Alonso en pole

Eurosport sur Google

Fernando Alonso (Renault) a décroché la pole au Hungaroring à l'issue d'une séance marquée par l'incroyable accident de Felipe Massa (Ferrari), blessé à la tête par une pièce perdue par la Brawn de Rubens Barrichello, en Q2. Il n'y aura que 19 pilotes au départ dimanche.

Eurosport

Crédit: Eurosport

"Incroyable" : le terme revient il faut bien l'avouer à n'importe quel propos dans les commentaires d'épreuves sportives modernes. Mais pour une fois, il convient vraiment à la dramatique et au final invraisemblables de la séance de qualification de la 10e manche du championnat du monde, qui s'est tenue samedi au Hungaroring.
14H42 : le drapeau à damier est tombé sur la Q2 mais la réalisation TV diffuse l'image de la Ferrari N.3 encastrée de face dans une pile de pneus du virage N.4. Felipe Massa ne bouge pas, manifestement groggy. D'étranges traces de pneus témoignent de l'accident : rectilignes, sans que le pilote brésilien ait essayé de tourner. Perplexité sur l'état de santé du vice-champion du monde. Et la peur, très vite car les secours arrivent et tendent un drap pour dissimuler pudiquement la scène. Le replay enfin disponible ne fait qu'accentuer l'inquiétude : un ressort qui rebondissait sur la piste a heurté le casque du Pauliste, à 250 km/h. Ce dernier n'a manifestement pu que tenter de ralentir son bolide devenu fou, en s'accrochant à son volant. Et encore... L'évacuation rapide en hélicoptère renforce le sentiment d'effroi quand le pilote émet un geste plutôt rassurant. Il est conscient.
Dans la pit lane, caméras et micros font le siège du garage Brawn GP. Ross Brawn, directeur et fondateur de l'écurie, a procédé à un check rapide de la BGP 001 de Rubens Barrichello, après l'élimination prématurée du Brésilien. Le boss confie à la BBC qu'il manque bien une pièce… Le Brésilien confirme : "J'ai perdu un ressort (d'amortisseur) au niveau de la suspension arrière. Je n'avais plus de contrôle sur la voiture. C'est peut être la cause de l'accident de la Ferrari. Felipe est blessé, coupé à la tête (front)". Il est aussi blessé à l'oeil gauche et Stefano Domenicali, directeur de la Gestion sportive de la Scuderia, confirme le forfait. Victime d'une commotion cérébrale et d'une lésion osseuse au crâne, il devra subir une opération et rester en soins intensifs à l'hôpital AEK de Budapest.
Avec une bonne vingtaine de minutes de retard, les dix bolides admis en Q3 ont enfin le droit de s'élancer. On pense que Brawn GP, par une élémentaire précaution, va consigner Jenson Button au stand. Mais le Britannique est leader du Mondial, et s'élance finalement après six minutes, pour un tour chrono.
Pendant ce temps, là, Fernando Alonso (Renault) a déjà suggéré ce que l'on savait depuis vendredi : sa Renault vaut la pole. 1:22.717 pour commencer. Nico Rosberg (Williams) le déborde (1:22.386) mais il reprend illico la main (1:22.393). Dans cette séance décidément indécise, Lewis Hamilton (McLaren), le plus rapide du dernier entraînement, surgit en 1:22.286, puis Mark Webber (Red Bull), transformé depuis Nürburg, en 1:22.021. Rosberg en remet une couche (1:21.890) mais le double champion du monde repasse à deux minutes de la fin, en 1:21.569.
La suite ? Personne ne la connaît ou presque car le système de chronométrage de la FOM a explosé. Le drapeau à damier est tombé, les voitures sont garées devant le local de pesage et Fernando Alonso, incrédule, tourne en rond et interroge un à un ses collègues : "J'ai fait 1:21.5, tu as fais quel temps?". "1:21.7" lui répond Webber, "1:21.6" lui indique Vettel… "Et toi, Lewis ?", demande l'Ibère. Un inattendu "check" scelle la conversation entre les anciens ennemis. Rosberg et Kovalainen n'ont pas mieux à proposer, encore moins Räikkönen, Button ou Nakajima.
Dix-huitième position de pointe pour le Toro des Asturies, donc, et première depuis le Grand Prix d'Italie 2007, sur McLaren. Le package évolué apparu à Nürburg confirme son énorme potentiel sur le terrain de la première victoire du surdoué, en 2003. Il livre aussi un autre enseignement : en n'obtenant que la 15e place avec égalité de matériel, son coéquipier brésilien Nelson Piquet scelle pratiquement son remplacement par le Français Romain Grosjean, pilote de GP2, dès la prochaine manche, à Valence (21-23 août).
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité