"Mon travail, c’est de marquer des buts et créer des situations dangereuses". Interrogé à la mi-temps de Milan-Crotone, dimanche dernier, Zlatan Ibrahimovic ne s'était pas vraiment attardé sur le 500e but de sa carrière en club, qu’il venait d’inscrire une vingtaine de minutes plus tôt. Heureux, le numéro 11 rossonero l’était certainement. Mais il restait alors une mi-temps à jouer, un match à gagner et une première place à récupérer. Quarante-cinq minutes plus tard, c’était chose faite, avec en prime un 501e but. Un peu comme Andriy Shevchenko qui, lors d’un week-end de novembre 2003, avait inscrit lui ses 100e et 101e buts. Différence(s) : c’était face au Chievo Vérone… et le Ballon d’Or 2004 les avait tous inscrit avec un seul maillot. Pas vraiment le cas des 501 réalisations du Suédois. Mais l’important n’est pas vraiment là pour celui qui peut d’ailleurs viser la barre des 100 buts avec Milan (il en est à 88, ndlr).
Dimanche, Zlatan a inscrit son sixième doublé de la saison en Serie A. Personne ne fait mieux dans les cinq grands championnats, comme le soulignait La Gazzetta dello Sport lundi. Il n’y a que deux autres monstres qui parviennent à l’égaler dans ce classement des joueurs capables d’inscrire au moins deux buts dans une rencontre : Cristiano Ronaldo (six doublés aussi) et Roberto Lewandowski (dont un match à 4 buts et un à 3 buts). Mais comme le rappelait La Gazzetta dello Sport lundi, l’ancien attaquant du PSG n’a disputé "que" 11 matches de championnat cette saison, entre blessures et contamination au Covid-19. Si son équipe n’a pas ralenti la cadence pour autant, Zlatan, lui, affiche donc une moyenne de buts par matches joués en championnat hors du commun.
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1,27 but par match

En inscrivant 1,27 but par rencontre disputée, Ibrahimovic se classe devant Robert Lewandowski (1,26), Cristiano Ronaldo (0,94), Erling Haaland (0,93) et André Silva (0,89). Luis Muriel, lui, est en revanche devant à la moyenne de buts par minutes jouées : 12 buts en 647 minutes cette saison. Zlatan ? 14 en 881. L’attaquant de l’Atalanta Bergame marque donc un but toutes les 54 minutes, contre 62 minutes pour celui de l’AC Milan. Mais le premier a joué plus de matches que le second, qui a manqué presque deux mois de compétition depuis le début de la saison. Pas rien quand on s’approche des quarante ans. "Pour moi, il peut jouer encore cinq ans", lâchait Mino Raiola, son agent, courant décembre. Comme souvent, ce dernier a probablement exagéré. Mais quand on voit le rendement affiché par son joueur, on aurait presque un doute.

Zlatan Ibrahimovic

Crédit: Getty Images

"La vraie force du Suédois n’est pas tant dans le nombre de buts marqués, mais plutôt dans sa capacité à les inscrire en aussi peu de matches", écrivait La Gazzetta dello Sport. Contrairement à lui (11 rencontres, dont une entrée en jeu de 5 minutes), Lewandowski en a disputé 19 cette saison en Bundesliga. De son côté, Cristiano Ronaldo a joué 17 matches de Serie A. Pour Romelu Lukaku, dont la moyenne est de 0,7 but/match, on monte à 20 rencontres disputées avec l’Inter Milan. Dans ce millésime 2020-2021 du Calcio, Zlatan a marqué lors de huit de ses onze matches disputés. Et à six reprises pour inscrire un doublé.
Certains avaient des doutes sur sa capacité à répondre au défi physique des grands matches ? Le géant suédois a marqué contre tous les "gros" depuis son come-back en janvier 2020. L’Inter ? 4 buts et 1 passe décisive en 3 rencontres. La Juve ? 1 but et 1 passe décisive en 2 matches. La Roma ? Un doublé lors de la phase aller. Même chose pour le Napoli. Capable de faire évoluer son jeu (il recule moins que par le passé), conscient des limites de son corps et doté d’une intelligence de jeu intacte au fil du temps, le "Z" se bonifie avec le temps.
Plus mature, leader d’un vestiaire comme rarement dans sa carrière, apprécié par tous les jeunes qui l’entourent et font des efforts que lui ne peut plus forcément faire, Ibrahimovic semble plus épanoui que jamais. "Ce retour à Milan m’a changé, je suis vraiment heureux", confiait-il presque ému à la mi-janvier après un doublé (encore) face à Cagliari. Le Zlatan 2.0 a en effet bien changé, même si l’ancien n’est en réalité jamais bien loin.

Prolongation à venir ?

Si personne ne sait encore jusqu’où ira la bande à Stefano Pioli, actuellement leader de Serie A, une chose est certaine : rien n’aurait probablement été possible sans le retour du numéro 11. Mentalité, travail, sacrifice, exigence : "Ibra" a apporté un ensemble de valeurs à un club qui en a toujours eu, certes, mais dont l’équipe avait probablement égaré au fur et à mesure des saisons de galère. Avec lui, la musique a changé sur le terrain et en dehors. Les actes ont suivi les paroles. Les résultats ont confirmé le changement. Assez pour le voir rester une saison de plus ? C’est la tendance du moment, malgré une famille restée en Suède et qui lui "manque" au quotidien.
Zlatan Ibrahimovic, l’essence de la revanche
"Nous sommes l'une des plus jeunes équipes d'Europe et nous avons besoin d'un leader comme Ibrahimovic. Il nous a dit que la prolongation du contrat dépendait de son corps. Mais s'il continue à jouer comme ça, je ne vois pas pourquoi il ne devrait pas continuer sa carrière ici", a annoncé Paolo Maldini lundi à beIN Sports. Dimanche, après chacun de ses deux buts contre Crotone, Ibrahimovic a lancé un regard à la tribune où se trouvait ses dirigeants, accompagné d’un sourire et d’un geste signifiant plus ou moins : "Encore un de plus". Comme pour les convaincre qu’il est temps de prolonger son bail. "Tout dépend de Paolo (Maldini), c’est entre ses mains", avait-il confié il y a quelques semaines. Est-ce donc une simple question de temps ? Probable. Avec Ibrahimovic, il ne semble d’ailleurs plus vraiment compter.

Zlatan Ibrahimovic après son but sur penalty pour l'AC Milan à Cagliari en Serie A le 18 janvier 2021

Crédit: Getty Images

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