"Andrea Pirlo entame un chemin qui part d’ici et qui le conduira peut-être un jour à la tête de l’équipe première." Ces mots d’Andrea Agnelli datent du 31 juillet. Le président de la Juventus "présente" alors le nouvel entraîneur des U23 du club turinois. Une semaine plus tard, Pirlo a déjà hérité du poste de coach de l’équipe première en question. Il a remplacé samedi Maurizio Sarri, qui n’a pas résisté à l’élimination du nonuple champion d’Italie en titre par l’OL, en huitièmes de finale de la Ligue des champions. La Vieille Dame confie ainsi les clefs de son jeu à un novice au lendemain d’un camouflet retentissant. Que Pirlo va-t-il en faire ?

Impossible de transposer les qualités d’un footballeur en aptitude sur un banc. Ce serait trop simple. Mais impossible, aussi, de faire fi de ce que Pirlo démontrait sur le pré. Ce n’est pas sur un physique hors normes qu’il a basé sa réussite, mais bien sur sa compréhension tactique. Ainsi que sur un pied soyeux, certes. Sa vision du jeu et sa capacité à le dicter sur un train (parfois faux) de sénateur témoignait déjà de son appétence pour l’organisation d’un collectif. Cette appétence s’est vite confirmée.

Serie A
La Juventus ne perd pas de temps : Pirlo succède à Sarri
08/08/2020 À 18:16

L’ancien milieu de terrain de 41 ans, passé par la Juve entre 2011 et 2015, a terminé sa carrière de joueur en novembre 2017, après trois saisons en MLS. Il s’est tout de suite mis en tête de devenir coach, prenant des cours au sein du centre technique national italien, à Coverciano (Florence). "Il m’est déjà arrivé de réfléchir à l’endroit où placer les joueurs en pleine nuit, plutôt que de dormir", a expliqué Pirlo il y a quelques jours, lors de l’annonce de ses débuts en tant qu’entraîneur. Son ambition : "répéter la carrière que j'ai effectuée en tant que joueur."

Soif de responsabilités

Cela commence fort. Le voilà investi d’une immense responsabilité. Pas de quoi lui faire peur : "Je vis avec des responsabilités depuis que j’ai 14 ans. J’aime ça, et sans cela je me sens mal. Je préfère être investi d’une grande responsabilité, cela me fait me sentir vivant." Sa réponse ne concernait que son intronisation en tant que boss de l’équipe réserve, mais le champion du monde 2006 a déjà prouvé qu’il n’avait pas peur de prendre les choses en main. Comme lors de la séance de tirs au but de la finale du Mondial 2006, justement, qu’il avait débutée en trompant Fabien Barthez.

Andrea Pirlo, embrassant le trophée Jules Rimet

Crédit: Getty Images

Questionné sur sa philosophie de jeu, Andrea Pirlo joue la carte polymorphe. "J’ai eu de nombreux techniciens, et ils m’ont tous donné quelque chose", répond ainsi l’ex-capitaine de la Squadra Azzurra, qui a notamment évolué sous les ordres de Carlo Ancelotti au sein de l’AC Milan, et avec qui il a tissé un lien puissant. "C’est comme redécouvrir votre père. Il a changé ma carrière en me mettant devant la défense", expliquait-il en 2015 dans les colonnes de la Gazzetta Dello Sport. Quant au rayon inspirations, Pirlo a étudié le style de Pep Guardiola durant ses années de formation. Ce qui suggère, tout comme le joueur qu’il a été, qu’il tentera de s’appuyer sur la possession du ballon et ne se contentera pas d’une approche restrictive.

"Les systèmes tactiques ne sont pas fondamentaux"

Cette saison en Serie A, la Juventus a encaissé 43 buts. Son total le plus élevé depuis 2010-2011, dernière saison durant laquelle le Calcio lui a échappé. Mais vous ne devriez donc pas voir à l’œuvre une Vieille Dame recroquevillée pour se rassurer, en 2020-2021. En termes de préceptes, Pirlo met en avant l’importance de ne pas subir : "Mon équipe devra bien jouer et maîtriser le jeu." Et relativise celle des sacro-saints schémas de jeu : "Mon idée du football ? Les systèmes tactiques ne sont pas fondamentaux, le plus important est la façon dont on occupe l’espace."

Il aurait tout de même une préférence pour le 4-3-3. Mais c’est au cœur du 3-5-2 d'Antonio Conte qu’il a le plus souvent officié sous les couleurs bianconeri. Ce qui pourrait lui donner des idées. A condition d’avoir à sa disposition des joueurs susceptibles de répondre aux exigences de cette disposition. Maurizio Sarri n’est pas le seul responsable de la situation d’échec dans laquelle la Juve s’est empêtrée sur le plan continental cette saison. Pour les satisfaire, Andrea Pirlo devra avoir les moyens de ses ambitions.

Cristiano Ronaldo, auteur d'un doublé insuffisant face à l'OL en huitièmes de finale retour de la C1

Crédit: Getty Images

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