Il y aura fatalement un moment où les caméras seront braquées sur lui. Qu'il soit sur le terrain ou, plus probablement, sur le banc des remplaçants. Devenir le quatrième joueur le plus cher de l'histoire d'un club comme le Real Madrid interdit l'anonymat dans tous les cas de figure. Aurélien Tchouameni en avait conscience quand il a choisi de quitter le cocon monégasque pour la frénésie de la capitale espagnole. La Maison Blanche n'a pas lésiné sur les moyens pour l'international français : 80 millions d'euros, peut-être 100 selon les bonus. Réputée dépensière, elle n'avait déboursé davantage que pour Eden Hazard, Gareth Bale et Cristiano Ronaldo.
Trois stars débarquées dans la capitale espagnole avec un statut de titulaire indiscutable. Tchouameni ne le sera vraisemblablement pas pour ses débuts en match officiel avec le Real contre l'Eintracht Francfort en Supercoupe d'Europe. "Le onze de départ ressemblera à celui de la saison passée, avait prévenu Carlo Ancelotti fin juillet. Il faut commencer la saison en gagnant la Supercoupe." L'entraîneur madrilène ne devrait pas toucher à son Triangle des Bermudes. Casemiro, Toni Kroos et Luka Modric restent intouchables à Madrid. Logique. Le Real a gagné ses huit dernières finales quand ce trio a été aligné d'entrée de match. Et perdu celle où ce n'était pas le cas.
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Le cadre idéal pour monter en puissance

C'est la loi du milieu. La vieille garde reste indéboulonnable. Tchouameni savait où il mettait les pieds en rejoignant la Maison Blanche. Il n'y sera pas l'élément clé de l'entrejeu qu'il était à Monaco. Du moins, pas immédiatement. La patience est le prix à payer pour s'imposer dans le club le plus exigeant du monde. Tchouameni n'a que 22 ans. Il a tout le temps devant lui pour y parvenir. Et un contexte favorable. "Depuis le retour d'Ancelotti, l'environnement n'a jamais été aussi sain au Real, souligne José Arronis, journaliste du site eurosport.es. Ce sera facile pour Tchouameni de s'adapter avec l'exemple d'Eduardo Camavinga et Karim Benzema comme leader de référence."

Séduire Carlo Ancelotti et déloger Casemiro : Aurélien Tchouameni à l'épreuve du temps au Real Madrid

Crédit: Marko Popovic

L'étoile montante des Bleus n'en reste pas moins au tout début d'un long chemin. Mais ses premiers pas sont déjà prometteurs. L'ancien Monégasque a su monter en puissance entre les deux matches amicaux face au Barça (0-1) et l'America (2-2) fin juillet. "Tchouameni a été meilleur sur ce match, a estimé Ancelotti après le nul contre le club mexicain. Je pense que c'est un milieu différent de Casemiro. Il a la qualité pour accélérer et se projeter vers le but. On a vu que contre Barcelone, il a eu plus de problèmes avec le ballon, qu'il fallait qu'il se positionne mieux."

Casemiro, le premier mais pas le seul concurrent

Quand il est question de Tchouameni, il est aussi question de Casemiro. Si le Real a recruté le Français, c'est surtout dans l'optique d'en faire le successeur du Brésilien au poste de sentinelle dans le 4-3-3 d'Ancelotti. Même si la polyvalence de l'ex-Bordelais l'autorise à viser aussi du temps de jeu dans un rôle de relayeur. "Il est d'abord la doublure de Casemiro et il aura beaucoup d'opportunités à son poste car le Brésilien est agressif et prend beaucoup de cartons, avance José Arronis. Mais il en aura aussi à la place de Kroos et Modric. Ils sont toujours au sommet, mais ils auront besoin de repos."

"Avec Tchouaméni, le Real est en train de gagner son pari jeunes"

Patienter et saisir la moindre opportunité quand l'un des trois trentenaires de l'entrejeu du Real viendra à faire défaut, c'est le défi qui attend Tchouameni pour sa première année madrilène, même si chaque saison peut révéler ses surprises. Mais la concurrence ne s'arrête pas aux trois titulaires du milieu madrilène pour le Tricolore. Camavinga est passé avant lui et a justement montré cette faculté à apporter un impact immédiat en sortie de banc l'an dernier. A un degré moindre, Federico Valverde peut aussi menacer son temps de jeu, même si le polyvalent Uruguayen pourrait conserver ce rôle de milieu hybride sur le côté droit de l'attaque où il a été si précieux au printemps dernier.

"Réussir, gagner… il a ça en lui"

Mais Tchouameni a de sacrées qualités à faire valoir. A commencer par cette puissance naturelle, encore développée grâce au remarquable travail physique du staff de Monaco la saison passée, qui a déjà impressionné le staff du Real et l'ensemble des observateurs durant la présaison. Il a pris soin de bien préparer ce corps qui lui a permis de devenir l'un des meilleurs récupérateurs d'Europe au défi du Real. "Il est venu à Los Angeles cet été pour ses vacances, mais surtout pour travailler, a confié son physiothérapeute et ostéopathe, Fabrice Gautier, dans un entretien à Marca. Il a disputé 57 matches la saison passée et a dû 'nettoyer' son corps pour relancer sa préparation."
C'est peut-être ça, le principal atout de Tchouameni pour atteindre l'objectif ambitieux de faire son trou au Real. "C'est un travailleur acharné, il va travailler d'arrache-pied car il veut réussir, gagner… Il a ça en lui", poursuit Fabrice Gautier. Cette exigence, c'est l'une des raisons majeures qui a poussé le club merengue à le recruter. Elle lui a déjà permis de tracer rapidement sa route jusqu'à la prestigieuse institution espagnole, au-delà de ses qualités de footballeur. Avec un mental de champion qui lui sera essentiel pour résister à l'épreuve du temps. C'est la clé pour entrer dans la légende de la Maison Blanche.

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