Eurosport
Gasperini bientôt dehors ?
Par
Publié 15/09/2011 à 23:01 GMT+2
Gian Piero Gasperini est déjà en grande difficulté avant la réception de la Roma (samedi 20h45). L'Inter Milan réalise son plus mauvais début de saison depuis 1921 où les Nerazzurri avaient également perdu leurs trois premiers matches officiels. Massimo Moratti se montre patient. Jusqu'à quand?
Eurosport
Crédit: Eurosport
Officiellement, Gian Piero Gasperini ne joue pas sa tête face à la Roma, samedi (20h45). Mais le technicien italien le reconnait lui même: une nouvelle défaite à San Siro et son aventure interiste pourrait prendre fin plus vite que prévu. "J'ai conscience que les résultats doivent arriver vite et que la confiance du club a ses limites", a-t-il reconnu avec franchise après la débâcle de mercredi face à Trabzonspor (0-1), en Ligue des Champions.
Le successeur de Leonardo le savait, pour sa première expérience sur le banc d'un grand du championnat italien, il devait rapidement faire ses preuves. Et c'est peu dire que son bilan ne plaide pas, pour l'instant, en sa faveur. Avec trois défaites en autant de matches officiels, il réalise le plus mauvais début de saison de l'Inter depuis... 1921. Des résultats plus que décevants, ayant déjà largement entamé son crédit auprès de la presse italienne et des tifosi interistes. Depuis le 4-3 encaissé à Palerme dimanche, l'entraîneur a subi une pluie de critiques. L'expérimentale défense à trois alignée en Sicile symbolise pour la presse transalpine l'incompétence tactique d'un entraineur au palmarès vierge de titre. Mais les dés n'étaient-ils pas pipés d'entrée ? On est en droit de se le demander.
La victoire ou la porte?
Passé par Crotone (2003-2006) et le Genoa (2006-2010), Gasperini n'affiche pas, et de loin, le même palmarès ni la même expérience que ses prédécesseurs. Sur un banc où Rafael Benitez s'est brisé les dents (viré en décembre 2010 moins de six mois après son arrivée), Gasperini est un pari risqué du propriétaire Massimo Moratti. Après avoir essuyé les refus de Bielsa, Villas Boas, Mihajlovic et Capello, Moratti s'était rabattu sur celui dont Mourinho disait qu'il était "l'entraîneur qui (l)'a le plus mis en difficulté. J'apportais des modifications, il s'adaptait. C'est le meilleur". Pour le moment, l'échec est patent.
Conscient d’avoir décidé dans l’urgence, Moratti, qui n'hésita pas à virer Marcelo Lippi après une seule journée de Serie A en septembre 2000, assume et se montre patient. "Ne vous attendez pas à des déclarations spectaculaires dans les prochains jours, tempère-t-il dans la Gazzetta dello Sport. Son départ n'est pas d'actualité. Comment voulez-vous qu'il travaille sereinement si j'annonce que son avenir dépend du match de la Roma ? interroge-t-il, avant de prendre la défense de son technicien. L'équipe était bien en place contre Trabzonspor (en 4-4-2), peut-être n'avait-elle pas le rythme ni les jambes ? Mais ce n'est pas la faute de l'entraîneur. Laissons-lui le temps de travailler."
Voila pour la version officielle. Mais en coulisses, le propriétaire n'aurait que très peu apprécié la défense alignée en Sicile. La préfère-t-il à quatre ? "Oui", répond-il sans détour. Gasperini affirme, lui, qu'il "est complètement faux de dire" qu'on lui a forcé la main pour changer son système face aux Turcs, qu'il l'a seulement "corrigée". S'il passe le cap d'une Roma elle aussi dans le doute (élimination en Ligue Europa, défaite à la maison pour ses débuts en Serie A), l'ancien coach du Genoa pourrait toutefois voir son horizon s'éclaircir. Les affrontements à venir face à Novara et Bologne semblent largement dans les cordes de son équipe. Même en difficulté. Dans le cas contraire, Delio Rossi et, surtout, Claudio Ranieri pourraient rapidement recevoir un coup de fil.
Publicité
Publicité