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L'Espagne cherche défenseur central désespérément
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Publié 08/10/2015 à 22:18 GMT+2
QUALIFICATIONS EURO 2016 - L'Espagne a développé la culture des latéraux et des milieux à outrance. Elle se retrouve sans relève fiable en défense centrale. Une tendance qui se confirme chez les U21 et qui pourrait s'avérer gravissime dans les années à venir, d'autant plus que la Liga préfère recruter à ce poste des joueurs étrangers, laissant peu de place à sa jeunesse pour éclore.
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Combien de joueurs espagnols formés au poste de défenseur central sont titulaires dans un top club depuis plusieurs années ? Réponse : un seul, Gerard Piqué. Depuis près d'une décennie, la Roja est habituée à recentrer ses joueurs pour qu'ils évoluent dans l'axe. Titulaire en charnière lors de l'Euro 2008, Carlos Marchena a longtemps oscillé entre la défense et le milieu ; Sergio Ramos a démarré comme latéral droit avant de devenir le successeur de Carles Puyol qui a également démarré sa carrière sur ce côté.
Le problème n'est donc pas récent. Certes, avec l'âge, les milieux et les latéraux ont tendance à se replacer dans l'axe de la défense, à l'instar de Fernando Hierro, formé milieu. Mais tout de même, l'absence d'un joueur émergent susceptible de concurrencer la charnière Ramos-Piqué se fait cruellement ressentir. La cascade de forfait en défense centrale met en lumière les failles espagnoles dans ce secteur de jeu. Quelques jours avant Espagne-Slovaquie en septembre dernier, Marca avait décelé les soucis à venir pour la Seleccion avec un titre alarmiste : "on cherche des centraux."
Derrière la charnière Ramos-Piqué, le secteur est en friche. VDB racle les fonds de tiroir avec des joueurs qui soit évoluent peu en club (Marc Bartra au Barça, Nacho au Real Madrid, Xabier Etxeita à l'Athletic Bilbao), soit dans des équipes de moindre envergure (Iñigo Martinez à la Real Sociedad , blessé et forfait), soit à un poste qui n'est pas le leur (Mikel San José, milieu défensif à l'Athletic).
Ramos (29 ans) et Piqué (28 ans) ne sont pas éternels. Ils approchent de la trentaine et la Coupe du Monde 2018 pourrait être leur dernière compétition internationale, à moins que le trou générationnel ne les pousse à prolonger jusqu'en 2020. Une possibilité qui paraît plus plausible pour Ramos que pour Piqué, guère en odeur de sainteté de l'autre côté des Pyrénées et bien trop irrégulier en comparaison du capitaine du Real Madrid. Et puis, d'ici là, si ça se trouve, la Catalogne sera indépendante... Ainsi, lors de la précédente fenêtre internationale, VDB n'avait convoqué que 3 centraux de formation (Ramos, Piqué, Bartra). En cas de pépin, c'est César Azpilicueta qui aurait dû glisser. Une solution qui ne peut pas en être une pour une telle nation. Sergio Busquets a déjà joué à ce poste avec le Barça mais sa présence est indispensable au milieu.
Quel avenir pour la relève en Liga ?
Des latéraux tant que vous voulez, à ne plus savoir qu'en faire. César Azpilicueta, Jordi Alba, Juan Bernat, José Gaya, Dani Carvajal, Juanfran, Mario Gaspar, Javier Manquillo, Hector Bellerin : jusqu'en 2025 voire 2030, l'Espagne n'a pas de soucis à se faire sur les côtés de sa défense. En revanche, pour ce qui est de son axe, la situation n'inspire guère d'optimisme. Et il faudra attendre encore quelques années pour retrouver le sourire car la situation est la même, voire pire, chez les U21. Contre la Macédoine en septembre, Albert Celades a utilisé une charnière Duarte-Jonny, deux latéraux. Il a dû surclasser Jesus Vallego (18 ans) et Jorge Meré (19 ans) pour disposer de centraux de métier. Ils étaient d'ailleurs titulaires contre la Géorgie mercredi (victoire 5-2).
Les deux joueurs sont scrutés de près, dans l'attente de leur éclosion au plus haut niveau. Vallego a été recruté par le Real Madrid lors du dernier mercato pour 6 ans et une indemnité estimée à 6 millions d'euros. Il a été prêté dans la foulée à Saragosse (2e division), son club formateur où il a joué 34 matches toutes compétitions confondues la saison dernière. Meré évolue au sein de la réserve du Sporting Gijon, un club qui s'appuie énormément sur ses canteranos et dont l'équipe première est dirigée par Abelardo, ancien défenseur central du Barça. Une bonne école puisque, de l'aveu même de Del Bosque et malgré 8 buts encaissés en 7 matches, deux Sportinguistes sont suivis de près : Luis Hernandez et Bernardo Espinosa, déjà convoqué avec la Colombie mais jamais capé.
Récemment, Valence a fait signer un contrat de 5 ans (dont 2 ans en fonction des résultats) assorti d'une clause de 25 millions d'euros à Javi Jiménez (18 ans), immense promesse du club et de la sélection U18. Jusqu'à son départ du club en fin de saison dernière, Roberto Ayala suivait attentivement la trajectoire de celui qui est surnommé "Jotamendi."
Pour autant, il est encore difficile de savoir si ces trois talents parviendront à se faire une place dans un effectif de Liga du haut de tableau. En effet, ni l'Atlético, ni Valence, ni Séville ont un Espagnol dans leurs rangs dans ce secteur, préférant recruter massivement des joueurs étrangers. Alors, un destin à la Ramos ou à la Pavon ? Les oracles ne se sont pas encore prononcés.
Javi Martinez, la solution idéale
A court comme à moyen terme, la Roja connaît une pénurie alarmante qui pourrait coïncider avec son déclin. Sans relève, la progression de ses titulaires est beaucoup plus difficile puisqu'ils sont assurés de leur place dans le XI. Rappelons que lors du dernier Mondial, la charnière a été humiliée par les Pays-Bas, notamment Arjen Robben qui avait sauté les préliminaires avec Ramos. La binôme est inamovible quoi qu'il arrive car VDB n'a tout simplement pas le choix. Bartra n'est que le 3e voire 4e choix au Barça. Nacho, appelé en renfort après le forfait de Ramos, n'est que la 4e option de Rafa Benitez au Real Madrid.
Raul Albiol, actuellement à Naples et auteur de deux années pleines en Serie A, ne semble plus être une solution viable et n'a plus porté la tunique nationale depuis la saison 2013-2014. Pour cette liste, Del Bosque a innové en convoquant Iñigo Martinez (24 ans) de la Real Sociedad, ex-coéquipier de Bartra et Nacho en U21 quand ils ont remporté l'Euro 2013 en Israël. Sa blessure empêche de le voir avec la Seleccion Absoluta.
En réalité, la seule alternative crédible de Del Bosque ne joue pas en Espagne mais en Allemagne, au Bayern Munich. Enfin de retour de blessure après une rupture des croisés en août 2014, Javi Martinez (27 ans) compose avec Jerome Boateng l'une des plus belles charnières du moment. Replacé dans l'axe par Marcelo Bielsa, le Basque (encore un!) avait été recruté en 2012 pour 40 millions d'euros. A l'époque, Jupp Heynckes voulait le remettre au milieu. S'il évolue régulièrement en défense centrale, non seulement Martinez pourrait être convoqué avec la Roja mais également convoiter une place de titulaire. Reste à savoir s'il sera en mesure d'enchaîner les matches avec le Bayern. En pleine possession de ses moyens, il est peut-être ce qui se fait de mieux en la matière pour la Roja.
Et si Laporte devenait Lapuerta ?
Est-ce une mise en garde pour Didier Deschamps ou un appel du pied pour Vicente Del Bosque ? Probablement un peu des deux. Si Aymeric Laporte a rappelé cette semaine sa volonté d'évoluer avec l'Equipe de France sur les ondes de Radio Euskadi, ses mots traduisent une certaine lassitude de ne pas être convoqué chez les Bleus alors qu'il est le capitaine des U21. Didier Deschamps ne compte manifestement pas sur lui pour l'Euro 2016 et le groupe de défenseurs centraux paraît déjà formé de longue date. De plus, DD sera en poste au minimum jusqu'en 2018. Or, c'est loin d'être le cas en Espagne. Quelques heures après la convocation de ses coéquipiers de Bilbao, le natif d'Agen a dû se poser quelques questions sur son avenir international, d'autant plus que DD restera en poste au moins jusqu'en 2018.
Figurant dans le XI type de la Liga 2014/2015, auteur de deux prestations majuscules en Supercoupe d'Espagne, Laporte est déjà une référence. Cerise sur le gâteau : il est gaucher. A l'heure actuelle, chez les potentiels sélectionnables, seuls Iñigo Martinez, Andreu Fontas (Celta, ex-Barça) et Victor Ruiz (Villarreal) ont cette particularité. La concurrence est minimale. Sous contrat jusqu'en 2019 avec une clause de 50 millions d'euros, ses destinées ont été prises en main par un certain Jorge Mendes, ce qui augure un transfert mirobolant à la fin de la saison ou, au plus tard, 2017. La France peut déjà s'estimer chanceuse qu'Antoine Griezmann ne soit pas trop rancunier, il n'y aurait absolument pas d'injustice à le voir porter le maillot du pays qui a fait de lui un footballeur professionnel et qui accueillerait à bras ouverts ce fils d'adoption.
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