Makelele : "Je serai là"

Aux anges après avoir appris la qualification de l'équipe de France, Claude Makelele a annoncé qu'il espère participer à l'Euro 2008. A 34 ans, le milieu de terrain français de Chelsea revient sur le parcours des Bleus, les jeunes français, sa situation e

Eurosport

Crédit: Eurosport

CLAUDE MAKELELE, grâce à la victoire de l'Italie en Ecosse, vous avez votre qualification pour l'Euro en poche. Quel est votre sentiment ?
C.M. : C'est vraiment une bonne nouvelle avant ce déplacement en Ukraine qui s'annonçait délicat. On est tous heureux d'être qualifiés. Les Italiens nous ont permis d'être plus sereins. Mais cela ne change rien à notre projet. Tant mieux si nous avons notre billet en main avant mais nous avons fait un parcours assez correct. En fait, c'est normal. Il nous manque juste encore la capacité que possède l'Italie de gagner les matches quand il le faut. Il y a 8 ou 9 ans, la France l'avait. Si nous réussissons à acquérir de nouveau cette force nous serions vraiment très durs à battre.
Quel bilan tirez-vous de cette campagne de qualification ?
C.M. : Pour moi, c'est très positif. Un super groupe a pris forme. Après avoir perdu six points contre l'Ecosse, nous étions dans une situation délicate. Mais nous avons su forcer notre caractère pour aller chercher cette qualification à l'extérieur. Tout le mérite revient au groupe qui a su faire preuve de sérieux et d'efficacité. Et je le répète, ça aurait un gâchis que cette équipe manque une telle compétition.
Au niveau personnel, serez-vous à l'Euro ?
C.M. : Maintenant qu'on est qualifié: oui, je serai là. Enfin, je l'espère. Si j'arrive à faire une bonne saison avec mon club et arriver assez frais. Notamment sans blessure pour être en forme.
Justement, vous avez joué moins de dix matches avec Chelsea depuis le début de la saison. Est-ce que c'est un rythme qui vous suffit pour être au sommet de votre forme à l'Euro ?
C.M. : C'est un accord que j'ai avec mon entraîneur. Comme je me connais parfaitement, nous avons discuté pour se mettre d'accord et me permettre d'apporter le plus possible. Nous avons un groupe assez étoffé. Dans les matches importants, il a besoin de moi donc je joue mais dans les rencontres plus abordables, il fait tourner. Ça me convient très bien car je peux me reposer. C'est le rythme parfait pour moi.
Vous voulez aujourd'hui participer à l'Euro pourtant à une certaine époque vous aviez dit que vous qualifieriez la France pour l'Euro et après que vous arrêteriez...
C.M. : Les choses ont changé. Je suis arrivé à un point où ce n'est que du bonus. Depuis le Mondial, j'ai vraiment été content du parcours qu'on a fait. J'ai changé parce que j'en ai discuté avec le sélectionneur et que j'ai pris un peu plus de recul. Et, comme je l'ai toujours dit: l'équipe de France m'apporte énormément depuis ces cinq dernières années et pourquoi s'arrêter là? Toutefois une chose est sûre : ce sera ma dernière grande compétition.
Justement, Raymond Domenech envisage l'Euro comme une préparation au Mondial 2010. Qu'en pensez-vous ?
C.M. : Quand on dispute une telle épreuve, on y va pour aller le plus loin possible. L'équipe de France peut prétendre aller au moins en demi-finale. Avec cette qualification acquise, nos jeunes coéquipiers vont être encore plus ambitieux et tout faire pour faire aussi bien qu'au Mondial. Je l'espère en tout cas. Nous avons une excellente génération mélangée avec quatre ou six anciens pour les guider. C'est idéal. On a vraiment l'opportunité de faire quelque chose. L'objectif est clair : c'est la finale. Il faut être ambitieux.
Selon vous, y-a-t-il une rencontre lors des qualifications qui a permis à l'équipe de se construire...
C.M. : C'est clairement le match aux Iles Féroé. Les conditions ont permis au groupe de s'affirmer. L'équipe a été très compétitive, très sûre d'elle malgré les péripéties rencontrées. Tout le monde voulait gagner. Ramener ses trois points pour aller à l'Euro. Résultat personne ne s'est plaint et a fait son job. J'ai vu des jeunes avoir une attitude de combattants, se comporter comme de grands joueurs. Cela promet pour l'Euro et ça donne vraiment envie d'aller plus loin avec eux.
Vous avez connu l'échec de l'Euro 2004, quelles sont les erreurs à éviter pour ne pas revivre un tel fiasco ?
C.M. : Avec le recul, nous avons déjà modifié pas mal de choses. Au Mondial, nous avons déjà vu des évolutions. Nous avons su être efficaces quand il le fallait. Ce sera pareil en Suisse et en Autriche. Dès le départ, il faudra imposer notre style de jeu et surtout être solides. Dans ce genre de compétition, il faut être disciplinés tactiquement, être solides défensivement pour aller le plus loin possible.
A l'Euro, le niveau est beaucoup plus resserré que lors d'une Coupe du monde, est-ce que la préparation doit être différente?
C.M. : C'est sûr car dès le premier match, il faudra être prêt. Le parcours que l'on fera dans cette compétition dépendra beaucoup de notre entrée en matière. On a pris l'habitude de mal commencer, il faudra remédier à ça. Je le répète mais il faut que l'on apprenne à gagner quand il le faut.
Etant déjà qualifiés, le déplacement en Ukraine se transforme-t-il en match de préparation pour l'Euro ?
C.M. : Oui. Surtout que ça va rester un match dans un contexte particulier. Les Ukrainiens voulaient nous éliminer. Maintenant, ils vont vouloir nous battre pour montrer qu'ils avaient le niveau d'aller à l'Euro. Ca va être une rencontre intéressante. Plus qu'un match amical. Nous allons tenter d'aller là-bas pour ne pas perdre et ramener un résultat positif. C'est une bonne préparation.
Enfin, est-ce que vous envisagez d'arrêter à la fin de la saison ?
C.M. : On fera un point après l'Euro. Ca dépendra de mon envie, de mon énergie. Physiquement, dans les grands clubs, il faut toujours être disponible. Tant que l'envie est là, j'essayerai d'aller le plus loin possible. On verra. Pour l'instant, je suis bien à Chelsea.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité