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Du vestiaire au terrain, Ibra a (déjà) remis Milan à l'endroit

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Zlatan Ibrahimovic (AC Milan)

Crédits Getty Images

ParGuillaume Maillard-Pacini
08/02/2020 à 14:53 | Mis à jour 09/02/2020 à 11:46
@guillaumemp

SERIE A - De retour à l'AC Milan depuis fin décembre, Zlatan Ibrahimovic a déjà changé la vie du club lombard. Si le géant suédois n'a inscrit qu'un seul but, sa simple présence a permis de réveiller une équipe alors à la dérive. Avec cinq victoires et deux nuls lors des sept derniers matches, les Rossoneri s'avancent plus sereinement vers le derby face à l'Inter, ce soir (20h45).

Pour comprendre l'impact du retour de Zlatan Ibrahimovic à l'AC Milan, il suffit de se balader autour de San Siro un jour de match. Tout le long de la "Via Federico Caprilli", une grande et longue rue empruntée par des milliers de tifosi pour se rendre dans l'enceinte milanaise, s'érigent plusieurs stands ambulants aux produits en tout genre. Maillots, drapeaux ou gadgets... Difficile de s'y retrouver tant les plaisirs sont variés. Mais depuis fin décembre, un nom se retrouve à peu près sur tout ce qui est possible et imaginable : celui du Zlatan Ibrahimovic, qui a fait officiellement son come-back le 27 décembre dernier.

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Entre les écharpes "IZBACK", slogan lancé par le club lombard au moment de l'annonce du retour d'Ibrahimovic, et le flocage numéro 21, son nouveau numéro, le géant suédois est partout. Il faut dire que la partie rouge et noire de Milan ne s'est jamais vraiment remise de son départ à l'été 2012. Pas forcément enchanté non plus de faire ses valises, Zlatan s'était alors envolé pour Paris en compagnie de Thiago Silva.

"Quand je suis parti, c’était sans mon accord. Milan, c’est chez moi", a-t-il rappelé lors de sa conférence de presse de présentation début janvier. Après plus de sept années et un refus d'y revenir l'année passée ("Je n'étais pas prêt"), le revoilà dans un club qu'il considère comme "sa maison". Et qu'importe si elle est en ruines depuis maintenant plusieurs saisons.

Tout d'abord, l'influence dans le vestiaire

Au moment d'accepter l'offre de Paolo Maldini et Zvonimir Boban, qui l'ont "harcelé" de coups de téléphone après la claque reçue à Bergame (5-0) fin décembre, Ibrahimovic savait bien dans quel bourbier il s'apprêtait à mettre les pieds. Mais le presque quadragénaire (38 ans) a quand même dit oui. Tout d'abord pour lui, histoire de se frotter une dernière fois au football européen après deux saisons à Los Angeles. Mais aussi pour l'AC Milan, un club qu'il affectionne tout particulièrement. Tout comme la ville, d'ailleurs. Il y a rapidement repris ses marques et ses habitudes.

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Au-delà de l'énorme impact médiatique de son retour, Ibrahimovic a changé la vie de tout un club. Le patron, c'est lui. Et cela s'est rapidement ressenti. Débarqué dans le vestiaire le plus jeune de Serie A, Zlatan a imposé d'entrée sa culture de l'exigence et du travail. "Nous avions vraiment besoin d’un leader comme lui. Sa seule présence est bonne pour l’équipe. Il est en pleine forme et entraîné. Zlatan fait toujours peur aux adversaires, même à 38 ans. Avec lui, on travaille même après l'entraînement", confiait récemment son coéquipier Hakan Calhanoglu. Si Milan a décidé de faire une exception à sa politique jeunesse, c'est exactement pour obtenir cet effet.

Trop friable et naïve, l'équipe milanaise manquait de personnalité et de caractère depuis bien trop longtemps. Avec Ibrahimovic, elle ne subit plus forcément les évènements. Maintenant, elle cherche à les provoquer. En quelques semaines chrono, le Suédois a mis tout le monde au diapason. "Avant, je jouais avec lui sur PlayStation", expliquait Rafael Leão la semaine passée. Entre respect et admiration, l'ancien Lillois, de presque vingt ans son cadet, a lui aussi de quoi apprendre aux côtés de Zlatan.

"Même à 38 ans, Ibra a cette culture et cette mentalité qui t'obligent à donner quelque chose en plus, nous confie-t-on du côté du club milanais. Même les joueurs le disent. Il a apporté de l'expérience et une attention majeure. C'est l'un des seuls à avoir gagné quelque chose dans le vestiaire. Et il a changé les choses bien au delà-du terrian. C'est comme un totem pour nous." Pour les dirigeants milanais, le premier objectif est rempli. Avant même l'aspect du terrain, la venue d'Ibrahimovic était faite pour responsabiliser l'ensemble des joueurs.

Ensuite, celle sur le terrain

En débarquant à Milanello le 2 janvier dernier, le géant suédois a alors trouvé une équipe sportivement à la dérive : 11e au classement, 8 défaites au compteur et à peine giflée de cinq buts par l'Atalanta. De quoi lui donner un ordre d'idée sur l'ampleur du chantier. Mais pas du genre à se tourner les pouces, "Ibra" a voulu prendre les choses en main sans attendre. Après 2794 jours, il retrouvait la pelouse de San Siro le 6 janvier face à la Sampdoria. Malgré une ovation et quelques occasions, son entrée resta vaine (0-0).

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La semaine d'après, Stefano Pioli, son entraîneur, décidait de le lancer d'entrée sur la pelouse de Cagliari dans un système inédit : un 4-4-2 venait alors suppléer le trop stérile 4-3-3. Première titularisation, premier but et première victoire (0-2) depuis début décembre pour son équipe. Depuis, elle en a remporté quatre autres pour un seul nul (toutes compétitions confondues). L'effet Ibrahimovic ? Sans aucun doute, même s'il n'a retrouvé le chemin des filets qu'à une seule reprise, face au Torino (4-2) en quart de finale de la Coupe d'Italie. "Avec lui, on gagne même des matches où on joue mal. Son influence et sa mentalité sont déterminantes pour les autres joueurs", résume une source interne.

À dire vrai, l'ex-attaquant de l'Ajax Amsterdam, de la Juventus et du Barça a aussi raté pas mal d'occasions. Et pas forcément les plus difficiles à concrétiser. Dans son jeu et ses déplacements, Ibrahimovic reste pour l'instant à l'économie. Même chose du côté de l'engagement et des duels, où il limite parfois la prise de risque. Son corps, Zlatan le connaît mieux que personne. Et après deux saisons en MLS, la prudence a parfois tendance à le gagner, lui qui n'avait plus foulé les terrains depuis le 25 octobre.

Toutefois, son sens du jeu est intact. Depuis son retour, Milan en a d'ailleurs adopté un plus direct, quitte à lancer des longs ballons vers lui. Et ça marche, comme face à l'Udinese (3-2), où Ante Rebic avait su profiter d'une déviation du numéro 21 en toute fin de rencontre. Souvent, sa simple présence attire deux voire trois joueurs adverses. De quoi pousser ses coéquipiers à se projeter plus facilement dans la surface. Tout l'inverse d'une première partie de saison marquée notamment par une attaque souvent muette : 16 buts en 17 matches. Avec Ibrahimovic sur le terrain, c'est une toute autre histoire : 13 buts... en 5 matches.

Maintenant, le derby

Absent face à l'Hellas Vérone (1-1), dimanche dernier, Zlatan devrait faire son retour dès ce week-end pour la 23e journée. Malade et victime d'une légère fatigue musculaire au mollet, le Suédois a eu droit à un entraînement personnalisé presque tout la semaine. Le but ? Le récupérer à 100% en vue du derby face à l'Inter, dimanche soir (20h45). S'il est revenu en Italie, c'est aussi (et surtout) pour disputer ce genre de match. Et depuis son passage à l'Inter, entre 2006 et 2009, les retrouvailles sont toujours houleuses avec les Nerazzurri.

Penalty Materazzi Ibrahimovic Inter Milan

Crédits AFP

La dernière fois, c'était en mai 2012 avec un doublé au goût amer. En s'inclinant 4-2, Milan avait alors déposé les armes dans son combat pour le titre avec la Juventus. Cette fois, et même si le championnat est encore long, c'est bien l'Inter qui est dans cette situation. Inutile de dire qu'Ibrahimovic et sa bande se feraient un malin plaisir de faire trébucher leurs cousins intéristes.

Personnellement, le natif de Malmö sait à quoi s'attendre. Puisque c'est l'Inter qui reçoit pour ce 225e "Derby della Madonnina", l'ambiance ne s'annonce pas vraiment un hommage à l'hymne à l'amour. Lors de la réception de Cagliari (1-1), le 26 janvier dernier, ses anciens tifosi n'avaient pas hésité à le couvrir d'insultes à distance. Comme pour lui donner un avant-goût de ce qui l'attend dimanche soir. Sur le terrain, l'heure ne sera pas aux câlins non plus. Le trio Godin-De Vrij-Skriniar promet à Ibrahimovic une soirée d'enfer. Mais à vrai dire, ce dernier n'attend que ça.

Comme depuis toujours, le géant suédois puise ses forces dans l'adversité. Les sifflets ? Il s'en nourrit. Encore plus à 38 ans. Zlatan le sait, sa présence inspire toujours une certaine crainte chez l'adversaire. De ses 9 derbies milanais disputés avec les deux clubs, il en a remporté six et perdu trois, Son compteur affiche six buts et deux passes décisives. Dimanche soir, son club en aura bien besoin.

Pas vraiment favori sur le papier, l'AC Milan n'a plus gagné face à l'Inter en championnat depuis plus de quatre ans. Et pour retrouver un succès dans un derby joué "à l'extérieur", il faut remonter à encore plus loin. C'était il y a une vie : une victoire 1-0 le 14 novembre 2010. L'unique buteur de la rencontre ? Un certain... Zlatan Ibrahimovic.

Zlatan Ibrahimovic - Milan-Inter

Crédits Eurosport

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