"On allait dans le mur"

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Sans langue de bois, Willy Sagnol se montre très réservé après la qualification de l'équipe de France. Le défenseur du Bayern estime que les Bleus ne seraient pas là aujourd'hui sans le retour des anciens et en profite pour régler ses comptes. Mais l'esse

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WILLY SAGNOL, qu'as-tu ressenti au coup de sifflet final avec la qualification en poche ?
W.S. : De la satisfaction... C'est un objectif parmi d'autres. Mon objectif, ça n'est pas d'aller à la Coupe du monde, c'est de la réussir. Ça passe par des qualifications. Mais on ne peut pas se contenter de dire : "Super, on est en Allemagne !". OK on a fait le travail mais je n'ai pas envie d'être satisfait aujourd'hui et d'arriver à la Coupe du monde pour ne pas passer le premier tour.
Il n'y pas plus de joie que ça ?
W.S. : Sur un plan personnel, je ne peux pas ressentir de la joie. J'ai la satisfaction d'avoir réussi à atteindre nos objectifs. Mais la joie, ce sera dans les prochaines semaines lorsqu'on verra le tirage au sort des barrages en se disant qu'on n'y est pas. Elle sera complète lorsque l'on sera en Allemagne pour disputer la Coupe du monde et faire un bon parcours.
Comment éviter de se faire éliminer dès le premier tour comme en 2002 ?
W.S. : Il faut travailler. Il n'y a que par le travail qu'on y arrivera. On a vu que, en cas de victoire de la Suisse 1-0 ou 2-1, il aurait fallu mettre beaucoup de buts alors qu'on aurait déjà pu les mettre contres les Féroé. Moi, j'avais été très énervé de l'attitude. On peut toujours rater des buts, ça arrive tout le monde. Mais rater des buts par manque d'envie ou de concentration, je n'aime pas. Face à Chypre, l'attitude a été très bonne en première mi-temps. On a beaucoup donné et on l'a payé en seconde période mais on a su rester assez bien organisé.
Le nombre d'occasions manquées face à Chypre t'a inquiété ?
W.S. : Comme je le disais, on peut toujours manquer des occasions. Sur l'envie et la motivation, il n'y a rien à redire. Au contraire, on ne s'est pas énervés. On n'a pas essayé de jouer plus vite que la musique. Finalement, on a réussi à marquer quatre buts, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. On sera en Allemagne l'été prochain. Pour moi, comme pour tout le monde, c'était le plus important.
Est-ce que ce parcours difficile peut vous permettre de mieux préparer le Mondial ?
W.S. : Quand pratiquement 50 % d'une équipe prend sa retraite, c'est difficile de repartir sur de bonnes bases. Par manque d'envie ou de motivation, je ne sais pas. Mais on a vu qu'il n'y avait plus de petites équipes et que ça pouvait être très facile de rentrer dans le rang. On a vu aussi que certaines petites phrases malheureuses comme : "l'équipe de France ne se construit pas à Londres ou à Madrid" ne nous avait pas mené à grand chose finalement.
Tu as été énervé par ces remarques ?
W.S. : Dans le groupe, il y a de la sérénité. Ce sont les gens autour de nous. Je n'ai pas à citer de noms mais il y a certaines personnes qui auraient pu attendre la qualification ou l'élimination avant de parler (Frédéric Thiriez, ndlr). Ces personnes là, j'espère qu'elles se lèveront demain matin en se disant qu'elles avaient peut-être parlé un petit peu vite et surtout que ça n'était pas pour le bien de l'équipe de France. Mercredi soir, il y en avait un qui avait l'air content mais il a peut-être oublié un peu trop vite ce qu'il avait dit il y a quelques mois.
As-tu songé à un moment à l'élimination ?
W.S. : Oui, j'y ai pensé avant le retour des trois anciens. Si on m'avait interrogé à ce moment là, j'aurais dit que c'était compromis.
Tu penses donc que la France ne se serait jamais qualifiée sans les retours de Zidane, Thuram et Makelele ?
W.S. : Je n'ai pas trop envie de développer mais oui. Le retour des trois anciens nous a fait du bien par la force qu'ils dégagent. Sans eux, très certainement qu'on ne serait pas là aujourd'hui. On a voulu faire de cette équipe de France une équipe à connotation Ligue 1. Je ne sais pas si c'est pour des raisons financières, d'images ou de sponsors. Et on a vu que c'était le mur qui se profilait à l'horizon. Je suis heureux qu'on ait démontré que, à 34 ans, on n'est pas encore fini contrairement à ce qu'on semble penser en France, malheureusement.
Que penses-tu des rumeurs qui circulent sur le départ de Lilian Thuram et le maintien de Raymond Domenech ?
W.S. : En ce qui concerne Lilian Thuram, je n'en ai pas discuté directement avec lui. Je pense qu'il est assez grand pour savoir ce qu'il veut et ce qu'il peut faire. Et surtout, ce sera à lui de le dire et pas quelqu'un d'autre. Pour Raymond Domenech, je n'ai pas à dire si c'est bien ou mal. C'est logique. Il a amené l'équipe à la qualification. C'est logique qu'on aille avec lui à la Coupe du monde.
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