Il est partout, tout le temps. Cette saison, Adrien Tameze a disputé les 31 rencontres (20 titularisations, 11 entrées en jeu) de l'Hellas Vérone en Serie A sans en manquer une seule. Et le milieu de terrain, qui court en moyenne une bonne douzaine de kilomètres par match, est également le deuxième meilleur récupérateur de ballons de son équipe. Igor Tudor, son entraîneur depuis septembre dernier, en a rapidement fait son couteau suisse. L'ancien Niçois a ainsi évolué à presque tous les postes à partir du milieu. De quoi altérer ses prestations ? Certainement pas.
Avec une moyenne de 6,41/10 dans le carnet de notes de La Gazzetta dello Sport, il fait partie des meilleurs joueurs de Serie A à son poste. Sa capacité d'adaptation, son volume de jeu, son abattage, ses courses, sa technique : tout le monde est séduit par le Franco-Camerounais, qui est d'ores et déjà annoncé dans le viseur du Napoli pour le prochain mercato estival. A 28 ans, Tameze s'éclate comme jamais en Italie.
Ligue 1
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01/07/2022 À 15:02
Quatre buts, deux passes décisives et aucun match manqué... A 28 ans, disputez-vous actuellement la meilleure saison de votre carrière ?
A.T : Oui. Je sens que j'ai progressé dans énormément de domaines. Et c'est vrai que je devais également évoluer au niveau des statistiques. Cette année, j'ai marqué quelques buts en plus de délivrer des passes décisives. Je suis content d'être à ce niveau aujourd'hui.
A Vérone, le quotidien "L'Arena" vous a récemment qualifié de "stakhanoviste de qualité". C'est flatteur, non ?
A.T : C'est évident que ça fait énormément plaisir. Quand tu réalises de belles choses et que les gens s'en rendent compte, c'est plaisant. Cela veut dire que je travaille bien, que je progresse. C'est le plus important pour moi.
Vous parcourez 12 kilomètres par match et vous êtes le deuxième meilleur récupérateur de ballon de votre équipe...
A.T : On a un style de jeu qui impose de faire pas mal de kilomètres, on s'entraîne beaucoup pour ça. C'est ce qui fait aussi que nous réalisons une telle saison.
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L'un de vos secrets repose-t-il justement dans l'intensité des entraînements que vous disputez depuis votre arrivée en Italie ?
A. T : Si on ne s'entraîne pas au rythme où on joue le week-end, on ne serait pas capables de disputer les matches de cette façon. On court beaucoup, on fait beaucoup de pressing... Nous avons un style de jeu particulier. Nous devons nous entraîner avec de l'intensité la semaine, c'est important. C'est ce qui fait la différence.
Les joueurs français qui découvrent la Serie A pointent souvent beaucoup de différences avec la Ligue 1.
A.T : C'est la même chose de mon côté, on en parle souvent avec les autres joueurs français. Il y a beaucoup d'aspects qui diffèrent avec ceux qu'on a pu connaître en France, notamment celui tactique. C'est un ensemble de choses qui fait que nous travaillons bien en Italie.
Pouvez-vous nous raconter une séance d'entraînement classique en Italie ?
A.T : On fait beaucoup de travail physique et sans ballon, avec des courses "sèches". Mais on travaille également la possession, le jeu, avec et sans tactique. Nous faisons des séances bien complètes tout au long de la semaine, où nous pouvons retrouver un mélange de tout pour arriver jusqu'au match. C'est beaucoup de boulot.
La Serie A, un championnat que j'adore
Dans quels secteurs avez-vous le plus progressé ?
A.T : J'ai envie de dire la concentration. Avant, il m'en manquait un peu. Je pouvais faire un excellent match pendant 90 minutes et faire une erreur à la 91e. Je ne dis pas que je n'en fais plus aujourd'hui, mais quand même beaucoup moins. Je sais que j'ai énormément progressé à ce niveau-là.
En un peu plus de deux ans, vous avez été entraîné par Gian Piero Gasperini et Ivan Juric, considéré comme son "élève". Pouvez-vous nous les décrire ?
A.T : J'ai toujours eu des grands entraîneurs. Mais c'est vrai qu'en arrivant en Italie, avoir ce style de coachs a changé beaucoup de choses. Gasperini venait par exemple d'être élu entraîneur de l'année en Serie A. Gasperini, Juric... J'ai eu de la chance de pouvoir évoluer sous leurs ordres, j'ai énormément appris avec eux. Aujourd'hui, c'est la même chose avec Tudor ici.
Il faut dire qu'il réalise des miracles depuis sa venue sur le banc de l'Hellas en septembre dernier...
A.T : C'est un coach pointu, comme tous les entraîneurs en Italie. Il est très proche de ses joueurs. Moi, ce que j'aime bien, c'est ce qu'il m'a apporté sur l'aspect mental. Avec lui, nous sommes tous devenus plus forts. Même quand on baisse un peu en régime, il arrive toujours à trouver le truc pour qu'on puise encore dans nos ressources. Je trouve que c'est exceptionnel de pouvoir faire ça. Il a une voix qui porte sur le banc, il te dit toujours : "Mais si, tu peux le faire, allez !". Si je repense aux buts que j'ai marqués, c'était souvent en fin de match... Ce n'est pas anodin. Cette force, elle vient de lui.
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La presse italienne souligne souvent votre grande capacité à vous adapter à n'importe quel poste, du milieu de terrain à une position plus avancée, mais avez-vous toutefois une préférence ?
A.T : Je préfère quand même jouer au milieu. Après, découvrir d'autres postes, ça fait aussi évoluer mon jeu même si ce n'est pas toujours simple de s'adapter. Mais quand on a des blessés ou des absents, le coach me dit : "j'ai besoin de toi à ce poste" et je le fais sans aucun problème. Je suis quelqu'un qui aime la tactique et je me suis toujours intéressé à tous les postes. Notre style de jeu m'aide également, puisque nous sommes souvent en un contre un. Au final, mon match se calque sur mon adversaire direct.

"Si je peux jouer toutes les rencontres..."

Tu es arrivé en Italie dans une période compliquée pour le pays (au moment du début de la pandémie de Covid-19, ndlr), ce n’était pas trop difficile ?
A.T : C'est surtout un pays et un championnat que j'adorais. Et que j'adore toujours. Je me sens épanoui ici et je continue à apprendre des choses. Je suis heureux.
Que pouvez-vous nous dire de vos coéquipiers Antonin Barak et Giovanni Simeone, eux aussi auteurs d'une très belle saison avec l'Hellas ?
A.T : Ce sont vraiment des "top" joueurs et des "top" gars, en plus de grands professionnels. Ils s'entraînent sans relâche chaque jour, à l'image de notre équipe. Ils savent nous tirer vers le haut quand il le faut, c'est du très haut niveau.
Vous êtes à sept points de la Lazio, 6e et qualifié provisoirement pour la Ligue Europa Conference. Est-ce trop tard pour viser une qualification en Europe ?
A.T : J'aimerais qu'on termine le plus haut possible. Après, la Serie A est un championnat homogène, très serré et très compliqué. Que ce soit pour le scudetto, la relégation ou les places en Europe. C'est difficile de savoir où peut finir une équipe.
Et à titre personnel, comment espérez-vous finir la saison ? Pour l'instant, vous n'avez manqué aucun match...
A.T : J'aimerais la terminer encore mieux, même s'il ne reste pas beaucoup de matches. On va continuer à bosser pour bien finir. Si je peux jouer toutes les rencontres, je vais le faire avec grand plaisir (rires). Avec cette mentalité de devoir toujours donner plus sans jamais rien lâcher, ça me pousse à continuer dans cette voie.
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