Ligue 1 | Jota (Rennes), ou quand Jorge Mendes tire les ficelles

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Rennes n’attend plus que lui. Jusqu’à présent, le club breton n'a pas beaucoup profité du talentueux Jota, l'une de ses recrues phares. Le Portugais est arrivé à court de forme après un passage très délicat en Arabie saoudite. A 25 ans, l'ailier a besoin de stabilité, lui qui n’a cessé d’être trimballé par la lessiveuse Gestifute, agence du grand manitou des transferts, Jorge Mendes.

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Video credit: Eurosport

Il était un surdoué comme le Portugal en produit désormais en grappes. Il est aujourd'hui un joueur en quête de temps de jeu, de relance et, surtout, de repères. Considéré comme l'une des recrues phares du Stade Rennais, João Filipe, dit "Jota", n'a disputé que quelques minutes avec le club breton, la faute à des pépins musculaires et un retard évident sur le plan physique.
Il faut dire que le Portugais n'a pas été franchement aidé, ces derniers temps. Il y a un peu plus d'un an, alors qu'il sortait de deux saisons très réussies au Celtic, l'ailier avait été transféré à Al-Ittihad (club où évoluent notamment Karim Benzema et N'Golo Kanté). Ange Postecoglou, qui l'avait entraîné et adoré à Glasgow, aurait adoré l'emmener dans ses valises, jusqu'à Tottenham.
Mais, étonnamment, Jota a fait le choix de rejoindre la très rémunératrice Ligue saoudienne, sous l'influence de ses représentants de la Gestifute, entreprise du tout-puissant agent Jorge Mendes. Un salaire approchant les 10 millions annuels, net d'impôts, a forcément aidé à le convaincre. Et avec une indemnité de transfert avoisinant les 29 millions d'euros, le Celtic s'est résolu à laisser filer son homme au double-double (11 buts et 10 passes décisives en 2022-2023).

Au Portugal, Jorge Mendes ou rien

Sur cette trentaine de millions d'euros, 30% sont directement retombés dans les caisses du SL Benfica, puisque c'est selon ces termes que le club de Glasgow était parvenu à recruter le joueur qu'il avait obtenu en prêt dans un premier temps. L'accord avait été noué par des intermédiaires, grassement rémunérés, et tous téléguidés par Jorge Mendes.
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Jorge Mendes a eu une influence considérable dans la trajectoire de Jota

Crédit: Quentin Guichard

Quelques années plus tôt, l'ancien agent de Cristiano Ronaldo était facilement devenu le représentant de Jota. Au Portugal, son emprise est telle, et son système si développé, que rares sont les talents qui lui échappent. Et puisque le jeune Lisboète avait remporté successivement les Euro U17 et U19...
En 2018-2019, sous les pressions de son père, Jota avait pourtant bien tenté de s'éloigner de l'agent le plus puissant du monde. Insatisfait de son temps de jeu et de sa rémunération, un peu jaloux du traitement réservé à João Félix - devenu le chouchou du SLB en quelques mois - l'ailier s'était rapproché de Carlos Gonçalves, patron de l'agence ProEleven et rival, si tant est qu'il en ait vraiment un, de Jorge Mendes sur le territoire portugais.
En quelques mois, le nouvel entourage de Jota avait apaisé les relations avec la direction benfiquista, au point même de trouver un terrain d'entente autour d'une intéressante prolongation de contrat. Mais celle-ci n'a finalement jamais été signée... jusqu'à ce que Jorge Mendes revienne dans le jeu. Afin de ne pas hypothéquer ses chances de tirer une importante plus-value sur le futur transfert du joueur, Benfica avait préféré boucler les négociations autour du très réputé homme d'affaires. Prendre le risque de crisper celui qui se définit comme le "pompier du foot portugais" aurait été une folie... 

En Arabie saoudite, le grand bazar

D'un point de vue strictement financier, il est toujours plus intéressant de discuter avec Mendes. En plus d'avoir un "portefeuille" de joueurs long comme le bras, l'agent dispose aussi d'un rond de serviette dans de très nombreux grands clubs. Et il est, surtout, le premier relais lorsqu'une grande puissance mondiale souhaite mettre son nez dans le football. Hulk, Garay, Danny ou Bruno Alves en Russie, c'était lui. Le consortium chinois Fosun et son arrivée à Wolverhampton, c’était lui aussi.
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L'homme d'affaires a logiquement murmuré à l'oreille de l'Arabie saoudite, puisqu'il y a rapidement placé son client fétiche (son tout premier, d'ailleurs), l'entraîneur Nuno Espirito Santo, à Al-Ittihad. Hasard ou coïncidence, c'est donc également ce club qui a fait de Jota la plus grosse vente de l'histoire du Celtic*... avant de mettre plusieurs mois pour l'intégrer à l'effectif.
En effet, à l'arrivée du Portugais, Al-Ittihad disposait déjà de huit joueurs extra-communautaires et ne pouvait donc pas, réglementairement, en inscrire un neuvième. Quelques semaines seulement après avoir bouclé le transfert, le club a donc envisagé une tambouille interne, dans laquelle ni le joueur ni ses représentants n'ont eu leur mot à dire. Un premier prêt à Al-Shabab, autre écurie saoudienne, a d'abord été envisagé. Un second a été noué avec Al-Ettifaq. Mais les documents n'ont pas été envoyés à temps à l'organisme régulateur de la FIFA. Et l'opération est tombée à l'eau.

Coup de billard à plusieurs bandes

Jota a donc dû patienter plusieurs mois sans jouer en championnat. Seule l'arrivée d'un gardien local, qui a engendré la mise à l'écart d'un portier brésilien, lui a permis de disputer la deuxième partie de saison, sans grand succès. Après cette drôle de parenthèse saoudienne, le Portugais a rapidement souhaité retrouver le foot européen. Et pour cela, Jorge Mendes a mis en place l'un de ces coups de billard à plusieurs bandes dont il est coutumier.  
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Mandaté par le Paris Saint-Germain pour faire le ménage parmi ses indésirables, l'agent a envoyé Renato Sanches à Benfica afin de faciliter le transfert, dans l'autre sens, de João Neves. Manuel Ugarte a été exfiltré à Manchester United et Danilo Pereira à... Al-Ittihad, pour libérer Jota. Rennes a senti le coup et tenté sa chance par l'intermédiaire de son nouveau directeur sportif, Frederic Massara qui, lorsqu’il officiait à Milan, avait négocié à maintes reprises avec Jorge Mendes. 
Le représentant lusitanien, qui a d'abord tenté d'envoyer l'ailier en Angleterre, s'est finalement résolu à faciliter son transfert au SRFC. "Parfois, les choses ne se passent pas comme on l'imagine, a résumé le joueur lors de sa présentation, au sujet de son passage en Arabie saoudite. Ça m'est arrivé comme ça peut arriver à tout le monde. Je suis en paix avec ça, parce que la vie continue. J'ai juste besoin de rester moi-même, heureux." A Rennes, le voici sorti de la lessiveuse de la Gestifute. Pour au moins quelques mois.
*Dépassé par Matt O'Riley, parti à Brighton pour 29,5 millions d'euros cet été.
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