Coupe du monde 2026 I Après Bosnie-Herzégovine-Italie (1-1, 1-4 t.a.b.) I "Après le match, j'ai pleuré" : Donnarumma ne méritait pas ça
Eurosport sur GoogleGianluigi Donnarumma devra encore attendre quatre ans. Au moins. Alors que le gardien italien a disputé son premier match professionnel en 2015, à l'âge de 16 ans et 242 jours, il n'a pourtant toujours pas joué la moindre Coupe du monde plus d'une décennie plus tard avec sa sélection. Lui le mériterait, pourtant. Bien plus que les autres.
Gattuso : "Ça fait vraiment mal"
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Pour lui, il n'y avait aucun doute. Cette fois, c'était la bonne. Dans la tête de Gianluigi Donnarumma, l'idée que l'Italie ne dispute pas la prochaine Coupe du monde n'a jamais existé. Pas même une seconde. La possibilité avait beau exister, il était comme inconcevable, pour le capitaine du navire italien, qu'il sombre de nouveau à l'aube de voir l'Amérique et revoir le monde. Et pourtant... Après s'être fracassé contre la Suède en 2017, puis la Macédoine du Nord en 2022, il a de nouveau été coulé lors des barrages à la Coupe du monde, cette fois par la Bosnie-Herzégovine (1-1, 4-1 t.a.b) au stade Bilino-Polje de Zénica.
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Pour "Gigio", l'épilogue est d'autant plus cruel que lui s'imaginait déjà disputer, enfin, son premier Mondial l'été prochain. Un peu comme tous ses coéquipiers, d'ailleurs, puisqu'aucun des onze joueurs alignés mardi soir par le sélectionneur Gennaro Gattuso ne comptait la moindre minute dans la compétition. Contrairement à deux Bosniens : Edin Dzeko et Sead Kolasinac.
Le seul rescapé de 2017
"Nous sentons les attentes de tout un pays derrière nous, et nous avons le devoir d'entrer sur le terrain en donnant tout, avec la sérénité qu'il faut mais aussi la bonne intensité. Ils vont jouer à 100 à l'heure et nous devrons être sur le même rythme", avait prévenu le gardien de Manchester City lundi en conférence de presse à la veille du match. Il ne pensait probablement pas au cauchemar qui l'attendrait lui et ses coéquipiers le lendemain.
Comme souvent, Donnarumma a pourtant longtemps repoussé l'échéance en multipliant les arrêts sur sa ligne et en donnant de la voix pour remobiliser son équipe, réduite à dix en fin de première mi-temps. Alors oui, ses relances au pied ont comme souvent été approximatives, et ses six mètres ont terriblement peiné à passer la ligne médiane, comme sur l'action fatale qui a mené tout droit à l'exclusion fatale d'Alessandro Bastoni.
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Gigio Donnarumma à terre après Bosnie-Italie
Crédit: Getty Images
Sa trop grande nervosité, une mauvaise habitude qu'il ferait bien de corriger, lui a également joué des tours. Que ce soit après le premier penalty bosnien marqué lors de la séance de tirs au but, le portier de Manchester City reprochant à son compère bosnien de lui avoir chipé sa fiche de notes concernant les tireurs. Puis une fois le dernier concédé, point final d'une soirée trop amère pour lui.
Ses proches vous diraient, pour le justifier, que son attachement à sa sélection, dont il est l'un des tauliers, est très puissant. Seul rescapé du barrage contre la Suède, en novembre 2017, lorsqu'il ne s'asseyait alors que sur le banc, et pas vraiment irréprochable cinq ans plus tard sur le but de la Macédoine du Nord, l'ancien Milanais savait plus que quiconque la douleur de non pas un barrage perdu, mais deux. Et maintenant trois....
Toutefois, la performance de celui qui est considéré comme le seul "fuoriclasse" de cette équipe et qui, à 27 ans et 1 mois, est devenu jeudi dernier face à l'Irlande du Nord (2-0) le plus jeune joueur de l'histoire de sa sélection à atteindre les 80 sélections, devançant Paolo Maldini, Daniele De Rossi, Gigi Buffon et Fabio Cannavaro, s'il vous plaît, a été globalement saluée par la presse transalpine mercredi.
Donnarumma veut ramener l'Italie où "elle mérite d'être"
"À chaque fois que les Bosniens cherchent le bonheur, ils se sont heurtés à un mur (...) On a vu et entendu Donnarumma. Dommage pour la trop grande nervosité, les erreurs au pied et la séance de penalties" pendant laquelle il n'en a pas arrêté un seul, contrairement à son habitude, pouvait-on lire dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport, attribuant au gardien la meilleure note de son équipe : 6,5. Pas vraiment de quoi le consoler, lui qui a eu un mal fou à quitter la pelouse du stade Bilino-Polje mardi soir.
Rentré dans la nuit en Italie aux côtés de tous ses coéquipiers, le héros de l'Euro 2021, en chef de file de la délégation italienne, avait le regard bas et la mine déconfite. Il se demandait, peut-être, s'il aurait imaginé une telle destinée lorsqu'il a disputé son premier match chez les pros avec l'AC Milan, un dimanche d'octobre 2015, à seulement 16 ans et 242 jours. Il en a aujourd'hui 27, et son CV, déjà bien fourni, d'autant plus avec sa récente victoire de la Ligue des champions sous le maillot du PSG, ne comptera toujours pas le moindre match de Coupe du monde lorsqu'il sera dans l'année de ses 31 printemps. Une anomalie qu'il aurait tout fait pour corriger.
"Hier soir, après le match, j'ai pleuré, a reconnu le gardien de Manchester City dans un long message sur ses réseaux sociaux. J'ai pleuré, déçu de ne pas être parvenu à porter l'Italie où elle mérite d'être. J'ai pleuré, pour l'énorme tristesse que je ressens, avec mes coéquipiers dont je suis très fier d'être le capitaine. Après une telle désillusion, il faut trouver le courage de tourner la page, encore une fois, et pour cela il faut beaucoup de force, de passion et de conviction."
Combattif malgré l'énorme déception, Donnarumma n'a pas voulu manquer à son rôle de capitale et leader. Il l'a fait en coulisses, avec plusieurs mots pour consoler ses coéquipiers. Il l'a fait ensuite en public, persuadé que son moment viendra à lui aussi. "Y croire toujours, c'est le moteur pour aller de l'avant. Parce que la vie sait récompenser ceux qui donnent tout, sans se ménager. Et c'est de là que nous devons repartir. Ensemble. Encore une fois. Pour ramener l'Italie là où elle mérite d'être", a-t-il conclu. "Gigio", lui, aurait mérité de voir les États-Unis.
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Bosnie-Herzégovine gagne aux tirs au but 4-1
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