Eurosport
Serie A, 7e journée : un menu trois étoiles
Par
Publié 05/10/2013 à 00:27 GMT+2
Ce week-end, l'Italie va connaître trois chocs avec des rencontres directes entre cinq des sept sœurs du calcio ! Milan, Juve, Roma, Inter, Lazio : ils sont tous sur le pont et vont affronter des concurrents directs pour les places européennes.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Antipasto, Inter-Roma (samedi 20h45)
Après un aperitivo de bas de tableau entre le Chievo et l'Atalanta, le premier choc se déroulera au Meazza entre l'Inter et la Roma, deux équipes en reconstruction et au début de saison prometteur.
Ces deux clubs ont plusieurs points communs. D'abord, ils sortent d'un dernier exercice catastrophique. Ils ont également nommé un nouvel entraîneur cet été et ne jouent pas de Coupe d'Europe. Les débuts sont prometteurs et les entraîneurs ont réussi un gros travail psychologique et technique en quelques semaines seulement. Les profils de Walter Mazzarri et Rudi Garcia ne sont pas très éloignés : ils ont beaucoup travaillé pour redonner confiance et estime de soi à leurs joueurs, ont inculqué un nouveau style de jeu et sont très proches de leur groupe. Cette cure psychologique a permis à ces entraîneurs de pouvoir compter cette année sur des joueurs retrouvés, après une saison dernière très compliquée.
Du côté intériste, on peut citer les latéraux Nagatomo et Jonathan, alors que du côté de la Roma, les deux "retours" les plus impressionnants sont ceux de Balzaretti et De Rossi. Mazzarri et Garcia sont d'ailleurs représentés de la même façon dans la presse italienne, en qualité de "sergent", à savoir, des hommes de caractère qui ne laissent rien au hasard et ont des méthodes efficaces. L'Inter est redoutable sur contre-attaque (déjà six buts sur cette phase de jeu cette année), un domaine que maîtrise également la Roma qui s'est montrée explosive contre Bologne à la récupération du ballon, grâce aux passes de Strootman et Pjanic, et à la vitesse de Gervinho, Florenzi et Balzaretti. Les Romains préfèrent néanmoins avoir le contrôle du cuir et ils devront se méfier des contres Intéristes.
L'homme de ce match aurait pu être Maicon. Le latéral brésilien a tout gagné à l'Inter, a été l'une des idoles de la Curva Nord, et joue aujourd'hui à la Roma après un passage raté à Manchester City. Malheureusement pour tout le monde, Maicon s'est blessé contre la Sampdoria et est indisponible.
Primo Piatto, Juve-Milan (dimanche 20h45)
Juve-Milan n'est pas un derby mais bien une confrontation historique, entre un club qui a toujours voulu mettre en avant sa suprématie nationale (la Juve), et un autre club dont les ambitions européennes lui ont permis d'arracher sept Ligues des champions (le Milan). Les Turinois sont logiquement favoris tant le début de saison milanais est on ne peut plus compliqué ! L'AC Milan est le seul grand club à avoir raté son début de saison et il compte déjà aujourd'hui dix points de retard sur la Roma et huit sur Naples et la Juve. Comme si la situation sportive ne suffisait pas, les Milanais doivent composer avec une infirmerie pleine et ne pourront pas compter sur Balotelli (suspendu), El Shaarawy, Pazzini, Kakà, Birsa, De Sciglio, Bonera et Silvestre (blessés). Le match sur la pelouse d'Amsterdam n'a pas vraiment rassuré les tifosi rossoneri tant ils ont été dominés pendant une mi-temps, la première, où ils ont passé leur temps à courir derrière le ballon (possession 72%-28%). La deuxième a certes été meilleure, mais il faudra montrer un tout autre état d'esprit sur la pelouse du Juventus Stadium.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Juve a fait sa petite crise de la douzaine. En l'espace de douze jours, la Juve a d'abord alimenté les polémiques arbitrales avec deux buts accordés contre le Chievo et le Torino, alors qu'ils n'étaient pas valables. La presse, les tifosi adverses, tout le monde a crié au loup sans regarder les autres faits de matchs défavorables au club turinois : penalty non sifflé au Chievo, carton rouge non attribué à Immobile (Torino), etc. Ensuite, il y a eu le psychodrame Pirlo en deux actes : d'abord une protestation publique de Conte quand Pirlo ne s'est pas assis sur le banc lors de son remplacement contre l'Hellas Vérone, puis des questions sur le renouvellement du milieu italien, qui se retrouve en fin de contrat en juin. Au milieu, il y a eu ces deux contre-performances en Ligue des Champions, à Copenhague (1-1) et contre Galatasaray (2-2). Le niveau de jeu affiché cette saison est insuffisant pour le moment : l'équipe manque d'explosivité, de spontanéité et le porteur du ballon a beaucoup moins de solutions aujourd'hui car il a moins de mouvements devant lui.
Et si ce match était celui d'Alessandro Matri, transféré de la Juve à Milan cet été, et qui, en l'absence de Balotelli, El Shaarawy et Pazzini, guidera l'attaque milanaise au Juventus Stadium ? Il serait temps, il n'a plus marqué depuis le 8 mai 2013.
Secondo Piatto, Lazio-Fio (dimanche 20h45)
Après ces deux premiers chocs, les amateurs de foot italien n'auront plus faim. Et pourtant, ce Lazio-Fiorentina est prometteur. La Viola rêve de transformer l'aigle laziale en faisan et d'en faire un Fagiano alla Fiorentina, plat typique de la région de Florence. Mais ça ne sera pas simple. Les deux clubs ont déjà un point commun : ils ont joué en milieu de semaine en Ligue Europa et les organismes sont déjà usés. La Viola jouit d'une profondeur de banc plus importante mais, dans le même temps, les blessés s'accumulent, notamment sur le front de l'attaque. Blessés, Gomez et Rossi rateront ce choc. Rebic est lui aussi à l'infirmerie suite au match contre Parme. Contre Dnipro, le jeune Matos était aligné en pointe avec Mati Fernandez juste derrière lui. Contre la Lazio, Montella alignera encore le jeune brésilien et probablement deux joueurs en soutien (parmi Mati, Joaquin, Cuadrado). Cette Fiorentina est moins brillante et Montella tâtonne tactiquement : 4-2-3-1, 4-3-2-1, 4-3-3, 3-5-2, il a un peu tout essayé et il ne parvient pas encore à trouver la bonne formule. La faute aux suspensions (Pizarro), blessures (Gomez, Rossi, Cuadrado) et aussi au fait qu'il a un effectif très riche où le turn-over est devenu une quasi-obligation.
Du côté de la Lazio, les blessés ne sont pas en attaque (quoique Klose est à l'infirmerie) mais en défense : Radu, Pereirinha, Konko et Biava sont forfaits pour ce match et la charnière Cana-Ciani pourrait être reconduite même si Dias tient aussi la corde. En ce début de saison, les Biancocelesti sont assez décevants et ne parviennent pas à faire 90 minutes convaincantes. Hernanes est transparent et Klose a des soucis physiques. Quand deux des trois meilleures individualités sont "absentes", les résultats s'en ressentent. Alors, la Lazio s'appuie sur son joueur le plus performant du moment, Antonio Candreva, particulièrement remuant sur son côté droit. Cela tombe bien, l'Espagnol Alonso n'est pas éclatant au poste d'arrière gauche avec la Viola (Pasqual est blessé) et le côté fort de la Lazio correspond au côté faible de la Fiorentina. Et vice-versa. De quoi espérer quelques buts pour bien finir ce week-end qui s'annonce riche et passionnant.
Pour les dolce, patientez jusqu'à lundi où les polémiques ne manqueront pas, comme trop souvent. Le dessert, c'est souvent le plat de trop qui nous empêche de digérer. Un peu comme les polémiques du foot italien chaque semaine, qui nous gâchent le plaisir du terrain.
Publicité
Publicité