et il est d'ores et déjà certain qu'un des deux y laissera des plumes et sa place. Oui, mais qui ?
Notre avis
Si Carrick est le favori des bookmakers à la Sack Race et s'il sera le moins coûteux des deux à licencier, Roberto De Zerbi est pourtant celui qui a le plus de pression sur ses épaules. Son équipe va passer les trois prochaines semaines à la dernière place du championnat, une hérésie compte tenu du recrutement XXL opéré cet été. Son attitude et sa communication sont également très agressives et à double tranchant, surtout si ses joueurs se braquent face à son management. Carrick, lui, a beaucoup moins de vécu sur un banc, l'excuse du manque d'expérience donc et la Coupe d'Europe pour ne pas noircir totalement le tableau.
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