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AS Rome - Naples, la revanche de l'Italie du Sud
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Publié 17/10/2013 à 20:15 GMT+2
Rome-Naples, sommet de la 8e journée de Serie A ce soir, consacre la revanche des clubs du Sud de l’Italie contre la Juve et le Milan.
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Vendredi soir, les yeux de toute l'Italie ne seront pas portés vers le Nord de l'Italie, berceau du football "qui compte", mais sur le Mezzogiorno (1), le "Midi" italien, et plus particulièrement sur le "derby du soleil" entre Rome et Naples. Les deux équipes les plus impressionnantes dans le jeu et dans les résultats depuis le début de la saison vont se jouer la première place à l'Olimpico.
Cela faisait des années que le Sud de l'Italie n'avait pas eu deux représentants aux plus hautes places du classement de Série A. Dans un football dominé par le Nord, "région" la plus riche et la mieux structurée, il est rare de voir les trois plus grands clubs absents des deux premières places après un peu moins d'un cinquième du championnat. C'est pourtant le cas cette saison. La performance est à mettre au crédit de Naples et de la Roma. Un exploit réalisé à la face d'une Juventus surpuissante et de deux clubs milanais qui, pour l'un, est en grandes difficultés (économiques et sportives) et l'autre, en restructuration.
L'opposition Nord/Sud est née en dehors du football et s'est prolongée à travers le sport le plus populaire de la péninsule. Au Nord, on regarde le Sud avec mépris et arrogance. Au Nord, "on" a le travail et l'argent et les Sudistes ne sont rien d'autres que des fainéants. Au Nord, on n'envie le Sud que pour son soleil et ses plages, et s'il n'y a pas de boulot, ce n'est pas grave, il paraît que la misère est moins pénible au soleil. Au Nord, on a l'arrogance de la richesse. A l'échelle footballistique, c'est pareil. Les trois clubs les plus titrés sont les plus riches et les mieux organisés. Et ils viennent tous de Lombardie et du Piémont. Si les clubs du Mezzogiorno ne gagnent pas plus de titres (3 pour la Roma, 2 pour la Lazio, 2 pour Naples, contre 66 pour la Juve, l'Inter et Milan), c'est parce qu'ils sont mal gérés, dit-on au Nord. L'absence de bonne gestion est un fait qui ne peut pas être démenti. Mais les choses changent. Désormais, Naples et Rome se mettent à rêver d'une revanche cinglante.
Les rêves de De Laurentiis
Ces deux clubs ont réussi leur reconstruction grâce à une nouvelle orientation et à la prise de pouvoir de gens n'ayant pas le profil "sudiste", que l'on caricature par la vie au jour le jour, la mauvaise gestion, la trop grande passion qui n'est pas bonne conseillère… Avec des propriétaires américains pour qui le foot est un business et un club, une entreprise (avec pour seul facteur aléatoire l'incertitude du résultat), Rome a perdu en passion ce qu'elle a gagné en gestion. À Naples, Aurelio De Laurentiis a accompli la même mission et se pose en remarquable gestionnaire. Ambitieux, le président napolitain (producteur de films) ne s'est pas laissé déborder par la folie des grandeurs et a, petit à petit, réinstallé son équipe parmi les clubs qui comptent en Italie.
Les deux propriétaires n'injectent pas des millions pour tenter de concurrencer les clubs du Nord, et ils ont raison. On a vu par le passé que ces arrivées massives d'argent permettaient des coups d'éclat à court terme mais qu'ils étaient annonciateurs de lendemains très compliqués. Non, pour lutter contre les mastodontes du Nord, il faut structurer les clubs. Naples et la Roma ont tout recommencé à zéro. Le club napolitain est parti d'une feuille blanche en 2004 après une triste relégation en troisième division pour faillite, tandis que la Roma avait déjà des bases sportives, mais un travail colossal à effectuer à tous les niveaux (communication, marketing, commercial, lien avec les supporters, mise en avant de l'histoire du club), en 2011.
De Laurentiis a eu sa première récolte la saison passée (deuxième place) et espère obtenir un grand cru cette saison. De son côté, la Roma progresse et s'étonne même de sa première place au classement. Cette fois-ci, le grand choc du football italien opposera deux clubs du Mezzogiorno et le Nord de l'Italie ne pourra rien trouver à y redire. Les temps changent aussi en Italie.
Aujourd'hui, les deux clubs sont en tête de la Série A. Ils ont réussi cet été à faire venir de bons joueurs (Higuain et Callejon d'un côté, Strootman et Benatia de l'autre) et deux bons entraîneurs. Rudi Garcia avait d'ailleurs fait son stage à l'étranger à Valence, à l'époque dirigé par Rafael Benitez et les deux entraîneurs ont gardé des liens. Ils s'apprécient et l'entraîneur de la Roma a gardé de nombreux conseils et préceptes du technicien espagnol. Vendredi, il sera temps de voir si, sur un match au sommet, l'élève peut dépasser le maître…
(1) au sens large, en incluant toute la région Latium
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