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Qualifs Mondial 2014 : novembre au couteau, cinquième acte pour les Bleus
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Publié 18/11/2013 à 23:57 GMT+1
L’histoire de l’équipe de France se nourrit de matches qualificatifs au couteau disputés en novembre. Les Bleus "mènent" 3-1 pour le moment. Rappel.
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16 novembre 1977 : France 3-1 Bulgarie, la naissance d'une passion
Cette soirée du 16 novembre 1977, les supporters de l’équipe de France et les joueurs tricolores ne sont pas prêts de l’oublier. Ce jour-là, la France entière est suspendue à son poste de télévision, pendant près de deux heures. Elle attend des Bleus une qualification pour la Coupe du monde 1978 disputée en Argentine, 12 ans après celle de 1966 en Angleterre. Quelques 44 860 privilégiés ont passé plusieurs nuits (!) devant le siège de la FFF pour obtenir le précieux sésame qui donnait accès au Parc des Princes. La Fédération a reçu plus de 500 000 demandes, soit l'équivalent de trois Maracana ! Dans un groupe 5 composé de trois équipes où l’Irlande faisait office de faire valoir, la Bulgarie comptait 4 points (en ces temps-là, la victoire n’en valait que 2), la France 3. Seule la victoire était belle.
Michel Hidalgo a décidé de faire confiance à Dominique Rocheteau, le chouchou du Parc, ainsi qu’au talentueux meneur de jeu niçois Jean-Marc Guillou, libérant Michel Platini des tâches ingrates... Pendant plus d’une demi-heure, les Bulgares ont résisté farouchement, attaquant même de façon presque insolente. Sur une montée de Marius Trésor, qui a détourné de la tête un corner de Didier Six, Rocheteau a ouvert la marque (38e). Le Parc a véritablement explosé. Peu après l’heure de jeu, Platini a libéré les Bleus d’un tir tendu de 25 mètres (63e). Un troisième but du Monégasque Christian Dalger (89e) a assuré un succès remis en question cinq minutes durant, après une réalisation de Cvetkov (85e). Au coup de sifflet final, Michel Hidalgo a éclaté en sanglots, une fois la pression redescendue. Dans la foulée des Verts de Saint-Etienne est née une flambée de passion autour du football qui ne s'est plus éteinte.
18 novembre 1981 : France 2-0 Pays-Bas, la magie de Platini
Pour jouer des matches couperets, la France n’a pas attendu les années 2000. En 1981, la sélection tricolore vivait des moments mitigés entre résultats négatifs et quelques petites victoires à l’arrachée. Un bilan pas reluisant, ni encourageant jusqu’à une nuit de novembre au Parc des Princes. Pour décrocher leur billet pour le Mondial 1982, les Bleus étaient condamnés à l’exploit face aux Pays-Bas, deux fois finalistes lors des deux dernières Coupes du monde. Avec Johan Neeskens, Ruud Krol, Johnny Rep ou Jan Poortvliet, les Oranje disposaient d’une génération dorée qui allait cependant connaitre une fin de cycle brutale. A la 53e minute de jeu, les Français ont obtenu un coup-franc aux vingt mètres, idéal pour Michel Platini, passé maître dans l’art des coups de pied arrêtés. "Platoche" ne s’est pas fait prier et a envoyé un tir magistral dans la lucarne. Une merveille du genre, encore une pour le numéro 10 de l’équipe de France.
Quelques minutes plus tard, Didier Six a marqué et validé définitivement le ticket des Bleus pour le "Mundial" 82 en Espagne. Une défaite synonyme d’élimination pour les Bataves, pas qualifiés pour la compétition. Ce match a également été historique d’un point de vue tactique pour l’équipe de France. Alors que Michel Hidalgo s’entêtait à aligner des formations très défensives jusque-là, le sélectionneur des Bleus avait décidé de composer avec trois meneurs de jeu (Platini, Giresse, Genghini et plus tard Tigana) et trois attaquants de pointe (Six, Rocheteau, Lacombe). Un schéma résolument offensif et ambitieux qui a fait les belles heures du football français. Ce groupe de joueurs exceptionnels coaché par Michel Hidalgo a atteint les demi-finales de la Coupe du Monde 1982, tout comme en 1986, et obtenu la victoire suprême lors de l’Euro 1984.
17 novembre 1993 : France 1-2 Bulgarie, Ginola s'en rappelle encore
C’était il y a 20 ans, quasiment jour pour jour. Quatre ans après l’absence des Tricolores en Italie, cette fois-ci, tout le peuple français croyait enfin voir à l’horizon un avenir radieux, avec le possible rêve américain. Avec 19 points en 9 matches, l’équipe de France n’était qu’à un point du Mondial 1994, qui se déroulait aux Etats-Unis. Après une première défaite face à Israel (2-3), les hommes de Gérard Houllier ne se sont pas affolés, en se disant qu’un point contre la Bulgarie, ce n’était pas un exploit. La rencontre a été tendue, les coéquipiers de Jean-Pierre Papin n’avaient pas oublié le match aller perdu (2-0) en Bulgarie.
Pour autant, la France a cru avoir fait le plus dur en inscrivant le premier but par Eric Cantona, à la 32e minute. Même après l’égalisation d’Emil Kostadinov, cinq minutes plus tard, l’équipe de France était qualifiée. Ironie du sort, c’est David Ginola, très critique envers son sélectionneur avant la rencontre, qui a la 90ème minute, n'a pas pris le temps de tirer son coup franc. Sur le contre, Emil Kostadinov, encore lui, est venu battre Bernard Lama pour faire gagner la Bulgarie. La France a été éliminée à la sortie de ce match et n'a pas participé à la Coupe du monde 1994. Le sélectionneur n'a pas résisté à ce fiasco et a été remplacé par Aimé Jacquet, alors que David Ginola a subi les foudres du public pour ce coup franc. Après 1990, la France a regardé la Coupe du monde, pour la deuxième fois consécutive, à la télévision.
8 novembre 2009 : France 1-1 Irlande, la main d'Henry
Après un Euro 2008 complètement raté, la Fédération avait décidé de conserver Raymond Domenech comme sélectionneur de l’équipe de France jusqu’à la Coupe du monde 2010. Les Bleus ont hérité d’un groupe de qualification facile mais n'ont terminé qu’à la deuxième place derrière la Serbie. Pour se rendre en Afrique du Sud, la France devait battre l’Irlande en barrage. Au match aller, elle s’est imposée à Dublin (0-1) grâce à une réalisation signée Nicolas Anelka (72e). Tout le monde pensait que le plus dur était fait mais c’était sans compter sur la solidarité des Irlandais. Au match retour, le Stade de France était plein, 79 145 spectateurs ont arpenté le froid pour voir les Bleus s’envoler pour l’Afrique du Sud. Malheureusement, très vite, le match a pris des allures de catastrophe. Après avoir buté une première fois sur Hugo Lloris (24e), Robbie Keane a ouvert le score (33e).
La France tremblait. Tout était à refaire. Les deux équipes étaient tendues, les Bleus ayant peur d’encaisser un nouveau but qui les éliminerait. Plus rien ne s'est passé jusqu’au coup de sifflet qui a envoyé les deux équipes en prolongation. Puis est arrivée la 103e minute. Florent Malouda a tiré un coup franc lointain à destination de Thierry Henry, au second poteau, qui a contrôlé par deux fois le ballon de la main gauche avant de centrer pour William Gallas, buteur de la tête. Le but synonyme de qualification. Tous les joueurs irlandais se sont précipité en vain sur l’arbitre suédois, Martin Hansson. Le but a été validé et la France s'est qualifiée. Quelques mois plus tard, en Afrique du Sud, la France a vécu la plus cauchemardesque Coupe du monde de son histoire.
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