Border esteban Ocon et Pierre Gasly, un défi de 15 Grands Prix pour Alpine

Encore 15 Grands Prix pour Esteban Ocon chez Alpine, et beaucoup plus en durée ressentie. Le Français a été assez vindicatif à l'endroit de son équipe, pas vraiment équitable selon lui dans le traitement qui lui a été réservé par rapport à Pierre Gasly à Montréal. Aux essais comme en course. Comment va-t-il tenir ? Quels sont les risques encourus et comment le patron, Bruno famin, va y répondre ?

Pierre Gasly et Esteban Ocon (Alpine) au Grand Prix du Canada 2024

Crédit: Getty Images

Chez Mercedes, Lewis Hamilton a perdu son totem d'immunité depuis l'annonce de son départ pour Ferrari en 2025. Et justifie les taquets que lui met régulièrement George en qualification (8-1) par un traitement inéquitable. Les W15 n°63 et 44 seraient "différentes" selon lui. Si la bagarre est de mise en course, le septuple champion du monde reste encore capable de jouer collectif en proposant de s'effacer devant son jeune coéquipier. "Dois-je laisser passer Russell ?", avait-il demandé, au Grand Prix du Japon. "Inversez les positions !", avait aussitôt ordonné le pitwall. "J'avais beaucoup de mal à faire tourner la voiture. C'est pour ça que j'ai laissé passer George", avait-il expliqué à l'arrivée.
On ne s'avance pas trop en affirmant qu'on n'entendra pas une telle conversation entre Alpine et son pilote partant Esteban Ocon d'ici la fin de la fin de la saison. Le Grand Prix du Canada a agrandi le fossé entre l'écurie française et le vainqueur du Grand Prix de Hongrie 2021, de façon irrémédiable. Reste à savoir à quel point les liens vont se distendre lors des 15 épreuves restantes au calendrier. Jusqu'où le Normand usera de son franc parler dans les moments de frustration, et comment son patron Bruno Famin lui répondra sur la place publique.

Ricciardo objectif illusoire, Haas menace relative

Dimanche, Esteban Ocon n'a pas apprécié l'inversion des positions 9 et 10 commandée en fin de course. Quel pilote l'aurait accepté de toute façon, à ce stade de la course ? "J'ai fait mon job, pas l'équipe", a-t-il lâché, sur Canal+. Avec en toile de fond un argument imparable : c'était trois points pour Alpine, dans l'ordre ou dans le désordre. Plutôt que geler les positions, le A fléché a donc choisi le désordre selon le natif d'Evreux, en imaginant possible d'aller chercher Daniel Ricciardo (Racing Bulls), huitième, 1"5 devant l'A524 n°10 de Pierre Gasly. "Le but c'était d'attaquer Ricciardo", a confirmé le Rouennais.
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Esteban Ocon (Alpine) au Grand Prix du Canada 2024

Crédit: Getty Images

Deux salles, deux ambiances, deux façons de voir les choses... Parce que si Gasly regardait devant lui, le patron regardait dans les rétroviseurs. Ocon était en surconsommation d'énergie. Vulnérable, et plus que ça : il risquait d'exposer Gasly à un retour des Haas de Nico Hülkenberg, à 0"7, et Kevin Magnussen, 0"8 plus loin. Une version réfutée par Esteban Ocon, dans une réflexion lourde de sous-entendu : "Je ne sais pas d'où l'appel vient…" Ou de qui, plus précisément. Et s'il ne s'agirait pas d'un manager, de qui alors ? "On discutera du reste en interne, comme d'habitude", a-t-il conclu. Les debriefs ne sont donc pas un long fleuve tranquille chez Alpine, et ça ne date pas d'hier.

Une Alpine trop lourde pour Ocon

Habitué à gérer les égos, capable d'être tranchant, Bruno Famin a dégonflé la polémique de son air détaché auprès du diffuseur du championnat: "On a très bien géré le coup, c'est le résultat qui compte", a-t-il déclaré, évoquant une "petite réaction à chaud".
Des états d'âme sans importance ni lendemain ? C'est l'interrogation à laquelle devront répondre les prochains Grands Prix. Samedi, à Montréal, Esteban Ocon s'est plaint d'une monoplace "beaucoup plus lourde" que celle de son voisin de stand. Un simple effet du calendrier, peut-être : Alpine s'est battue depuis le début de saison pour corriger un manque d'appui, et une surcharge de sa monoplace en greffant des évolutions à la hâte sur une monoplace, faute d'avoir eu le temps de fabriquer les pièces en deux exemplaires. Ocon a bénéficié seul du nouveau plancher allégé à Shanghai, et Gasly a pu l'avoir à partir de Miami.

"Nous n'allons pas du tout mettre Esteban de côté"

Si on comprend bien, les deux bolides continuent donc d'avancer de façon décalée, et l'un ou l'autre des pilotes aura à déplorer une différence de traitement dans les prochaines semaines, sans qu'il soit volontaire. Face à cet état de fait, il ne faudra pas prendre au pied de la lettre les déclarations des pilotes et Alpine devra communiquer, expliquer, au risque de laisser les tensions grandir. Avec les deux-tiers de la saison restant à disputer, Ocon et Gasly sont forcément dans cette logique de devoir se justifier? Ils n'ont encore signé chez personne pour 2025.
Dimanche, Esteban Ocon a déploré une "tendance pour la fin de saison", estimant : "Ce n'est pas correct". Entre disparités matérielles, distribution des rôles en termes de stratégie et intérêts supérieurs de l'équipe, à travers des consignes d'équipe, Bruno Famin a bien compris qu'il n'aura aucun répit. "Nous n'allons pas du tout mettre Esteban de côté. Il aura exactement les mêmes conditions que Pierre, a-t-il assuré à nos confrères de motorpsort.com. Ils sont au même niveau, au même statut. Nous savons qu'ils sont très proches en termes de performances et ce ne serait pas bon de faire quelque chose de différent pour l'un ou l'autre." Puissent Esteban Ocon et Pierre Gasly l'entendre.
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