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Objectif 2010
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Publié 18/11/2007 à 15:30 GMT+1
Qualifiés pour l'Euro 2008, les Bleus ne cachent pas leur soulagement alors qu'ils auraient pu disputer un match décisif en Ukraine. Mais Raymond Domenech voit plus loin et a déjà fixé l'objecif en Suisse et en Autriche : préparer la Coupe du monde 2010.
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Pour une fois, Raymond Domenech n'a pas eu raison. Après avoir donné rendez-vous aux Bleus le 9 juillet 2006 à Berlin en finale de la Coupe du monde, le sélectionneur répétait depuis le début des éliminatoires que tout se jouerait en Ukraine le 21 novembre 2007. Mais le déplacement à Kiev ne sera pas finalement décisif. Merci l'Italie ! Et ce ne sont pas les Français qui s'en plaindront. "On se préparait à jouer un match important en Ukraine. Une qualification c'est très long, on est très heureux. Les Italiens ne nous ont pas épargnés en attendant les arrêts de jeu pour le faire. Ça n'a pas été simple. Je me disais, le coach va encore avoir raison. Il nous tannait avec son match nul", s'est montré soulagé Mickaël Landreau qui a désobéi à Domenech et regardé le match lors d'un quartier libre à Clairefontaine. "C'était un groupe pas simple, avec les Ukrainiens qu'il ne faut pas oublier".
Du côté de la Fédération Française, on ne cache pas non plus son soulagement après le coup de pouce de Christian Panucci à Hampden Park. Car le déplacement en Ukraine n'avait rien d'évident. "C'est bien d'être qualifiés avant d'aller en Ukraine, car on ne sait jamais ce qui peut se passer quand ça se joue sur un dernier match. Mercredi, ce sera peut-être le dernier match d'Oleg Blokhine (sélectionneur de l'Ukraine). Ses joueurs auraient voulu faire un résultat contre la France", souligne ainsi le DTN Gérard Houiller. "Ça a été terrible jusqu'à la 92eme minute. J'ai un sentiment de joie. J'avais peur que notre équipe soit frustrée, qu'elle aille jouer à la roulette ukrainienne la qualification dans des conditions difficiles", avoue de son côté le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes.
"Un grand bravo à Domenech"
Pour Domenech, sur la sellette après son doublé échec face à l'Ecosse, l'heure est donc aux félicitations. "Encore un grand bravo à Raymond Domenech ! Ca fait deux campagnes qualificatives réussies pour lui (Mondial 2006 et Euro 2008)" , applaudit Houllier, ancien entraîneur de Lyon, qui a parfois eu maille à partir avec le patron des Bleus. Mais il faut reconnaître que la tache était loin d'être évidente pour une équipe en reconstruction opposée à l'Italie ou l'Ukraine. "Ce n'était pas simple après une finale de Coupe du monde, le départ de Zizou, il fallait confirmer. C'est super d'être qualifié", rappelle Landreau. Mais l'équipe de France a su retenir ses anciens pour conduire sa mission à bien. "Avec le potentiel que nous avons, nous avons réussi à amalgamer deux générations et une troisième pointe son nez. L'expérience qu'ont acquis les Abidal, Malouda, Ribéry en Allemagne, j'espère que les Ben Arfa, Benzema, Nasri arriveront à l'acquérir en Suisse et en Autriche" , espère désormais Jean-Pierre Escalettes.
Car, la qualification en poche, les cadres du football français sont déjà tournés vers l'avenir. La préparation de l'Euro débute aujourd'hui. "Nous avons peu de matchs avant le championnat d'Europe pour voir plusieurs joueurs, a encore expliqué Houllier sur RTL. En cas de blessures, de méforme, il doit faire une revue d'effectif". Au programme des Tricolores se profilent notamment des matches amicaux contre l'Espagne, l'Angleterre et la Roumanie. Raymond Domenech aurait pourtant préféré préparer la compétition en disputant une finale face à l'Ukraine. "J'avais envie d'avoir raison pour l'Ukraine, d'avoir besoin de faire un match décisif en Ukraine, a-t-il regretté. Je regrette que ça ne soit pas un match décisif, un match couperet pour toute une génération, un match où on peut disparaître: tout ça, ça forge une génération."
Un tremplin
Mais, alors que l'on s'attendait à voir le sélectionneur fixer rendez-vous au 29 juin 2008, date de la finale à Vienne, il a une nouvelle fois pris tout le monde à contre-pied en évoquant... 2010. "On a une équipe qui est en maturation, qui est en train de se construire, de se renouveler, il n'y a pas une génération suffisamment mûre pour qu'on soit favoris. On a une équipe en mutation", explique-t-il, refusant l'étiquette de favori. L'Euro 2008 doit donc servir de tremplin pour le Mondial 2010, à l'image de ce qu'Aimé Jacquet avait accompli lors de l'Euro 1996. C'est d'ailleurs pour cela que Thuram et Makelele seront toujours là l'été prochain en Autriche et en Suisse. Afin de transmettre le flambeau. "Sans problème et en plus j'y tiens. Pour moi c'est indispensable que les cadres soient présents et solides. Ils seront là parce qu'ils amènent plus que ce qui se passe sur le terrain", a déjà assuré Domenech qui est le mieux placé pour savoir que c'est aussi le meilleur moyen d'enlever toute pression à ses troupes.
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