La Juve est-elle favorite pour le titre ?

Répondre non serait probablement une offense pour la Vieille Dame, souveraine depuis maintenant huit ans. Et avant la pause forcée, elle avait su le rappeler en battant l'Inter Milan (2-0), reléguant son meilleur ennemi (qui a un match en moins) à neuf points. Pour Sarri, l'adversaire le plus coriace reste la Lazio Rome, distante seulement d'un petit point. De plus, le club romain a déjà battu par deux fois la Juve cette saison (3-1 en championnat et en Supercoupe d'Italie). Simone Inzaghi peut donc croire au scudetto. Encore plus au vu de la saison irrégulière des Bianconeri, battus lors de la finale de la Coupe d'Italie face au Napoli mercredi.

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Paulo Dybala et Cristiano Ronaldo lors du match Inter - Juve.

Crédit: Getty Images

L'Atalanta va-t-elle parvenir à faire abstraction du contexte ?

Pour Bergame et l'Atalanta, cette reprise ne s'annonce pas simple. Avec plus de 3.000 morts, la ville lombarde a été l'une des plus touchées par le Covid-19. L'image des chars transportant les corps à l'extérieur de la ville restera comme l'une des plus fortes de cette pandémie. Si les ultras de la Dea ne sont pas favorables à cette reprise, l'entraîneur Gian Piero Gasperini estime que l'Atalanta pourra "aider" la ville à "redémarrer". "L'équipe emmènera cette souffrance sur le terrain", avait-il assuré à La Gazzetta dello Sport. Quatrième du championnat, qualifiée pour les quarts de finale de la Ligue des champions, la merveilleuse Atalanta du "Gasp" va de nouveau illuminer Bergame.

La dynamique de la Lazio va-t-elle se poursuivre ?

Invaincue depuis fin septembre, la Lazio était probablement l'équipe la plus en forme du championnat avant la pause. Avec 17 victoires lors des 21 derniers matches, l'équipe de Simone Inzaghi semblait un véritable rouleau compresseur que rien ne pouvait arrêter. Sauf le Covid-19. Pendant cette période d'interruption, Simone Inzaghi a continué à travailler d'arrache-pied avec ses joueurs pour entretenir le rêve du scudetto. Mais avec des stades vides et un contexte totalement différent, ils vont devoir (re)trouver l'enthousiasme mis sur pause l'espace de trois mois.

Luis Alberto - Lazio-Bologna - Serie A 2019/2020 - Getty Images

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"Les équipes les plus intelligentes seront avantagées dans un contexte aussi bizarre (...) C’est comme réciter au théâtre devant personne. Le joueur sera nu. Les équipes qui ont une stratégie en plus d’une tactique seront meilleures à la reprise", déclarait le grand Arrigo Sacchi début juin. Avec son identité de jeu et ses idées bien claires, la Lazio est capable de reprendre son ordre de marche.

Est-ce qu'on reverra Mario Balotelli sous le maillot de Brescia ?

La réponse est (très) probablement non. Déçu de l'attitude de son attaquant, notamment pour son manque d'assiduité aux entraînements, Brescia a décidé de licencier "SuperMario". Dans l'attente de voir si ses motivations seront validées, le club lombard n'alignera probablement plus l'ex-buteur de l'OM. Et si sa réintégration venait à être imposée par le Collège Arbitral de la FIGC (fédération italienne de football), personne ne pourra obliger son club à le faire jouer en Serie A. La rupture est consommée.

Qui de Matuidi ou Rabiot sera titulaire ?

Actuellement, la tendance penche pour le premier. Après dix titularisations de suite en Serie A, Adrien Rabiot s'était en effet assis sur le banc lors du choc contre l'Inter Milan juste avant l'interruption. Et Blaise Matuidi s'était montré plus que convaincant. Dans l'esprit de Maurizio Sarri, et pour la plupart des médias, le champion du monde est repassé devant son ex-coéquiper au PSG dans la hiérarchie du milieu. Vendredi dernier, on en a eu confirmation lors de la demi-finale de la Coupe d'Italie contre l'AC Milan : Matuidi était titulaire, Rabiot sur le banc. Même chose mercredi contre le Napoli. Après la polémique liée à son retour à Turin en mai dernier, le "Duc" est annoncé sur le départ.

Comment la Juve et Rabiot se sont mutuellement piégés

Les blessures vont-elles être plus nombreuses ?

Après une interruption de trois mois et demi, ce n’est pas à exclure. Depuis le début de la reprise des entraînements individuels et collectifs, on assiste d’ailleurs à une première vague : Deiola (Hellas) - Ibrahimovic, Duarte (Milan) - Pau Lopez, Perotti (Roma) - Manolas (Napoli) - Baselli (Toro) - Letica (SPAL, 10 jours), Milinkovic-Savic (Lazio) etc. Avec 124 matches encore à jouer en Serie A, et en plus à rythme effréné, les joueurs seront forcément plus exposés. Une étude parle d'une augmentation de 30% du risque de blessures lors des deux premières journées. Plusieurs mesures ont d’ores et déjà été prises, notamment pour lutter contre la chaleur estivale : nouveaux horaires des matches (17h15, 19h30 et 21h45), cinq changements… Espérons que cela suffise.

Doit-on profiter de Zlatan Ibrahimovic ou le reverra-t-on la saison prochaine ?

Revenu à l'AC Milan, Zlatan Ibrahimovic dispose d'une clause de prolongation automatique en cas de qualification en Ligue des champions. Pour l'heure, c'est (très) mal parti pour le club lombard. Autant dire que l'avenir du géant suédois est donc plus que jamais incertain. Déçu par le départ de Zvonimir Boban de la direction sportive, il pourrait l'être encore plus après celui très probable de Paolo Maldini, pas vraiment favorable à l'arrivée quasi certaine de Ralf Rangnick.

Pour l'instant, aucune décision ne semble encore avoir définitivement actée par "Ibra". La semaine passée, il a d'ailleurs eu un accrochage avec Ivan Gazidis, l'administrateur délégué du club lombard. L'optimisme n'est donc pas vraiment de mise. On va donc profiter des prochains matches de l'ancien attaquant du PSG, actuellement blessé à un mollet. Petit conseil pour Milan, le conserver serait une bonne idée.

Ibrahimovic vs Gazidis, Milan 2020

Crédit: Eurosport

A qui vont profiter les cinq changements ?

Buffon, De Sciglio, Chiellini, Pjanic, Khedira, Dybala, Danilo, Rugani, Rabiot, Bernardeschi : voilà le dernier banc de la Juve face à l'Inter avant l'interruption. Comme souvent, le club piémontais a quasiment deux équipes en une. Avec cinq changements à sa disposition, Sarri pourra certainement profiter de la profondeur de son effectif. Et avec un match tous les trois jours, c'est un luxe. La Lazio n'aura pas cette chance. L'Inter un peu plus (Eriksen, Sanchez de retour de blessure, Sensi aussi...). Avec 14 buts en provenance du banc depuis le début de saison, l'Atalanta s'annonce redoutable.

Que se passera-t-il si un cas positif est détecté ?

C'était probablement la dernière question épineuse à régler. Malgré la pression des instances de football, le Comité technique et scientifique était inflexible : si un cas positif était avéré (joueurs, membres du staff ou autres), une quarantaine d'équipe serait alors décrété. Un élément qui aurait pu sérieusement compromettre la fin de saison. "Il y a eu des contacts avec le ministère des Sports et celui de la Santé, je ne sais pas s'il sera possible d'assouplir cette norme", déclarait le 8 juin dernier Gabriele Gravina, le président de la Fédération italienne de football (FIGC).

Finalement, ce dernier a eu raison d'insister. Vendredi dernier, le Comité technique et scientifique a donné son feu vert pour une quarantaine individuelle et non plus collective. Résultat, si un cas positif est détecté, le reste de l'équipe ne sera pas placé en isolement, mais uniquement testé au Covid-19.

Que dit le protocole sanitaire ?

Avant d’obtenir le feu vert définitif pour la reprise, la FIGC a établi un . Dans un document intitulé "Lignes directrices pour la reprise du championnat", long de 36 pages, on remarque notamment qu'une limite de 300 personnes par rencontre a été fixée. De plus, les joueurs devront par exemple porter un masque à leur montée dans leur bus préalablement désinfecté, avoir une bouteille personnalisée, éviter les poignées de main ou encore être séparés sur le banc de touche.

Ils auront également interdiction de protester après une décision arbitrale. "Les joueurs ne pourront plus protester envers les officiels et se rapprocher, pour quelconque raison, à moins de 1,5 mètre de distance", peut-on lire page 34. Pour les journalistes, la salle de presse restera fermée. La zone mixte aussi.

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