Equipe de France - Dembélé-Coman : 90 capes, 9 buts, est-ce bien raisonnable ?

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Ousmane Dembélé et Kingsley Coman sont bourrés de talent mais leur carrière internationale n'a jamais vraiment décollé. Les deux ailiers, aux trajectoires semblables, ne parviennent pas à imprimer pour de bon leur marque en équipe de France. Voilà des années qu'ils sont là, des années qu'ils se partagent l'aile droite mais qu'en font-ils ?

Ousmane Dembélé et Kingsley Coman à l'entraînement avec l'équipe de France

Crédit: Getty Images

L'histoire paraît aujourd'hui lointaine, presque oubliée, mais Kylian Mbappé a démarré sa fantastique carrière internationale sur le côté droit de l'attaque laissant alors Didier Deschamps bricoler à droite pour tenter de trouver un équilibre de fortune. Les Bleus sont même devenus champions du monde ainsi. Depuis quatre ans, le débat est clos et c'est désormais l'aile droite qui se cherche un homme fort. Ousmane Dembélé est le titulaire depuis un an, Kingsley Coman son suppléant. Sur le papier, le dilemme ressemble au choix du roi. Sur le terrain, l'évidence saute moins aux yeux.
Les ailiers du PSG et du Bayern ne sont pourtant pas loin de ce qui se fait le mieux sur les ailes pour apporter du danger, du déséquilibre et de l'incertitude. Mais pour le reste, la finition et l'essentiel au fond, c'est beaucoup plus compliqué. A eux deux, Dembélé et Coman cumulent 90 sélections en équipe de France pour 9 petits buts… C'est moins qu'un Blaise Matuidi (84 matches, 9 buts) ou qu'un Paul Pogba (91 matches, 11 buts) pourtant, a priori, moins proches sur le terrain de la cible adverse. Dembélé et Coman ont beaucoup de qualités mais peuvent-ils prétendre à une place d'incontestable dans le onze en présentant des statistiques aussi faméliques ?
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Ousmane Dembélé (France) lors de la demi-finale de la Coupe du monde contre le Maroc, le 14 décembre 2022

Crédit: Getty Images

Le débat a resurgi à la rentrée internationale de septembre à l'issue de deux rencontres qui ont souligné leurs forces mais aussi leurs faiblesses. Face à l'Irlande (2-0), Dembélé a tout bien fait, rendu fou son adversaire direct mais n'a toujours pas mis fin à sa disette de buts qui court depuis deux ans et demi désormais. Quelques jours plus tard, Coman héritait du costume en Allemagne (2-1). Plus brouillon, aussi inefficace pour alimenter une sécheresse de buts qui dure, elle, depuis trois ans. "Les statistiques sont une finalité, je sais, mais ce n'est pas une priorité pour moi, a réagi cette semaine le Munichois interrogé sur sa disette en équipe de France. Mon objectif est d'aider l'équipe à gagner dans le rôle qu'on me demande. C'est le plus important que ça passe par un but, une passe décisive, des courses ou du travail défensif."
L'équipe de France en est à 34 matches de suite sans but d'une de ses deux mobylettes. Olivier Giroud, Kylian Mbappé et Antoine Griezmann s'occupent des statistiques mais pour le quatrième membre de l'animation offensive, quel qu'il soit, c'est la panne sèche. "Est-ce que c'est problématique ? Il a effectivement cette capacité à faire des différences, analysait Didier Deschamps en septembre au moment de décortiquer la performance de Dembélé. La finition, ce n'est pas une question d'âge, ce serait un plus. Pouvoir associer une meilleure efficacité mettrait encore plus en valeur ce qu'il fait de bien."
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Kingsley Coman, lors de France-Australie | Coupe du monde 2022 au Qatar, le 22 novembre

Crédit: Getty Images

Depuis France - Angleterre 2017…

Leurs trajectoires ont souvent emprunté le même itinéraire. Promus très vite au rang de grands espoirs (1re sélection à 19 ans), freinés par les nombreuses blessures et une carrière internationale qui ne colle ni avec leur talent pur ni avec les ambitions initiales. Quels grands souvenirs ont-ils laissé sous le maillot bleu ? Un France - Angleterre de feu mais si lointain (juin 2017) pour Dembélé et une Coupe du monde 2022 sérieuse mais finalement passée dans l'ombre des grosses individualités qui l'entouraient. "Il y a eu des événements dans sa vie sportive, avec des blessures, mais c'est un joueur plus construit, plus mature, prévenait pourtant Deschamps après son bon match inaugural face à l'Australie au Qatar. Il est mieux. Il a cette capacité à créer d'énormes problèmes à l'adversaire, avec sa percussion, en faisant en sorte de réduire au maximum le déchet. Sur ce type de joueur, il faut lui en laisser et être le plus efficace possible." C'est bien là tout le problème.
Depuis cinq ans, le principal fait d'arme de Coman en Bleu reste sa très bonne prestation au poste de piston droit face au Kazakhstan (8-0) à l'automne 2021. Aux Euro 2016 et 2021 ou au Qatar l'an dernier, il n'a jamais pesé sur le cours des événements. Ainsi va leur vie en sélection. Les deux hommes se partagent l'aile délaissée par Mbappé sans laisser de trace profonde et en diffusant peu ou prou la même impression.
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