Eurosport
Iturbe a mis le turbo
Par
Publié 25/10/2013 à 16:41 GMT+2
Annoncé comme un futur crack depuis quelques années déjà, Juan Manuel Iturbe explose enfin depuis qu'il a quitté le FC Porto.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Un petit attaquant argentin capable de dribbler toute une équipe pour inscrire un but venu d'ailleurs, ça ne vous fait pas penser à quelqu'un ? Juan Manuel Iturbe n'est pas Lionel Messi, mais les comparaisons avec le quadruple Ballon d'or l'accompagnent globalement depuis le début de sa carrière. Ses caractéristiques très proches de celles de la star du Barça lui ont d'ailleurs valu des surnoms évoquant son compatriote argentin : "El Messi Guarani", "La Pulguita" ou "Iturbessi" notamment. Jusqu'ici, ces comparaisons avaient de quoi paraître usurpées tant Iturbe peinait à s'imposer au plus haut niveau. Mais les signes de sa montée en puissance sont désormais assez nets.
Ils commençaient sérieusement à se faire attendre. Pour avoir débuté en pro à seulement 16 ans, Iturbe a rapidement eu l'étiquette de futur crack collée à la peau. A l'époque, il jouait pour Cerro Porteño, un club important du Paraguay, pays dont ses parents sont originaires. Ceux-ci étaient partis pour Buenos Aires, dans le quartier de Barracas, où le petit Juan Manuel a vu le jour le 4 juin 1993 avant d'y passer une partie de son enfance. La crise économique a cependant contraint la famille Iturbe à rentrer rapidement au Paraguay. C'est donc dans les rues d'Asuncion que leur fils a attiré l'attention du Cerro Porteño, où il a débuté sous les ordres de Pedro Troglio, un ancien défenseur international argentin qui avait notamment participé à la Coupe du monde 1990. Iturbe a disputé quatre matches du Tournoi d'Ouverture, sans inscrire le moindre but, apportant cependant sa contribution au titre de champion remporté par son club, et le premier de sa très jeune carrière.
Le prodige suscite les conflits
Les choses semblaient bien lancées, mais Iturbe s'est alors retrouvé au centre de deux conflits d'intérêt. D'abord en sélection. Trois mois après ses débuts professionnels, il a été convoqué par Gerardo Martino, alors sélectionneur du Paraguay, pour un match amical face au Chili dont il a disputé la dernière demi-heure. Mais c'est bien pour l'Argentine qu'il a opté un peu moins d'un an plus tard. Diego Maradona l'avait intégré à une sélection de "sparring" pour préparer son équipe au Mondial 2010. Depuis Iturbe porte le maillot Albiceleste avec les moins de 20 ans. Mais le conflit le plus problématique a opposé ses représentants et son club au moment de signer son premier contrat. La situation s'est envenimée à tel point qu'Iturbe a quitté le Paraguay pour le club argentin de Quilmes, en 2010. Et comme Cerro Porteño, réclamant les droits de formation du joueur, a porté l'affaire devant la justice, il n'a jamais pu jouer pour le club de Buenos Aires.
Iturbe n'en a pas tenu rigueur à ses dirigeants. Devant cette situation insoluble, il est retourné à Cerro Porteño en février 2011, avant de réussir une excellente fin de saison marquée par un doublé face à Colo Colo en Copa Libertadores et, surtout, un but dans le Clasico paraguayen face à l'Olimpia, alors que son équipe était en infériorité numérique. Sans ces performances, le jeune prodige était déjà suivi par les plus grands clubs européens, du Real à Manchester United en passant par Tottenham. Mais, comme si souvent, c'est le FC Porto qui a mis la main sur le joyau. Et comme si souvent, pour une somme dérisoire : à peine 1 million d'euros. Mais son passage chez les Dragons restera un échec considérable. Barré par James Rodriguez, entre autres, Iturbe n'a disputé qu'une petite dizaine de matches officiels en un an et demi, sans parvenir à inscrire le moindre but. De quoi calmer les ardeurs autour d'un joueur peut être trop vite annoncé comme un crack.
River, et ça repart
Son retour au premier plan n'en est que plus remarquable. Iturbe l'a initié dans sa ville natale, à Buenos Aires. Prêté par Porto à River Plate en décembre dernier, il a retrouvé le rythme du haut niveau en disputant 17 matches avec les Millionarios, inscrivant trois buts et délivrant deux passes décisives. Désireux de quitter Porto à la fin de son prêt à River, Iturbe a trouvé un point de chute chez un promu de Serie A, l'Hellas Vérone, encore sous forme de prêt. Dans un championnat où les dribbleurs se font de plus en plus rares, le jeune Argentin, désormais âgé de 20 ans, s'est affirmé comme l'une des sensations du début de saison avec le Romain Gervinho, qui présente justement un profil comparable. Face à Livourne (2-1), pour sa première titularisation, il a ouvert le score d'un somptueux coup franc. Iturbe a fait encore plus fort la semaine suivante à Bologne (1-4), inscrivant un but dans son plus pur style, d'une frappe précise après avoir passé en revue la défense adverse.
C'est cette capacité d'accélération et d'élimination, cette faculté à pouvoir marquer à n'importe quel moment, à inventer le geste qui va déstabiliser l'adversaire, et son remarquable pied gauche qui font d'Iturbe un joueur si particulier et qui explique en grande partie pourquoi, très tôt, il a été comparé à Lionel Messi. Sa marge de progression reste encore importante. "Il doit progresser dans la gestion du ballon, apprendre à moins le porter et à le donner à un partenaire mieux placé. L'Italie va beaucoup l'aider pour ça", résume Troglio, son premier entraîneur à Cerro Porteño. Le début de saison tonitruant de l'Argentin a relancé l'intérêt des clubs à son égard : la Juventus, Milan, Naples, le Barça ou le PSG suivent de très près la situation d'un joueur pour lequel Vérone dispose d'une option d'achat de 15 millions d'euros. "Parler de son avenir est prématuré", tempère son agent, Claudio Anelluci. Il en sera cependant très vite question si son poulain continue de martyriser les défenses italiennes.
Publicité
Publicité