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Matches truqués : vague d'arrestations

Matches truqués : vague d'arrestations
Par Eurosport

Le 28/05/2012 à 08:14Mis à jour Le 28/05/2012 à 19:02

Dix-neuf personnes, dont Stefano Mauri, ont été arrêtées, lundi matin, par la police, dans l'affaire des matchés truqués en Italie. Domenico Criscito, interrogé au petit matin à Coverciano, a renoncé à participer à l'Euro. Le domicile d'Antonio Conte, à Sienne, a également été fouillé.

L'affaire des matchés truqués, dite "Calcioscommesse", vient de connaître un premier tournant d'importance. Lundi à l'aube, 19 personnes ont été arrêtées dans toute l'Italie. Ils sont soupçonnés "d'association de malfaiteurs à des fins de tricherie et de fraude sportive" dans le cadre de l'enquête du parquet de Crémone sur des matches arrangés par les officines de paris. Parmi les personnalités arrêtées par la police figurent plusieurs joueurs de Serie A dont Stefano Mauri, actuel capitaine de la Lazio Rome. Domenico Criscito, pré-sélectionné pour l'Euro 2012 par Cesare Prandelli jusqu'à ce lundi, a lui été entendu comme témoin assisté au camp d'entrainement de la Squadra Azzurra à Coverciano, par les autorités. Désireux de "clarifier sa situation", le joueur du Zenit Saint-Pétersbourg s'est volontairement retiré de la sélection italienne. Il s'est exprimé à travers un communiqué de son agent, Andrea d'Amico. "Criscito est serein, il entend clarifier au plus vite la situation. Il espère être entendu mardi", a expliqué D'Amico. "Il s'est seulement rendu à un rendez-vous avec des supporters après un derby perdu", avec le Genoa contre la Sampdoria, a ensuite précisé l'agent.

Parmi les autres noms notables des personnes interpelées, la presse italienne reprend ceux d'Omar Milanetto, actuel joueur de Padoue et ancien joueur du Genoa et Cristian Bertano, actuel attaquant de la Sampdoria Gênes. Sur les 19 arrestations, 10 concernent des joueurs en activité. Les médias transalpins annoncent également que l'ancien Milanais Kakhaber Kaladze serait impliqué et que les domiciles de Sergio Pellissier à Aoste et Vérone ont été perquisitionnés. Vingt-six ordinateurs ainsi que des clés USB et des tablettes tactiles ont été saisis. Le domicile d'Antonio Conte à Sienne a également été perquisitionné dans le cadre de cette enquête. Son avocat maintient qu'il est "étranger aux faits". L'éventuelle implication de l'actuel entraîneur de la Juventus avait été révélée par Filippo Carabbio (La Spezia, ex-Sienne), lors des premiers interrogatoires donnés dans le cadre de cette affaire.

Les premières révélations de l'ancien joueur de Sienne ont notamment confirmé les mises en cause des trois clubs promus en Serie A pour la saison 2011/2012 : Novara, Sienne et l'Atalanta Bergame. Sienne est la principale cible de la justice, avec huit matchs suspects, et son président Massimo Mezzaroma a lui aussi été entendu. Les autres rencontres incriminées concerneraient la Lazio, le Genoa, la Sampdoria ou encore Lecce. L'Atalanta Bergame s'était déjà vu infligé une pénalité de six points au mois d'août 2011 pour une affaire de paris clandestins où Cristiano Doni (ex-Atalanta) et Giuseppe Signori avaient été suspendus trois ans et demi et cinq ans par le procureur fédéral de la Fédération italienne de football, Stefano Palazzi. Doni et Carabbio ainsi qu'Andrea Masiello (ex-Bari) et Carlo Gervasoni (ex-Plaisance/D3) ont été les premiers repentis à avoir collaboré avec la justice italienne.

Des mafias italiennes et hongroises impliquées

Cette troisième vague d'arrestations, après celles de novembre 2011 et d'avril 2012, se produit à trois jours de la mise en action de la justice sportive. Jeudi, la commission de discipline de la Fédération italienne de football (FIGC) doit juger 22 clubs et 61 joueurs ou ex-joueurs dans le cadre de l'enquête de Crémone. Les premiers risquent des points de pénalité, les seconds des suspensions. L'opération "Last bet" compte trois volets et l'enquête est conduite par les parquets de Crémone, Bari et Naples. Au coeur du scandale, des mafias locales et étrangères et des joueurs qui s'arrangeaient pour influer sur le résultat d'un match afin de parier dessus à coup sûr. Le gain pouvait atteindre les deux millions d'euros pour une seule rencontre, selon le procureur. Des joueurs, des intermédiaires de toute sorte et peut-être des dirigeants truquaient les rencontres de ligues inférieures et même de Serie A. Il ne s'agissait pas seulement d'acheter la victoire. Les paris pouvaient en effet prendre différentes formes, comme l' "over" - le fait de marquer plus d'un certain nombre de buts dans une rencontre.

L'Italie redoute désormais un séisme comme celui du "Totonero" en 1980, qui avait précipité l'AC Milan en deuxième division et coûté deux ans de suspension à Paolo Rossi, ou du "Calciopoli", le scandale des arbitres qui a privé la Juventus de deux titres (2005 et 2006) et l'a laissée en Serie B lors de l'été 2006.

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