Parfois, un simple coup de téléphone peut vous changer la vie. Ou la carrière, au choix. Alors qu'il traînait son spleen à l'OM et que la fin du mercato approchait à grands pas, Maxime Lopez a eu la bonne surprise de recevoir, lors des premiers jours d'octobre 2020, une proposition de Sassuolo. "Un cadeau tombé du ciel", nous confie-t-il en exclusivité. Pour le convaincre de rejoindre l'Émilie-Romagne, le technicien des Neroverdi Roberto De Zerbi décide de joindre directement le milieu de terrain.
"C'était après le match contre l'OL, se souvient Maxime Lopez. Mon agent me dit que le coach voulait me parler. J'ai évidemment accepté. Cela n'a pas duré très longtemps, mais il m'a fait comprendre qu'il voulait que je rejoigne vraiment Sassuolo. Contre Lyon, j'étais rentré attaquant droit. Il m'a dit que ça lui faisait mal au cœur de me voir jouer à ce poste. Il a rajouté : 'Si tu veux prendre du plaisir et jouer au foot, viens avec nous'. Au bout de 5-10 minutes, il m'avait déjà convaincu." Après leur échange (en espagnol), les négociations s'accélèrent et un prêt est formalisé entre l'OM et Sassuolo. L'option d'achat automatique, qui n'était plus ou moins qu'une formalité, est officiellement levée à la mi-avril après le 22e match du joueur sur la pelouse de Benevento (1-0), ce qui permet au club olympien de récupérer une somme entre 1 et 3 millions d'euros. De quoi satisfaire toutes les parties concernées.
Avant de quitter l'OM, vous aviez décidé de prolonger votre contrat pour que le club récupère une indemnité de transfert. C'est quelque chose à laquelle vous teniez ?
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31/08/2021 À 07:25
Maxime Lopez : J'étais en fin de contrat. Tout le monde sait l'attachement que j'ai pour le club et la ville. Cette situation me pesait, puisque j'aurais pu partir libre en fin de saison si je n'avais pas eu cette prolongation. J'en avais parlé avec mes agents, je voulais que l'OM touche quelque chose pour mon départ. C'est vrai que ce n'est pas une très grosse somme, mais ça reste quelque chose quand même. C'était important pour moi.
Est-ce toutefois un regret de ne pas avoir disputé la Ligue des champions avec l'OM ?
M.L : Pour n'importe quel jeune Marseillais, le rêve est de jouer avec l'équipe première de l'OM. Après, si on peut jouer en plus la Ligue des champions, c'est encore plus beau. Ce n'est pas trop un regret car j'ai disputé deux campagnes de Ligue Europa, dont une où on parvient à se qualifier en finale. Je pense que ça n'arrive pas tout le temps. J'étais forcément un peu déçu car la C1 reste un cran au-dessus. Mais j'avais vécu de très bons moments européens avec Marseille, j'ai donc relativisé.
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Est-ce plus dur pour un "minot" de s'imposer à l'OM au vu de la pression qui peut peser sur ses épaules ?
M.L : On sait à quel point c'est un club populaire, l'un des plus populaires en Europe d'ailleurs. C'est forcément très compliqué, on a une grande pression des supporters, de la presse... On l'a encore vu cette année dans les moments difficiles. C'est parfois dur à porter et à assumer. Mais je pense que le fait d'être issu de la ville a été une force. J'ai su bien gérer ces facteurs. Je connaissais ces facteurs et je connaissais ce contexte. Cela ne me dérangeait pas, je parvenais à faire abstraction de tout ce qu'il pouvait se passer. Je ne me concentrais que sur le football.
En acceptant de signer à Sassuolo, est-ce que vous n'avez pas eu peur de perdre en visibilité ?
M.L : Il fallait vraiment que je parte pour trouver du temps de jeu. Et Sassuolo, c'était vraiment une belle opportunité. Ce n'est pas l'Inter, la Roma ou un autre grand club d'Italie, mais c'est une très belle équipe qui commence à se faire connaître de tous. Il y a de plus en plus de monde qui nous suit... Aujourd'hui, nous sommes huitièmes juste derrière la Roma. Et quand tu vois les sept qui sont devant, ce n'est pas rien. Pour moi, le plus important était de jouer et de prendre du plaisir. C'est ce que je fais ici. Les gens pouvaient penser que j'allais me perdre un peu, alors que pas du tout. Tout le monde me fait confiance et c'est ce dont j'avais besoin.
De Zerbi, un Loco Bielsa en un peu plus jeune
Quel type d'entraîneur est Roberto De Zerbi, qui intéresserait notamment l'OL et le Shakhtar Donetsk ?
M.L : Il a tout pour devenir un très grand coach. C'est un génie fou. Il a ce génie dans la manière de préparer les matches, de les aborder, dans sa tactique... Pour ceux qui regardent nos matches, ils peuvent voir qu'il est parfois fou sur le bord du terrain. J'en rigole avec lui car je sais qu'il aime Marcelo Bielsa, dont le surnom est "El Loco". On en parle un peu et je le compare parfois à lui. Bielsa, c'est un "Loco" un peu plus âgé qui sait se contenir. De Zerbi, c'est un "Loco" en un peu plus jeune. Il a souvent du mal à se contenir (rires).
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Trouvez-vous qu'il y a des similitudes entre Bielsa et De Zerbi ?
M.L : Tout d'abord, il y a des similitudes dans le jeu. Je me souviens qu'avec Bielsa à l'OM, on jouait vraiment très bien. On repartait toujours proprement, j'en parlais souvent avec Steve (Mandanda) qui me disait qu'il avait un rôle important dans les sorties de balle. Mais défensivement, c'était souvent de l'individuel. Avec De Zerbi, c'est différent. On jouait également de manière plus verticale avec Bielsa, alors qu'on prend plus le temps ici pour ressortir le ballon. Mais c'est vrai qu'il y a des points communs entre les deux, comme dans le travail et la durée des entraînements. C'est souvent 2h30-3h de travail.
Comment se déroule un entraînement type avec De Zerbi ?
M.L : Tout dépend des jours. En début de semaine, on fait un peu plus de jeu et de conservation de balle. Mais toujours en rapport avec le match qui nous attend. Ensuite, on commence à se focaliser sur la tactique au fur et à mesure de la semaine. On se met souvent en situation à l'entraînement, avec une équipe qui se dispose comme l'adversaire et l'autre qui joue comme nous le faisons. C'est de la tactique approfondie. Et en général, c'est comme ça que se déroule le match. Il se passe exactement ce qu'on avait travaillé à l'entraînement.
Vous semblez prendre beaucoup de plaisir à Sassuolo...
M.L : Avant de venir, je connaissais l'équipe puisque je suis un grand fan de Football Manager. J'avais également vu plusieurs matches, dont un qui m'avait particulièrement marqué contre la Juventus. Je savais où je mettais les pieds. Mon souhait était d'avoir une équipe qui jouait au ballon. Et j'ai rapidement compris qu'ici, il ne faut presque jamais le dégager. Même si parfois on prend évidemment des risques. Le coach nous dit toujours qu'il faut tenter, quitte à rater. Il ne veut pas que son équipe joue avec de la peur.
Quelles différences majeures avez-vous pu constater entre la Serie A et la Ligue 1 ?
M.L : Ce n'est pas une découverte, mais le championnat italien est évidemment plus développé du point de vue tactique. Les séances peuvent parfois durer plus de deux heures ici. La Ligue 1 est quant à elle plus physique. Ici, j'ai beaucoup progressé tactiquement. On me reprochait beaucoup ma phase défensive à Marseille. C'était l'aspect que je devais travailler le plus. Aujourd'hui, je parviens à mieux me placer et récupérer plus de ballons. Avant, je m'essouflais parfois un peu trop. Je trouve que la Serie A est également de plus en plus relevée. Il suffit de regarder la bataille actuelle pour la Ligue des champions, même celle pour le maintien...
Il fallait que je parte
Pour vous, cette renaissance est-elle également une forme de revanche ?
M.L : J'ai toujours aimé les situations où je suis dans le dur. C'est là qu'on peut voir le mental et le caractère d'un joueur. A Marseille, je commençais à tomber aux oubliettes. C'est pour ça qu'il fallait que je parte. Aujourd'hui, je suis heureux de notre saison avec Sassuolo. Et d'un point de vue personnel, je dispute une saison pleine. C'est difficile de demander plus. Mon option d'achat a été récemment levée, ce qui me permet de continuer l'aventure ici. J'étais impatient que ce jour arrive tant j'ai retrouvé le plaisir de jouer au football. Je suis très content.
La page OM est-elle donc définitivement tournée ?
M.L : Oui. Mais elle l'est depuis le jour où j'ai rejoint Sassuolo en octobre. Après, ce n'est que la page football qui se tourne. J'aurai toujours un attachement particulier à la ville et au club. J'ai encore ma famille et mes amis sur Marseille.
Boubacar Kamara est d'ailleurs l'un d'entre eux. Votre réussite à l'étranger prouve-t-elle qu'un "minot" peut parvenir à s'imposer ailleurs qu'à Marseille ?
M.L : Ce serait fou de dire non, il suffit de voir l'exemple de Samir Nasri. Après, il faut toujours voir les situations au cas par cas. Notre attachement à Marseille et l'OM reste pour toujours, mais parfois il vaut mieux partir pour la suite d'une carrière. Je parle énormément avec Boubacar, je pense qu'il n'a pas encore pris de décision. Il verra bien en fin de saison. Ce sera à lui de prendre une décision. Avec ses performances, ce n'est pas étonnant de le voir courtisé par des clubs.
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