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Mestalla, l’auberge espagnole

Mestalla, l’auberge espagnole

Le 23/03/2019 à 18:55

QUALIFICATIONS EURO 2020 - Théâtre choisi par la fédération pour accueillir la première rencontre de son équipe nationale pour les éliminatoires, face à la Norvège, le stade Mestalla détient une signification particulière dans l’histoire du football espagnol. Voici une enceinte où La Roja espère bien retrouver une culture de la gloire perdue depuis maintenant cinq ans.

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup. Eux, ce sont toutes les personnes impliquées de près ou de loin à l’évolution du Valencia Club de Fútbol. Créé le 18 mars 1919, le club fête depuis le début de la semaine le centenaire de son existence à travers de nombreuses célébrations.

Parmis ces dernières, on retrouve la marche civique du "valencianismo" avec à sa tête ses anciennes gloires - Mario Kempes, Claudio López, Miguel Ángel Angulo, Roberto Gíl, Ricardo Arias entre autres -, une "mascletà" (un feu d’artifice régional traditionnel) lâchée sur la Plaza del Ayuntamiento, ou encore un match des légendes passées par les Chés qui sera joué dimanche en début de soirée à Mestalla.

Mais entre-temps, l’enceinte de 53 000 places va accueillir une rencontre hautement symbolique, samedi soir : Espagne-Norvège. Et ce sera avec la présence de trois joueurs du VCF : José Luis Gayà, Daniel Parejo et Rodrigo Moreno.

Le souvenir de 2003

Bien évidemment, toutes les anciennes gloires du Valence CF comme David Albelda ou Santiago Cañizares seront présentes en tribunes pour observer "La Selección" démarrer sa nouvelle campagne de qualifications pour le prochain championnat d’Europe. Une bonne manière de renouer avec un passé victorieux puisque seize ans plus tôt, le terrain du Mestalla était la scène d’une qualification espagnole pour l’Euro 2004.

Le 15 novembre 2003, l’Espagne et la Norvège croisaient déjà le fer pour un ticket estival pour le Portugal. Un match âpre et disputé, au bout duquel l’Espagne s’imposait sur un tir de… Ruben Baraja, dévié par Henning Berg (85e, 2-1). Hospitalisé vendredi à Clínica de La Salud pour un problème de santé mineur, l'ancien milieu de terrain va devoir se reposer. Il ratera les festivités de ce week-end.

Quatre jours plus tard à Oslo, l’Espagne confirmait son avance acquise à domicile avec un large succès (0-3) et pouvait se préparer à vivre un Euro chez le voisin lusitanien. Voilà une preuve que le stade du Valence CF, terre d’un club détenteur de six championnats d’Espagne, est de bon augure pour la Roja qui cherche à retrouver une confiance perdue dans toutes les dernières compétitions officielles.

D’abord, la chute de son empire mondial au premier tour de la Coupe du monde 2014 face aux Pays-Bas et au Chili, puis un statut de champion européen envolé en huitième de finale contre l’Italie à l’Euro 2016, pour terminer sur une désillusion lors du Mondial 2018 face à l’hôte russe.

L'équipe d'Espagne prend la pose avant son duel face à la Norvège en barrage de l'Euro 2004 à Mestalla

L'équipe d'Espagne prend la pose avant son duel face à la Norvège en barrage de l'Euro 2004 à MestallaGetty Images

La bulle protectrice de 1982

Ajoutés à ces échecs successifs, deux nouvelles déroutes à Séville contre l’Angleterre (2-3) puis en Croatie (2-3) privent le pays d’une qualification pour les demi-finales de la Ligue des Nations au Portugal. L’heure de renouer avec la culture de la victoire à Valence est donc plus que jamais d’actualité, d’autant que le Camp de Mestalla véhicule un autre visage vis-à-vis de l’Espagne : celle du pacifisme politique, comme le prouve le déroulement de la seule Coupe du monde effectuée sur le sol ibérique en 1982.

Dans un contexte politique particulier lié à l’Espagne en restructuration post-franquiste, La Roja joue l’intégralité de ses rencontres du premier tour au stade Luis-Casanova, l’ancienne appellation du Mestalla entre 1969 et 1994 afin de célébrer l'ancien président Luis Casanova Giner. Baptisté Mestalla en 1923, le stade porte à nouveau son nom d'origine depuis 25 ans.

Malgré une fin de phase de poule en eau de boudin face à l’Irlande du Nord (0-1), l’Espagne acquiert sa qualification grâce un match nul face au Honduras (1-1) et une victoire contre la Yougoslavie (2-1). Quatre points suffisants pour passer au second tour et qui affirmaient déjà le talisman instauré sur la mythique pelouse des Murciélagos. La suite ? Une délocalisation au Santiago-Bernabéu de Madrid pour le second tour, et des planètes qui ne s’alignent plus contre l’Allemagne de l’Ouest (1-2) et l’Angleterre (0-0).

Résultat : l’Espagne n’intègre pas le dernier carré du tournoi. "Nous avons payé le prix d’une mauvaise préparation physique, expliquait le buteur de l’époque Jesús María Zamora pour El País en 2014. Cela était dû à un isolement excessif, nous ne voyions que la police et la Guardia Civil qui nous emprisonnait à La Molina (en Catalogne, ndlr) (…) Nous sommes arrivés au Mondial sans l’étincelle nécessaire." Une situation interne à laquelle Valence ne pouvait rien faire cette fois-ci.

Gerry Armstrong (Irlande du Nord) marque face à l'Espagne lors du Mondial 1982

Gerry Armstrong (Irlande du Nord) marque face à l'Espagne lors du Mondial 1982Getty Images

" Jordi Alba : "Tout devrait bien se passer""

Samedi soir, le sélectionneur Luis Enrique espère bien profiter de cet élan aussi festif que positif autour du Valence CF pour valoriser ses meilleurs éléments, notamment au regard des diverses possibilités du couloir gauche de sa défense, intégralement peaufiné par le centre de formation blanquinegro avec José Luis Gayà, Juan Bernat et Jordi Alba.

"Nous sommes concentrés avant d’affronter la Norvège, affirmait le joueur du FC Barcelone en conférence de presse mercredi. N’importe quel adversaire peut te poser des problèmes, c’est la réalité actuelle. Ils peuvent nous compliquer la vie, mais avec la qualité intrinsèque et l’envie que nous avons, tout devrait bien se passer." Tant que le Mestalla veille sur eux, l’Espagne peut dormir sur ses deux oreilles.

Le stade Mestalla à Valence
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