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Les échanges, une solution contre la crise ?

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Adrien Rabiot

Crédit: Getty Images

ParGlenn Ceillier
12/06/2020 à 23:34 | Mis à jour 13/06/2020 à 15:58
@GlennCeillier

TRANSFERTS – Alors que le marché des transferts va se présenter dans un contexte inédit et financièrement délicat - crise du coronavirus oblige -, des possibles échanges de joueurs sont régulièrement évoqués comme une solution face à cette situation.

Miralem Pjanic contre Arthur. João Cancelo pour Nelson Semedo. Ou encore Adrien Rabiot pour récupérer Paul Pogba. Depuis le début de la crise liée au Covid-19, les rumeurs sur de possibles échanges reviennent en force dans le petit monde du mercato. Pour certains, ils peuvent être l'une des clefs à cette situation inédite. Face aux difficultés financières rencontrées par les clubs et alors que le mercato va être bouleversé suite aux lourdes pertes de revenus, il faudra trouver des solutions ou innover. Alors pourquoi pas en prenant l'option des échanges de joueurs ?

"Les contraintes financières vont engendrer une baisse du volume des transactions mais aussi des montants des transferts. Et augmenter le nombre d'échanges et de prêts", annonce ainsi le cabinet d’audit et de conseil KPMG, qui a réalisé une longue étude début mai sur l'impact de cette pandémie sur le marché des transferts. Une petite révolution est-elle en route ? Pas forcément. Car si cela n'est pas de l'ordre du fantasme, ces types de transactions s'avèrent très difficiles à mettre en place.

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Je ne crois pas que cela soit vraiment une solution

Le problème est simple. Lors d'échange de joueurs, il y a plus de protagonistes qui entrent en compte. Et donc de personnes à convaincre, mais surtout plus de raisons de voir l'affaire capoter. "Dans un transfert, il y a déjà trois parties. Le club qui vend, celui qui achète et le joueur. Or dans un échange, il faut rajouter une nouvelle partie, nous répond Pierre Dréossi, ancien manager du Stade Rennais, du Paris FC ou encore du LOSC. Ça me paraît trop compliqué, surtout qu'il faut que les deux joueurs soient d'accord. Je ne crois pas que cela soit vraiment une solution".

En tentant ce genre d'opérations, les dirigeants des clubs peuvent se retrouver face à quelques jolis casse-têtes. Et le moindre grain de sable peut faire tout annuler, comme l'été dernier quand Ousmane Dembélé a refusé d'entendre parler d'un départ du FC Barcelone qui rêvait de l'incorporer dans son deal pour Neymar. Un exemple qui rappelle un fait : le football européen n'est pas régi comme les sports US, où les franchises peuvent s'échanger des joueurs et leurs contrats sans que la plupart des concernés n'aient leur mot à dire. Sur le Vieux Continent, l'histoire est différente. Et complexifie la donne.

Une alternative est que de nombreux échanges soient effectués sans échange d'argent

Faire des échanges en football n'est cependant pas une utopie non plus. Il y en a dans le monde du ballon rond. Rappelez-vous par exemple l'été 2009 quand Zlatan Ibrahimovic a été transféré au Barça contre Samuel Eto'o et 40 millions d'euros. Et en Italie, c’est devenu presque une habitude depuis quelques années pour lutter contre la flambée des prix et éviter les foudres du fair-play financier avec des accords plus ou moins alambiqués comme lorsque la Juve a envoyé Gonzalo Higuain à Milan dans un deal impliquant aussi les défenseurs Leonardo Bonucci et Mattia Caldara. L'été dernier, la Vieille Dame a aussi récupéré le prometteur Luca Pellegrini en lâchant Leonardo Spinazzola à la Roma.

Ces deals ne sont d'ailleurs pas des échanges à proprement parlé. Ils sont le plus souvent des doubles transactions, assorties pour l'un des deux clubs d'une somme à ajouter. Le but est en fait de faire baisser le montant d'un transfert. Histoire de ne pas sortir des sommes mirobolantes mettant en péril l'équilibre monétaire des clubs. "Dans le cadre d'un échange, il y a deux transactions. Il y a une créance et une dette. Donc ça revient un petit peu au même", nous confie Luc Arrondel, économiste et auteur du livre L'argent du football.

Dans l'idée, les échanges peuvent donc se faire. Et la crise liée au Covid-19 pourrait pousser certains à se pencher sur cette option, même si cela implique le plus souvent des clubs d’une dimension proche pour que les joueurs s’y retrouvent. "Une alternative est que de nombreux échanges soient effectués sans échange d'argent", estime même KPMG. Etant donné les contraintes, ça ne devrait pas être une révolution non plus. Et cela ne changera pas la face de la planète mercato. "Si vous avez des problèmes de trésorerie, vous avez de toute façon besoin de vendre pour acheter. Donc que vous fassiez du troc ou que vous vendiez avant pour acheter après, ça revient au même", conclut Luc Arrondel.

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