Formule 1 I "Je suis inutile, absolument inutile" I Lewis Hamilton (Ferrari) pourrait-il prendre sa retraite ?

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Éliminé en Q2 samedi après-midi, seulement douzième dimanche : Lewis Hamilton est reparti de Hongrie avec zéro point et beaucoup de doutes. Sonné, presque abattu par son manque de niveau et de performance, le septuple champion du monde pourrait-il désormais s'interroger sur la suite de son aventure chez Ferrari ? Ou même carrément de sa carrière ?

Contraste saisissant avec Leclerc : "Hamilton est en train de s'installer chez Ferrari"

Video credit: Eurosport

Cette fois, il n'est pas reparti de Budapest avec le sourire. Pour sa première avec Ferrari au Hungaroring, un circuit sur lequel il s'est imposé huit fois (trois fois avec McLaren, cinq avec Mercedes), Lewis Hamilton a vécu un cauchemar. Mais un vrai. Tout a commencé samedi, lorsque le pilote britannique a pu descendre de sa SF-25 dès la fin de la Q2. Une quinzaine de minutes plus tard, son coéquipier Charles Leclerc signait l'une des plus belles poles de sa carrière. De quoi l'achever pour de bon. "Je suis inutile, absolument inutile, balancera laconiquement le septuple champion du monde sur Sky Sports. L'équipe n'a pas de problème, vous le voyez bien avec la pole de Charles (Leclerc). Ils devraient probablement changer de pilote."
Parti douzième sur la grille dimanche, Hamilton terminera sa course... douzième. Pas d'opération rachat comme à Spa-Francorchamps. Mais plus que les résultats, c'est surtout l'attitude globale du Britannique qui a marqué les esprits lors de ce week-end hongrois. Déboussolé, désarçonné, dépité : prenez l'adjectif que vous voulez, du moment qu'il a un rapport avec la déception, la tristesse et presque la résignation. C'est comme si "LH44" avait pris, cette fois, la claque de trop. Comme si lui-même ne croyait plus en ses capacités. S'il savait que sa première saison chez Ferrari serait sans doute difficile, il ne s'attendait certainement pas à vivre un tel calvaire. Encore mois après avoir raflé la course sprint en Chine dès le deuxième GP au calendrier.
La pire saison de ma carrière
Alors que l'heure est aux vacances pour tout le paddock, on ne conseille pas à l'ancien pilote Mercedes de dresser un premier bilan de son aventure italienne, qui avait démarré dans l'enthousiasme populaire et la liesse générale, avec des milliers de personnes réunies à Milan lors de la présentation de la nouvelle monoplace début mars. À mi-parcours, il ne comptabilise aucune pole et aucune victoire en GP. Au classement des pilotes, une triste sixième place à 42 points de son coéquipier, cinquième. Alors qu'on se le dise tout de suite pour éviter tout malentendu : Hamilton n'est certainement pas le mal d'une écurie qui n'a pas gagné le moindre titre mondial depuis 2008. Mais il est évident que quelque chose ne tourne plus vraiment rond entre lui et sa nouvelle écurie.
"Je n'avais aucune attente sur la première partie de saison, mais c'est certain que c'est la pire saison de ma carrière. Il se passe des choses en coulisses, cela n'aide pas vraiment", a-t-il lâché dimanche après la course. Cette dernière affirmation a de quoi interloquer et maintenir une ambiguïté qui a souvent caractérisé le pilote ces dernières années. À quoi fait-il référence ? Peut-être à une présumée volonté de son écurie de changer de pilote ? Difficile à croire, mais les spéculations vont déjà bon train en Italie. Où les performances du pilote, combinées à certaines de ses sorties médiatiques ces dernières semaines, déçoivent beaucoup.
"C'est la première fois qu'on le voit aussi mou et démoralisé. Au-delà des difficultés évidentes de la SF-25, il doit se secouer. La Scuderia a besoin du vrai Lewis", tançait La Gazzetta dello Sport lundi. Surtout que dans le box situé juste à côté du sien, Leclerc continue de se battre tant bien que mal pour extraire le meilleur de sa monoplace et des mises à jour récemment apportées. Preuve en est avec sa pole miraculeuse de samedi (pas rentabilisée le dimanche...). Il faut croire que même quand on s'appelle Lewis Hamilton, il n'y a rien de simple à tout quitter à quarante ans. Surtout quand il s'agit d'un endroit où vous avez passé douze années de votre vie, remporté six titres et disputé 246 Grands Prix. Nouvelle vie, nouveau team, nouveau fonctionnement : tout est alors à refaire.
Il est frustré, mais pas démotivé
"Honnêtement, je n'ai pas besoin de motiver Lewis, a contre-attaqué Frédéric Vasseur, team principal de la Scuderia, sur le site de la F1. Il est frustré, mais pas démotivé, c'est complètement différent. Parfois, juste après la course ou juste après les qualifications, vous êtes très déçu et la première réaction est rude, mais on sait tous qu'on pousse dans la même direction. Oui, il est exigeant, mais c'est aussi la raison pour laquelle il a été sept fois champion du monde : il est exigeant avec l'équipe, avec la voiture, avec les ingénieurs, avec les mécaniciens, avec moi-même aussi, mais avant tout il est très exigeant avec lui-même." D'où son auto-critique de samedi, qui aura eu le mérite de provoquer une belle vague de soutien dans le paddock. "C'est un immense champion et il doit s'en souvenir", a rappelé le président de la F1 Stefano Domenicali au micro de Sky Italia dimanche.
"C’est Lewis avec le cœur sur la main. Il s’exprime toujours avec franchise, surtout lorsqu’il pense avoir déçu. Il se bat contre lui-même parce qu’il a toujours placé la barre très haut. Lewis est le meilleur pilote de tous les temps, et il le restera. Aucun week-end raté, aucune saison difficile ne changera cela. Il faut qu’il se le rappelle", a surenchéri Toto Wolff. Le patron de Mercedes connaît mieux que quiconque son ancien pilote. Et il sait aussi que les nouvelles règles introduites en 2022 ne l'ont pas avantagé. Alors vivement celles de 2026 ?
"Ce sera un nouveau départ pour tout le monde. Il ne doit surtout pas abandonner maintenant. Il faudra une intelligence de pilotage et de gestion de l’énergie que peu de pilotes possèdent. Et Lewis en fait partie. S’il a une voiture qui fait ce qu’il attend, il peut aller chercher ce huitième titre. Il en est capable. Mais si la voiture n’est pas à la hauteur, comme l’étaient nos Mercedes ces dernières années ou cette Ferrari, alors non", a répondu Wolff dimanche.

Peut-il songer à la retraite ?

Sur le plateau de Sky Italia, dimanche, la grande question a quand même été posée : Lewis Hamilton pourrait-il songer à prendre sa retraite à l'issue de cette saison ? Unanimité en plateau : non. "Il n'est pas du genre à lâcher, et il va continuer à se battre", a rappelé l'ancien pilote Marc Gené, qui le fréquente dans le box Ferrari. "Ce que je peux vous dire, c’est que la retraite n’est pas du tout dans mes projets. Je pourrais rester ici jusqu’à 50 ans, qui sait ?", s'était interrogé l'intéressé il y a quelques mois au magazine Time.
À Maranello, en tout cas, tout le monde a encore envie de croire dans cette histoire. Du grand patron John Elkann, qui avait tout fait pour le recruter, à Frédéric Vasseur, dont la récente prolongation de contrat avait été vivement souhaitée par Hamilton en personne. "C'est grâce à lui que je suis venu ici", avait assuré le Britannique. Il s'agirait maintenant de ne pas le regretter...
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Lewis Hamilton (Ferrari) en marge du Grand Prix de Hongrie 2025

Crédit: Getty Images


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