Qualifications Coupe du monde 2026 - Angleterre - Jude Bellingham, anomalie temporaire ou vraie ambiguïté ?

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Non retenu par Thomas Tuchel pour le rassemblement d’octobre avec l’Angleterre, Jude Bellingham, qui a progressivement retrouvé les terrains après sa blessure à l’épaule en juillet dernier, est un vrai sujet dans les colonnes de la presse anglaise. Le retour du milieu de terrain, qui tarde par ailleurs à retrouver sa place dans le onze de Xabi Alonso, n’est-il vraiment qu’une question de temps ?

Thomas Tuchel et Jude Bellingham

Crédit: Getty Images

Quarante-quatre sélections, six buts, deux Euros et une Coupe du monde disputés. A 22 ans, Jude Bellingham dispose déjà d’un sacré bagage avec les Three Lions, dont il avait découvert la sélection A à 17 ans, un soir de novembre 2020. Mais cinq ans plus tard, le milieu de terrain anglais est absent pour un deuxième rassemblement de suite, ce qui ne lui était jamais arrivé jusque-là.
En septembre, il n’y avait pas débat : il venait à peine de se faire opérer de l’épaule gauche, victime d’une luxation récurrente qui l’avait gêné durant plus d’un an et demi. En octobre, un peu plus, puisque le joueur du Real Madrid avait refoulé cinq fois les pelouses avec les Merengue depuis le 20 septembre. Pourtant, pas de place pour lui dans la liste de Tuchel.
"Je comprends que votre attention soit sur Jude, concédait l’Allemand au moment de justifier sa liste. C'est un joueur très spécial, et pour les joueurs spéciaux, il y a des règles particulières. Mais pour ce stage, nous avons décidé de maintenir notre décision de reprendre la même équipe, et cela s'applique également à Jude. Il mérite toujours d'être présent. Il y a aussi le fait qu'il n'a pas encore trouvé son rythme de croisière avec le Real Madrid. On s'est parlé au téléphone. Il n'y a aucun problème de ce côté-là, il manque juste de rythme."
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Jude Bellingham

Crédit: Getty Images

Qui a besoin de Jude ?
Ce qui peut facilement s’expliquer car derrière ces cinq matches depuis son retour, il n’y a qu’une titularisation, celle de la lourde défaite du Real dans le derby contre l’Atlético (5-2), pour 129 minutes de jeu au total. "J’ai parlé à Jude, Tuchel lui en a parlé, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il revienne en équipe nationale. Et avec nous aussi, après sa blessure, Jude se remet lentement et est impatient de jouer", résumait ainsi son coach à Madrid, Xabi Alonso.
Mais la situation n’est pas si limpide aux yeux des tabloïds anglais. "Qui a besoin de Jude ?", titrait le Daily Mail après la victoire de l’Angleterre contre le Pays de Galles jeudi dernier (3-0). "Comment ignorer un joueur qui, à l'approche d'un désastre, peut maintenir son équipe en lice dans un tournoi d'un retourné acrobatique à la dernière minute ? La réponse réside dans une vision plus globale ; il faut se rappeler que Bellingham jouait souvent son propre jeu lors de l'Euro 2024", analyse The Guardian de son côté.
Et c’est bien le cœur des interrogations de l’autre côté de la Manche : Bellingham peut-il se fondre dans le cadre collectif imposé par Thomas Tuchel ? Depuis juin dernier et un coup de sang du milieu de terrain après une défaite en amical contre le Sénégal (3-1) – un violent coup de pied dans une bouteille en quittant la pelouse -, la question se pose avec plus d’insistance. "Il apporte un avantage mais celui-ci doit être canalisé vers l'adversaire, vers notre objectif, et non pas pour intimider ses coéquipiers, ni pour se montrer trop agressif envers eux ou les arbitres", lâchait ainsi Tuchel sur Talk SPORT.
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🖕 Bellingham apprécie moyennement de se faire chambrer

Video credit: Eurosport

Nous n'associons pas les joueurs les plus talentueux, nous construisons une équipe
Le débat dépasse d’ailleurs le seul cas de Bellingham. Phil Foden, qui joue de nouveau beaucoup à Manchester City, Jack Grealish, complètement relancé à Everton ou encore le jeune Adam Wharton, dont la cote explose en Premier League, sont aussi restés à quai en octobre. "Je viens de voir un documentaire sur les New England Patriots et il y avait cette phrase : nous n'associons pas les joueurs les plus talentueux, nous construisons une équipe. Je suis tout à fait d'accord. C'est exactement ce que nous essayons de faire, ajoutait ainsi Tuchel. Y a-t-il des joueurs qui méritent d'être avec nous ? Oui, sans aucun doute. Y a-t-il un moyen de réintégrer l'équipe grâce à leurs performances ? À 100 %".
Mais le seul CV ne suffira plus, on l’a bien compris. Depuis ce fameux revers face au Sénégal, l’Angleterre a enchaîné trois victoires dans le cadre des qualifications pour le Mondial, marquant dix fois sans prendre de but. Avec le besogneux Elliot Anderson titulaire dans l’entrejeu à chaque fois. Et Morgan Rogers, buteur contre le Pays de Galles, à la place de Bellingham lors des deux dernières rencontres. En sélection comme au Real, où Arda Güler comme Franco Mastantuono se sont fait des places de choix, ce qui est aussi un vrai sujet à Madrid, rien ne ressemblera à une formalité pour Jude Bellingham dans les semaines à venir. Quel que soit son CV, quel que soit son passé.
 
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