"Je suis moi-même"

A deux jours d'Angleterre-France, Samir Nasri, le local de l'étape, assure ne s'être jamais senti aussi bien avec les Bleus. "Je suis moi-même", clame-t-il, libéré d'un poids qui lui pesait avant le début de l'ère Blanc. La jeunesse a pris le pouvoir et Nasri est prêt à en être le porte-drapeau.

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SAMIR NASRI, ça ne vous fait pas bizarre d'être ici chez vous, de vous être entraîné avec la sélection sur le terrain d'Arsenal ? Vous n'avez pas vraiment l'impression d'être avec les Bleus. Si ?
S.N. : "M'entraîner là, voir les médecins, le coach qui était là. Ça m'a fait un petit peu bizarre. J'avais l'impression de faire un simple entraînement avec Arsenal. Mais ne vous inquiétez pas, je sais que je suis en équipe nationale et il y a un match super excitant à jouer mercredi.
C'est si excitant que cela ? Même si l'Angleterre est handicapée par les blessures ?
S.N. : Ça reste une équipe talentueuse. Ça reste l'Angleterre. Ça reste Angleterre-France. Mis à part les joueurs de Chelsea qui sont blessés, il reste quand même Gerrard, Barry, Ferdinand et d'autres. L'Angleterre a un gros vivier de joueurs.
Que vaut cette équipe anglaise ?
S.N. : Pour moi, l'équipe d'Angleterre se situe dans le Top 10 mondial au niveau talent. C'est une équipe complète. Elle est au-dessus de la France. Les joueurs sont beaucoup plus habitués à jouer des matches de haut niveau. Ils jouent pour la plupart chaque saison des demi-finales de Champions League et en connaissent les exigences. D'ailleurs, si l'Angleterre a raté sa Coupe du monde, elle le doit en partie aux blessures des joueurs de derrière.
Jouer l'Angleterre maintenant, ce n'est pas un peu tôt ?
S.N. : Non, justement. Ce n'est pas trop tôt. Au contraire. Ça permet de voir les progrès que l'on a encore à faire. Jouer l'Angleterre et le Brésil, ce sont deux matches excitants. Certains ont fait des carrières internationales sans jouer des matches de ce prestige-là. On n'a rien à perdre.
D'un point de vue personnel, vous traversez une bonne période avec Arsenal...
S.N. : Je me sens bien au niveau personnel. Mais il y a énormément d'échéances qui arrivent. Notamment le derby samedi face à Tottenham ou des matches de Champions League. Mon seul regret est que ce rassemblement ne soit que sur de deux jours et va se passer très vite. On n'a pas le temps de travailler nos automatismes.
Sur le terrain, vous jouez sur un côté et très haut. Avez-vous abandonné l'idée d'évoluer en meneur de jeu ?
S.N. : Non parce qu'à Arsenal, j'ai l'obligation de me repositionner sur une ligne de trois. Mais offensivement, je peux bouger un peu partout. A droite, à gauche... L'essentiel est qu'on ait une ligne de trois avec Marouane (Chamakh) et Andrei (Arshavin). On doit juste bien occuper la largeur du terrain. Avant ça, je ne jouais jamais sur un côté mais je commence à avoir mes repères. Je m'y habitue et j'y prends du plaisir car je suis assez libre et je joue face au jeu.
On vous a senti agacé après le dernier rassemblement, notamment après le match contre le Luxembourg. Vous n'étiez pas content de vous ?
S.N. : Non, pas agacé... Le coach voulait qu'on s'en aille très vite (rires...). Il était venu nous récupérer. Je suis assez exigeant avec moi-même et je m'en suis un peu voulu après la Roumanie car j'ai eu l'occasion de marquer le 1-0. Et après, ça a été un peu difficile. Heureusement que Loïc (Rémy) nous a libérés. Mais pour ma part, j'ai vraiment passé dix jours bénéfiques. Le fait d'être revenu avec une nouvelle génération, je me sens vraiment à l'aise ici. C'est la première fois que je me sens aussi bien. Je suis moi-même. Je connais tout le monde. Ça me fait du bien de partager avec tout le monde.
Vous avez l'impression de compter véritablement aujourd'hui ?
S.N. : Pas forcément. Je n'ai pas un ego surdimensionné. Mais je peux être moi-même et je n'ai pas besoin de jouer un rôle pour être intégré dans le groupe. Je peux parler. Quand vous arrivez à 19 ans avec des joueurs d'une trentaine d'années, il est difficile de trouver des sujets de conversation. Là, il y en a plein. On parle un peu trop des fois même...
Quelles sont les qualités pour faire un bon leader ?
S.N. : Respecter ses coéquipiers et inspirer le respect. Il ne faut pas avoir peur de dire les choses. Prendre ses responsabilités sur et en dehors du terrain. Il faut également être irréprochable. Certains le sont sur le terrain, d'autres dans la vie du groupe.
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