Ne l'appelez plus "Big Rom". Mais plutôt "Very Big Rom". Depuis son arrivée à l'Inter Milan, Romelu Lukaku a pris une toute nouvelle dimension. Inutile de faire la fine bouche : peu d'observateurs auraient misé sur un tel impact du Belge du côté de la "Beneamata". On parle quand même de 41 buts en 58 matches, dont 7 cette saison entre le championnat et la coupe. Dans l'économie de jeu des Nerazzurri, Lukaku a disputé 605 minutes en ce millésime 2020/2021. On pouvait donc facilement imaginer l'importance du Diable Rouge pour toute une équipe, dont il est devenu aujourd'hui l'un des leaders. Son adaptation express à la culture italienne a bien aidé, tout comme la vitesse à laquelle il a appris à maîtriser la langue de Dante. Mais comme le dit le dicton, on reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en s'en allant. Lukaku n'est pas parti, certes. Mais il a dû temporairement abandonner les siens en raison d'une blessure musculaire à la cuisse gauche. Depuis, son absence se fait ressentir. Et pas qu'un peu.

Jusqu'ici, l'ancien attaquant de Manchester United avait relativement été épargné. La saison passée, il avait disputé 51 matches toutes compétitions confondues, en manquant seulement deux en juillet pour une autre blessure musculaire. Pour l'heure, Lukaku n'a raté que deux rencontres. Le premier face à Parme (2-2) samedi dernier, où l'Inter est parvenue à arracher un point après avoir été menée 0-2. Puis le second contre le Real Madrid, mardi dernier en Ligue des champions. Malgré une belle prestation qui laissera beaucoup de regrets à Conte et ses hommes, la rencontre s'est ponctuée par une défaite (3-2). Si le début de la saison du club lombard connaît bien des difficultés (même avec Lukaku sur le terrain), le retour de son géant devant est espéré pour le choc face à l'Atalanta Bergame dimanche (15h). Dans le jeu, sa présence est indispensable.

Ligue des champions
L'Inter s'impose à Mönchengladbach et offre une dernière chance au Real
01/12/2020 À 21:54

Lukaku, le géant qui cache parfois la forêt

Il n'y a pas de honte à être dépendant d'un joueur. Tous sont remplaçables ? C'est vrai, mais certains moins que d'autres. Demandez par exemple à la Juventus Turin comment était la vie sans Cristiano Ronaldo, ou encore à l'AC Milan l'importance de Zlatan Ibrahimovic et Ismaël Bennacer dans sa trame de jeu. Pour l'Inter, c'est plus ou moins la même chose avec Lukaku. Dans sa façon de bouger sur le terrain, de se démarquer, de protéger son ballon dos au but, d'orienter le jeu des siens... Quand les Nerazzurri ne savent parfois pas quoi faire du ballon, ils savent à qui le transmettre. Le Belge est capable de tenir son équipe en vie quand elle agonise. Il peut la prendre sur ses énormes épaules pour la sortir d'un traquenard.

Inter-Milan, Romelu Lukaku segna il gol dell'1-2

Crédit: Getty Images

Quand Lukaku n'est pas dans une bonne journée (ce qui est plutôt rare), c'est toute son équipe qui ne tourne pas. Comme une horloge qui suivrait uniquement le rythme de sa plus grande aiguille. "Quand l'Inter trouve une équipe qui se renferme, Lukaku devient indispensable. Parfois, je pense qu'il est plus important pour son équipe que Zlatan ne l'est pour Milan", estimait même récemment la légende nerazzurra Beppe Bergomi, désormais consultant pour Sky Italia. Personne ne possède les caractéristiques du Belge au sein de l'Inter : Lautaro Martinez est un joueur au profil totalement différent, même chose pour Ivan Perisic et Alexis Sanchez. Le jeune Andrea Pinamonti, lui, s'en rapproche un tout petit peu plus. Mais c'est encore beaucoup trop léger. Et c'est bien normal qu'il en soit ainsi pour un joueur qui a encore toute une carrière devant lui.

Bouée de sauvetage

"Lukaku est une sorte de bouée de sauvetage, il protège tous les ballons qui arrive dans sa zone, écrivait Tuttosport au lendemain de la défaite face au Real Madrid. Quand deux équipes comme Parme et le Real bloquent toutes les lignes de passes, ça devient compliqué. L'Inter a eu beaucoup de mal à construire au début de ses actions, terminant parfois dans des zones dangereuses du terrain. La tendance a été accentuée par l'impossibilité de s'appuyer sur la chaloupe Lukaku." Au contraire de son fidèle bras droit Lautaro Martinez, en légère reprise après des prestations parfois inabouties, le Diable Rouge ne déçoit que très rarement. Petit ou gros match : il est presque toujours à la hauteur de l'évènement.

36e j. - Conte : "Lukaku est un joueur atypique"

"Lukaku est imparable. Il est comme le train du film avec Denzel Washington, c'est une force de la nature, expliquait récemment l'ancien bomber Christian Vieri dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. Tu lui donnes 50 mètres sur le terrain et il te détruit. Le défenseur ne peut jamais l'anticiper. Si je me revois en lui ? Oui, notamment pour le pied gauche et les kilos, même s'il est plus imposant que moi. J'aime beaucoup comment il joue pour l'équipe. Lui et Lautaro, pour les qualités dont ils disposent, forment un duo parfaitement complémentaire."

Malheureusement pour l'Inter, "(Very) Big Rom" ne peut pas tout faire. Son physique a beau être impressionnant, il ne parvient pas à cacher toute la forêt de problèmes de son équipe : une défense qui prend l'eau (10 buts encaissés après 6 journées contre 2 seulement la saison dernière), un manque de solutions alternatives au 3-5-2, un équilibre et un esprit d'équipe à retrouver. La conquête du "Scudetto" passera par là. Aujourd'hui, l'Inter est mal en point en C1 (dernière de son groupe) et 6e de Serie A. Rien n'est encore compromis, évidemment. Mais certains jokers ont d'ores et déjà été grillés. "Antonio Conte a juste besoin de victoires et de belles pensées à l'heure actuelle. Avec Lukaku, cela semble plus facile de les obtenir", écrivait La Gazzetta dello Sport dans ses colonnes jeudi. Un seul être vous manque...

Serie A
Battue par le Hellas, l'Atalanta n'avance plus en championnat
28/11/2020 À 21:35
Serie A
L'Inter déroule à Sassuolo et remonte à la 2e place
28/11/2020 À 16:20