Transferts | João Felix, l'ultime dernière chance à l'AC Milan
Par Julien Pereira
Mis à jour 04/02/2025 à 16:01 GMT+1
Cette fois, il n'a vraiment plus le choix. Après un échec à l'Atlético de Madrid, un passage infructueux au FC Barcelone et un transfert qui n'a rien donné à Chelsea, João Felix va tenter de relancer sa carrière une énième fois, cette fois-ci à l'AC Milan, où il a été prêté. Le Portugais à l'immense talent et au tout petit rendement n'a plus d'excuse.
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A force, la carrière de João Felix risque de devenir plus difficile à suivre que ses courses sur le terrain. Un an et demi après avoir quitté (provisoirement) Madrid pour Barcelone, six mois après avoir été (définitivement) transféré à Chelsea, le Portugais de 25 ans a été prêté à l'AC Milan, au dernier jour du mercato, pour y disputer la deuxième partie de saison.
Son infernal Tour d'Europe se poursuit, téléguidé par le grand manitou Jorge Mendes qui, s'il n'empochera pas d'énorme chèque sur cette transaction-là, n'a pas fait le voyage pour rien non plus : le club lombard a tout de même déboursé 5 millions d'euros pour verrouiller le prêt d'un joueur dont il assumera également l'intégralité du salaire.
Cela fait désormais (trop) longtemps que la carrière du Menino de Ouro ("Le petit en or") est une affaire de gros sous plus que de football. C'est ainsi, pour les joueurs de grand talent dont la carrière est pilotée par l'agent le plus puissant du monde, mais ce ne doit pas être une excuse. L'ancien chouchou du Benfica l'a toujours dit lui-même : le montant faramineux (127 millions d'euros) de son transfert, qui a fait de lui le cinquième joueur le plus cher de l'histoire, n'a jamais été un poids.
Felix, juste un joueur de coups ?
"Je ne me couche pas en me disant que j'ai coûté 127 millions d'euros, assurait-il, il y a encore quelques semaines, dans le podcast Geração 90. Ce n'est pas quelque chose qui me traverse l'esprit." Le problème était donc ailleurs. À Madrid, peut-être était-il incarné par Diego Simeone, dont la rigidité tactique avait fini par brider la créativité de l'international lusitanien. N'est pas Antoine Griezmann qui veut.
À Barcelone, l'impasse était financière. Malgré la proximité entre Joan Laporta, patron du club, et Jorge Mendes, étendre l'aventure catalane de João Felix au-delà de son année de prêt était inenvisageable pour les comptables de l'entité blaugrana. Et l'opération n'aurait pas été beaucoup plus réalisable si la direction barcelonaise avait réellement été convaincue par le rendement de l'attaquant.
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João Felix est tout simplement devenu un joueur de coups, capable de fulgurances lorsque le cœur lui en dit, et de disparaître lorsque l'on (re)croit en lui. Chelsea devait être une opportunité en or : le gamin de Viseu y avait apprécié son premier passage en prêt, en 2023, et avait eu des échanges fructueux avec Enzo Maresca.
L'entraîneur italien, qui a remis les Blues dans le jeu en Premier League, lui avait dit ce que le Portugais voulait entendre. Il n'a pas eu les actes qu'il attendait, hormis quelques buts lors de matches faciles de Ligue Europa Conférence ou de FA Cup. "J'aimerais lui offrir plus de temps de jeu mais il y a un équilibre défensif à avoir", résumait le coach de Chelsea à son sujet. Le football d'aujourd'hui ne fait plus de place aux joueurs qui ne font pas les efforts, encore moins à ceux dont les prouesses sont parcimonieuses.
Le problème ne peut pas toujours venir des autres
Felix semble au moins en avoir conscience, ce qui constitue toujours le premier pas vers le progrès. "J'ai peur d'échouer, de me décevoir moi-même, admettait-il dans le podcast Geração 90. Il y a des choses que je suis certain de pouvoir atteindre mais j'ai peur de ne pas les atteindre par ma faute. Je sais parfaitement ce que je veux. Je sais parfaitement ce que je dois faire pour y parvenir. Ma seule crainte est de m'éloigner de ce chemin-là, pour une raison ou une autre."
Des propos qui ont fait écho à ceux qu'avait tenus Rui Vitoria, l'entraîneur qui l'avait lancé dans le grand bain à Lisbonne, lors d'une interview accordée à Marca quelques semaines plus tôt : "Tous les professionnels doivent réfléchir à leurs capacités et à leur attitude : le problème ne peut pas toujours venir des autres."
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L'ex-joueur du Benfica fait donc désormais face à sa (vraie) dernière chance. Quelques mois réussis en Lombardie ne lui y assureraient sans doute pas un avenir : l'AC Milan n'a les moyens d'assumer ni son transfert ni son salaire, et seules des performances convaincantes et régulières pourraient ouvrir les négociations. Dans le cas contraire, difficile d'imaginer l'avenir d'un joueur qui a déjà parcouru de nombreux grands clubs européens. L'échelon inférieur veille. Et lui tend les bras.
La présence de Sergio Conceição sur le banc milanais ressemble, elle, a une main tendue. Le coach portugais est lui aussi un dur à cuir et n'est pas du genre à accorder des passe-droits aux avares d'efforts – demandez donc à Rafael Leão et Théo Hernandez. Mais le lien affectif qu'il noue avec ses hommes est un pilier de sa réussite. Avec João Felix, il est déjà construit puisque le joueur de 25 ans est l'un des amis les plus proches de Rodrigo, l'un de ses cinq fils. Ces deux-là ont déjà passé des vacances ensemble. Pourront-ils en passer d'autres dans quelques mois ?
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