Formule 1 | Isack Hadjar (Racing Bulls) et la si délicate gestion de la popularité
Mis à jour 17/09/2025 à 20:53 GMT+2
Isack Hadjar s'est fait un nom. Le jeune pilote français a déjà changé de dimension en décrochant son premier podium en Formule 1, à seulement 20 ans, au Grand Prix du Pays-Bas. À Magny-Cours, lors d'un événement organisé par Red Bull, le Parisien a pu constater à quel point sa popularité auprès du grand public tricolore pouvait être difficile à appréhender.
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Isack Hadjar n'est pas (encore) un prétendant au titre, il n'est même pas (encore) le coéquipier de Max Verstappen. Pourtant, il jouit déjà d'une popularité qui n'a que peu d'égal parmi les pilotes français, tous sports mécaniques confondus. C'est un privilège de son talent, de son âge, de sa personnalité, aussi, puisqu'il est un garçon un peu brut de décoffrage, qui dit ce qu'il pense et ne joue pas de rôle. C'est aussi l'effet de la F1, plus grand public que jamais, et de Red Bull, marque capable de transformer n'importe lequel de ses athlètes en star.
Samedi dernier, à Magny-Cours le pilote de 20 ans a pu constater tout cela. La firme autrichienne y a organisé un événement baptisé "Motormania", un show réunissant plusieurs disciplines et pilotes de renom, dont le très apprécié Sébastien Loeb. Rarement le nonuple champion du monde des Rallyes avait été à ce point challengé à l'applaudimètre sur un événement francophone.
Hadjar face à la sursollicitation
L'engouement, probablement boosté par le podium obtenu par le Parisien à Zandvoort deux semaines plus tôt, a même surpris l'organisateur. 25.000 billets avaient été vendus mais le nombre de spectateurs a en réalité largement dépassé les 30.000. "J'ai disputé des courses où les tribunes étaient bien moins pleines qu'ici", nous a glissé l'un des pilotes invités.
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"Les planètes s'alignent pour voir Hadjar chez Red Bull"
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"Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de monde, a admis Hadjar. Je savais que j'allais être bien accueilli, mais pas comme ça." Lorsqu'il a brandi son trophée sur la scène installée devant la Fan Zone, le pilote Racing Bulls a reçu une ovation digne d'un champion du monde. Et cette ferveur a parfois semblé difficile à appréhender.
Sursollicité par les médias comme le grand public, le Français a parfois eu l'air déboussolé. Une grande séance de dédicaces, initialement prévue, et qui avait poussé des milliers de gens à faire la queue durant plusieurs heures, a dû être annulée par manque de temps : entre ses passages en piste, les différentes interviews, la conférence de presse et les imprévus, sa journée a parfois consisté à faire rentrer des ronds dans des carrés.
Donner du temps à du monde, ça prend de l'énergie
Cela a créé des frustrations parmi les fans. Et quelques excès aussi. Ici, un homme a prétexté connaître son père, Yassine, pour pénétrer dans une zone sécurisée, réservée à sa famille et aux ingénieurs et mécaniciens chargés de veiller sur la monoplace. Là-bas, une femme s'est permise de dézipper la toile de tente du motor-home, au moment où Hadjar et ses proches se restauraient : elle cherchait à discuter avec la mère, Randa, pour obtenir des conseils à transmettre à son fils, pilote évoluant en Formule de promotion...
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Laurent Mekiès, patron de l'écurie Red Bull, et Isack Hadjar (Racing Bulls)
Crédit: Getty Images
Des comportements qu'il ne retrouve - heureusement - pas sur les Grands Prix de F1, où son environnement est beaucoup plus cloisonné. "Un tel engouement ? Ça fait bizarre, parce que c'est vraiment beaucoup plus dédié à moi, a-t-il glissé face aux journalistes présents sur place. Sur les week-ends de Formule 1, je partage ça avec 19 autres pilotes. Donc là, c'est sûr que ça fait plus d'effet à Magny-Cours."
Ça génère aussi beaucoup de fatigue. En fin de journée, Hadjar a parfois eu l'air usé, voire exténué, par le rythme que lui a imposé l'événement. "J'aime bien recevoir de l'affection des fans, ça fait plaisir, a-t-il tout de même souligné. Après, c'est sûr que le but, c'est d'arriver le plus frais possible dans ma voiture, avec le plus d'énergie. Et bien sûr, donner du temps à du monde, ça prend de l'énergie, ça consomme. Avec l'expérience, je commence à savoir faire jongler et faire la part du job. Mais au début, c'est sûr que c'est compliqué...". Et d'ici quelques mois, en cas de promotion aux côtés de Max Verstappen, ce pourrait l'être beaucoup plus.
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