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Lazio : le revers de la médaille
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Publié 01/12/2013 à 22:35 GMT+1
Six mois après sa victoire en Coupe d'Italie, la Lazio peine à trouver la bonne carburation cette saison. A moins qu'elle ne soit tout bonnement à sa place...
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Crédit: Eurosport
Le dimanche 26 mai dernier, la Lazio vivait l'un des plus grands moments de ses 113 ans d'histoire en battant la Roma en finale de la Coupe d'Italie. À l'époque, cette équipe au niveau moyen, avec deux joueurs de classe (Marchetti et Klose) et trois intermittents (Hernanes, Mauri et Candreva), ne brillait pas par la qualité de son jeu ou de ses joueurs, mais par sa solidité et son esprit collectif très fort, où la solidarité et la combativité étaient les maîtres-mots. Six mois plus tard, l'euphorie du derby gagné maintenant retombée, la Lazio affiche un pâle visage. Comme si cette victoire en Coupe avait été la plus haute performance que pouvait atteindre cette équipe. Comme si, depuis cette victoire, les joueurs avaient été vidés de leur ambition et de leur agressivité. Aujourd'hui huitième, la Lazio déçoit et n'a pas réussi à surfer sur la vague de l'enthousiasme post-26 mai 2013.
La Lazio et le haut du tableau
Et si cette huitième place actuelle ne reflétait pas tout simplement la logique réalité du club romain aujourd'hui ? Et si, la Lazio n'était pas, à quelques points près, à sa place ? En 113 ans d'histoire, le club n'a gagné que deux scudetti et sa dernière participation en Ligue des Champions remonte à 2007. Depuis 1975, les Biancocelesti n'ont participé qu'à cinq reprises à la Ligue des Champions, alors que le récent système d'admission favorise les clubs des grands pays, avec deux ou trois clubs assurés d'y être, en plus d'un autre devant jouer une phase de barrage. Avec cette huitième place actuelle, la Lazio est finalement très proche des classements finaux des trois dernières saisons (6 – 7 – 6 ). Alors, ces récents résultats sont-ils surprenants pour autant ?
Si ce n'est pas une surprise à 100%, gageons qu'il s'agit néanmoins d'une réelle déception. Car plus qu'une phase de stagnation, les tifosi pouvaient s'attendre au moins à une progression, aussi mineure fusse-t-elle, qui aurait été commentée par le prolongement de l'enthousiasme post-26 Mai 2013. Au lieu d'un plus grand appétit de titres et d'une volonté féroce de montrer que cette victoire n'était pas que le coup d'un soir, les joueurs se sont effondrés. Ce relâchement coupable est réfuté par de nombreux joueurs (Cana, Candreva), mais sur le terrain, l'attitude globale ne ment pas. Le pressing est moins intense, les joueurs sont moins agressifs, jouent moins bien collectivement et la détermination sur chaque action n'est pas à la hauteur de la saison passée.
La Lazio et le mercato
Beaucoup d'entraîneurs expliquent que les victoires n'appellent pas à l'immobilisme en matière de recrutement, mais au contraire à de nouvelles arrivées pour régénérer un groupe, apporter des éléments ayant faim de titres, ajouter un peu plus de concurrence, le tout dans le but de ne pas s'endormir sur de bonnes performances passées.
La Lazio n'a pas les moyens de la "Triade" du Nord de l'Italie, ou de la Roma "américaine", mais le mercato a été décevant. Le problème des Biancazzurri est d'avoir misé sur de jeunes sud-américains, ayant à la fois peu de références et un besoin d'acclimatation au championnat italien. Résultat, des Novaretti, Felipe Anderson et Brayan Perea, seul le dernier s'en sort à peu près en nombre de matchs de Série A disputés. L'attaquant colombien a disputé 403 des 1170 minutes jouées (pour un seul but), tandis que le chiffre descend à 315 minutes pour le défenseur argentin et même 249 minutes pour le milieu de terrain brésilien. Autre recrue en difficulté, le milieu argentin Lucas Biglia, arrivé d'Anderlecht. Annoncé dans les petits papiers des plus grands clubs européens depuis trois ans, grâce à un agent ayant de bonnes relations dans la presse spécialisée, Biglia a finalement atterri à la Lazio contre un chèque de 8M€. Ses quatre petites titularisations en championnat n'ont pas vraiment convaincu Petkovic qui continue de lui préférer Ledesma, Onazi, Hernanes et Ederson. Du coup, la Lazio continue de tourner globalement avec le même groupe titulaire de la saison passée, tandis que les 20M€ dépensés cet été par Claudio Lotito se révèlent être, pour le moment, un bien mauvais investissement.
La Lazio, Petkovic et les bobos
Le fait d'avoir rencontré la Juve et la Roma dans les quatre premières journées peut aussi expliquer le rendement assez faible de cette Lazio. Les deux défaites, l'une nette (4-1 à Turin), l'autre difficile à digérer (2-0 dans le derby) ont donné quelques migraines à Petkovic et ses joueurs. Pour autant, le club n'a pas encore joué tous les gros de ce championnat. Le sprint final jusqu'à la fin des matchs allers est notamment constitué de la réception de Naples dès ce lundi soir, de celle de l'Inter après les fêtes, plus un déplacement sur la pelouse de l'Hellas Vérone fin décembre. Autant dire que cette Lazio devra vite retrouver le moral si elle ne veut pas s'enfoncer dans le ventre mou du classement.
Pour ce choc, la Lazio aimerait pouvoir compter sur Miroslav Klose, dont les blessures de plus en plus régulières inquiètent à Formello. L'Allemand, auteur de deux petits buts cette saison, est toujours incertain et une absence priverait le club romain de son principal atout offensif, alors que la Lazio n'est déjà que la dixième attaque du championnat. Le club ne pourra toujours pas compter sur son capitaine, Stefano Mauri, condamné à neuf mois de suspension dans l'affaire Calcioscommesse (matchs truqués), et dont le retour fera le plus grand bien à ses coéquipiers.
Ce mauvais début de saison a aussi fragilisé Vladimir Petkovic. Et oui, de ce côté-ci du Tibre comme de l'autre, l'instabilité managériale n'est jamais très loin. Claudio Lotito a haussé le ton à plusieurs reprises cette saison et commence à perdre patience avec son entraîneur suisse, capable selon lui de ne pas savoir insuffler l'état d'esprit nécessaire à la bonne tenue de l'équipe en championnat. Ces dernières heures, les rumeurs se font de plus en plus persistantes sur la nomination de l'actuel entraîneur de la Lazio à la tête de la sélection suisse après la Coupe du Monde. Pour le remplacer, quelques noms circulent, à commencer par Murat Yakin, actuel entraîneur du FC Bâle. La filière suisse de la Lazio fonctionne à plein régime à Formello depuis quelques saisons (Behrami, Lichtsteiner, Lulic, Petkovic) et Lotito pourrait à nouveau se tourner vers ce marché pour tenter d'inverser la tendance. En attendant de meilleurs jours, la Lazio doit déjà retrouver ce qui faisait sa force ces dernières années : face au manque de talent, place à la combativité et à une solidarité collective à toute épreuve. Sous peine de subir un véritable revers de la médaille cette saison…
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